Très prosaïquement, le système « ma retraite de demain c’est ce que je met sous mon matelas aujourd’hui » marche parfaitement sans nouveaux entrants.
C’est totalement faux. Croire que la retraite par capitalisation fonctionne ainsi est une ânerie : vous mettez de l’argent de côté, mais cet argent il se bouffe pas, il ne protège pas de la pluie, il ne permet pas de téléphoner (et je ne vous conseille pas de mettre de la bouffe sous votre matelas pour votre retraite;).
Ce que vous permet la capitalisation, c’est le fait de le dépenser le moment venu. Mais pour pouvoir dépenser son argent, il faut que la production courante suive : au moment de ma retraite j’espère qu’il y aura toujours des boulangers pour cuire mon pain du jour, des métiers du bâtiment pour entretenir ma maison, etc. Et je n’aurai un retraite décente que s’il y aura de nouveaux entrants pour continuer à produire de quoi subvenir à mes besoins lorsque je serai moi-même inactif.
Prenons l’exemple extrême : il n’y a plus aucun nouvel entrant et les retraités ont des montagnes de billets sous le matelas. On va avoir une offre en monnaie importante (les retraités veulent dépenser leur argent pour subvenir à leurs besoins), mais pas d’offre de produits&services en face : les prix vont très logiquement augmenter à l’infini, on va avoir une inflation monstre (toute chose étant égales par ailleurs). Au final les retraités auront accumulé de l’argent... mais ne pourront rien s’acheter avec.
Autre moyen de comprendre ce que j’avance : nos retraités d’aujourd’hui vivent avec des niveaux de vie qui sont les standards d’aujourd’hui, pas ceux d’il y a 30 ou 40 ans, du temps où ils ont travaillé (y compris s’il avaient été en système par capitalisation).
Bon sang de bon soir, vu que la retraite va être un des sujets chauds de la rentrée, il faut se mettre cela dans le crâne une bonne fois pour toute : la vie des retraités dépend de l’activité économique courante, pas celle du temps où ils bossaient. Rien que par le fait qu’elle donne l’illusion du contraire, la retraite par capitalisation est une saloperie sans nom.
En fait l’équation est extrêmement simple : parmi toute la production économique de l’année, on évalue combien doit revenir aux retraités, à titre de solidarité inter-générationnelle. L’avantage du système par cotisation, c’est qu’on peut "régler" cela de manière extrêmement simple sans se prendre le chou avec l’inflation, la croissance, les taux d’intérêts, etc.
Pourquoi alors insiste-t-on tant pour une retraite par capitalisation, et pour détruire le système par cotisation ?
« En 2007 les pensions représentaient 13,3 % du PIB français selon l'Insee, 13 % selon l'OCDE [...] 261 G€ versés comme pensions en 2008. »
Une telle somme d’argent qui échappe à tout profit, tout possibilité de spéculation... ça fait envie à beaucoup de gens.
Petite astuce : arrêter de penser en terme d’argent, mais en terme de richesse réelle (c’est-à-dire la nourriture, l’habitat, etc.) permet de détecter une bonne partie du bullshit qu’on nous sert sous le vocable "d’économie", comme je l’ai fait ici pour la retraite. L’argent n’est qu’un medium d’échange économique, et certainement pas un stockage de richesse à long terme comme on voudrait nous le faire croire pour le régime par capitalisation.
[^] # Re: Tu peux développer?
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Quitter la sécurité sociale. Évalué à 10. Dernière modification le 27 août 2013 à 22:02.
C’est totalement faux. Croire que la retraite par capitalisation fonctionne ainsi est une ânerie : vous mettez de l’argent de côté, mais cet argent il se bouffe pas, il ne protège pas de la pluie, il ne permet pas de téléphoner (et je ne vous conseille pas de mettre de la bouffe sous votre matelas pour votre retraite;).
Ce que vous permet la capitalisation, c’est le fait de le dépenser le moment venu. Mais pour pouvoir dépenser son argent, il faut que la production courante suive : au moment de ma retraite j’espère qu’il y aura toujours des boulangers pour cuire mon pain du jour, des métiers du bâtiment pour entretenir ma maison, etc. Et je n’aurai un retraite décente que s’il y aura de nouveaux entrants pour continuer à produire de quoi subvenir à mes besoins lorsque je serai moi-même inactif.
Prenons l’exemple extrême : il n’y a plus aucun nouvel entrant et les retraités ont des montagnes de billets sous le matelas. On va avoir une offre en monnaie importante (les retraités veulent dépenser leur argent pour subvenir à leurs besoins), mais pas d’offre de produits&services en face : les prix vont très logiquement augmenter à l’infini, on va avoir une inflation monstre (toute chose étant égales par ailleurs). Au final les retraités auront accumulé de l’argent... mais ne pourront rien s’acheter avec.
Autre moyen de comprendre ce que j’avance : nos retraités d’aujourd’hui vivent avec des niveaux de vie qui sont les standards d’aujourd’hui, pas ceux d’il y a 30 ou 40 ans, du temps où ils ont travaillé (y compris s’il avaient été en système par capitalisation).
Bon sang de bon soir, vu que la retraite va être un des sujets chauds de la rentrée, il faut se mettre cela dans le crâne une bonne fois pour toute : la vie des retraités dépend de l’activité économique courante, pas celle du temps où ils bossaient. Rien que par le fait qu’elle donne l’illusion du contraire, la retraite par capitalisation est une saloperie sans nom.
En fait l’équation est extrêmement simple : parmi toute la production économique de l’année, on évalue combien doit revenir aux retraités, à titre de solidarité inter-générationnelle. L’avantage du système par cotisation, c’est qu’on peut "régler" cela de manière extrêmement simple sans se prendre le chou avec l’inflation, la croissance, les taux d’intérêts, etc.
Pourquoi alors insiste-t-on tant pour une retraite par capitalisation, et pour détruire le système par cotisation ?
« En 2007 les pensions représentaient 13,3 % du PIB français selon l'Insee, 13 % selon l'OCDE [...] 261 G€ versés comme pensions en 2008. »
Une telle somme d’argent qui échappe à tout profit, tout possibilité de spéculation... ça fait envie à beaucoup de gens.
Petite astuce : arrêter de penser en terme d’argent, mais en terme de richesse réelle (c’est-à-dire la nourriture, l’habitat, etc.) permet de détecter une bonne partie du bullshit qu’on nous sert sous le vocable "d’économie", comme je l’ai fait ici pour la retraite. L’argent n’est qu’un medium d’échange économique, et certainement pas un stockage de richesse à long terme comme on voudrait nous le faire croire pour le régime par capitalisation.