• [^] # Re: FOUTAISES !

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Décolonisons nos imaginaires. Évalué à 0.

    En aparté : l’idée selon laquelle les "idées" seraient le moteur de l’Histoire, est très largement rebattue en brèche. Les philosophes, ou ce qu’on appellerait aujourd’hui les intellectuels, n’ont qu’un pouvoir très limité sur le cours des événements. Là c’est très rigolo : cette mentalité de puissance des idées, que vous développez ici, est précisément du fait des Lumières (la victoire de la Raison apportée par des hommes éclairés...)

    C'est surtout que les idées sont tenaces et survivent longtemps.

    Quand Vincent Peillon écrit dans son livre « la Révolution n'est pas terminée » :

    C’est à [l’école] qu’il revient [...] d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République, République préservée, république pure, république hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Eglise, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. La société républicaine et laïque n’a pas d’autre choix que de « s’enseigner elle-même » d’être un recommencement perpétuel de la République en chaque républicain, un engendrement continu de chaque citoyen [...]

    Ou dit encore

    On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique.

    On se croirait revenu au temps des joyeuses noyades de Nantes ou quand on passait la cravate à capet aux carmélites de Compiègne.

    Aussi quand ce même homme se pique d'envolée mystique pour déclarer :

    La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau. La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution.

    Et ajoute quelques années plus tard, alors qu'il est ministre de l'éducation, que :

    pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel...

    Je me dit que s'il veut arracher les enfants aux familles et à leurs traditions et cultures ethniques, sociales et intellectuelles, pour leur enseigner à la place un négationnisme millénaire, j'espère bien que, comme vous le dites, les idées ne sont pas si fortes que ça parce que la colonisation culturelle des lumières n'a jamais été aussi bien exprimée ni aussi bien placée pour se réaliser. :)

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