Les Lumières n’ont rien préparé, elles ont accompagné le mouvement général de la bourgeoisie.
De la même manière on pourra dire que parler de l'héritage intellectuel des lumières est exagéré puisque ceux qu'on appelle les lumières ne furent finalement que les révélateurs d'une mouvement de plus grande ampleur. Ce sont ceux dont on se souvient parce qu'ils ont parlé plus fort. Mais il faut bien s'arrêter à des définitions.
Pouvoir citer un Beaumarchais ou un Diderot n'est pas la marque d'une anecdote, l'émergence du droit d'auteur est un phénomène qui accompagnait de près le mouvement des lumières, et ces lumières ont accueilli et ont exprimé ce principe avec le reste, et y ont travaillé.
Il y a plus qu'une simple coïncidence historique, plus qu'une connivence. Quelqu'un comme Beaumarchais a créé la première société d'auteurs au monde et pose les bases de la propriété (sic) intellectuelle. La SACD résume bien cette partie de notre histoire :
Le 3 juillet 1777, lors d'un souper auquel il convie une trentaine d'auteurs, Beaumarchais propose la fondation de la première société des auteurs dramatiques. La lutte qu'il décide d'engager aboutit à la reconnaissance légale du droit d'auteur par l'Assemblée Constituante le 13 janvier 1791 (loi ratifiée le 19 janvier 1791 par Louis XVI).
C'est la première loi édictée dans le monde pour protéger les auteurs et leurs droits : elle énonce déjà que « la plus sacrée, la plus inattaquable et la plus personnelle de toutes les propriétés est l'ouvrage, fruit de la pensée de l'écrivain ».
Vingt-deux auteurs forment, à l'initiative de Beaumarchais, le premier « Bureau de législation dramatique » et posent les bases de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD). Celle-ci naîtra le 7 mars 1829 du regroupement des deux bureaux créés en 1791 et 1798.
Je ne trouve pas cela « marginal dans le cours de l'histoire » ni anachronique ! ;)
Il est curieux par ailleurs de se revendiquer de la démocratie dont l’élaboration théorique fut le fait d’une partie des Lumières
Les lumières n'ont pas vraiment élaboré la démocratie mais la république. Et la république française n'a pas grand chose à voir avec la démocratie. Le système politique français n'est qu'un mécanisme de confiscation du pouvoir du peuple par le peuple. La révolution n'a apporté qu'une substitution, et les différentes contres-révolutions et nouvelles républiques n'ont que continué ce mouvement.
La France n'a rien d'un pays démocratique. C'est une république, certes, mais pas une démocratie.
On peut donner un exemple d'actualité: en avril dernier, un référendum était soumis aux citoyens français concernant le projet de fusion de collectivités territoriales (conseils régionaux d'Alsace, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin), projet qui fut rejeté. Au mois de juillet, profitant de l'été, un amendement est soumis au vote des députés et propose de « supprimer la condition de référendum pour les fusions de collectivités qui en feraient le choix. ». Cet amendement est voté en deux-temps trois-mouvement. Désormais le peuple français est écarté et le projet va être présenté au sénat ce mois-ci.
Quant à l’affirmation selon laquelle le droit d’auteur serait un privilège de la noblesse nouvelle.
Ce que je veux dire c'est que le droit d'auteur permet de constituer une noblesse nouvelle et de lui donner les moyens d'établir sa suprématie.
On pourra redonner l'exemple de cette femme ministre de la culture qui confia la « lutte contre le piratage » à un patron de la FNAC, et qui a passé son mandat à traiter le sujet HADOPI à l'avantage des nobliaux du droit d'auteur, et dont une des nombreuses conséquences fut d'asseoir la suprématie d'un deeezer qui fut racheté par Orange chez qui elle pantoufla.
Pour le servage je ne vois pas du tout où vous voulez en venir. Cela renvoie à une réalité très précise d’un statut de quasi-esclavage (avec quelques droits tout de même) totalement décalé avec la réalité présente.
Ni le servage ni l'esclavage ne s'opposent au confort. La liberté qui consiste à avoir le droit de zapper entre TF1 et M6 n'est pas une liberté.
Autour de moi c'est ainsi que les hommes vivent : ils ne peuvent avoir un toit sans l'allocation qui les tient, attendant la réponse de la commission d'attribution des logements pour pouvoir être déplacé ailleurs pour élever convenablement leur enfant. La nourriture doit être achetée par ticket restaurant, et le CE fourni des places de cinéma (mais attention, dans telle grande chaîne, c'est pour aller voir Cowboys et envahisseurs, pas Le cheval de Turin ni Bruegel, le moulin et la croix). Tout cela est présenté comme des aides alors l'asservissement passe mieux, et même avec reconnaissance. Mais le rôle d'une politique au service du citoyen n'est pas de lui fournir un maximum d'aide dont il est dépendant, mais qu'ils n'aie pas besoin de ces aides.
Ceux qui ont un peu plus de chance et qui peuvent être propriétaires paient la version moderne du champart ou du cens : la loi n'exprime pas le principe de propriété éminente mais l'applique dans les faits. La base d'imposition de la taxe foncière est indexée sur la valeur locative cadastrale, ce qui fait de toute propriété une location de fait, l'état tenant le rôle du propriétaire éminent, mais sans en porter le nom. Le propriétaire foncier en France est censitaire de fait.
Les plus pauvres sont esclaves, les autres sont serfs. Certes, c'est certainement plus confortable qu'à l'époque où l'on n'avait pas d'antibiotiques efficaces ni la télévision.
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[^] # Re: FOUTAISES !
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Décolonisons nos imaginaires. Évalué à 5.
De la même manière on pourra dire que parler de l'héritage intellectuel des lumières est exagéré puisque ceux qu'on appelle les lumières ne furent finalement que les révélateurs d'une mouvement de plus grande ampleur. Ce sont ceux dont on se souvient parce qu'ils ont parlé plus fort. Mais il faut bien s'arrêter à des définitions.
Pouvoir citer un Beaumarchais ou un Diderot n'est pas la marque d'une anecdote, l'émergence du droit d'auteur est un phénomène qui accompagnait de près le mouvement des lumières, et ces lumières ont accueilli et ont exprimé ce principe avec le reste, et y ont travaillé.
Il y a plus qu'une simple coïncidence historique, plus qu'une connivence. Quelqu'un comme Beaumarchais a créé la première société d'auteurs au monde et pose les bases de la propriété (sic) intellectuelle. La SACD résume bien cette partie de notre histoire :
Je ne trouve pas cela « marginal dans le cours de l'histoire » ni anachronique ! ;)
Les lumières n'ont pas vraiment élaboré la démocratie mais la république. Et la république française n'a pas grand chose à voir avec la démocratie. Le système politique français n'est qu'un mécanisme de confiscation du pouvoir du peuple par le peuple. La révolution n'a apporté qu'une substitution, et les différentes contres-révolutions et nouvelles républiques n'ont que continué ce mouvement.
La France n'a rien d'un pays démocratique. C'est une république, certes, mais pas une démocratie.
On peut donner un exemple d'actualité: en avril dernier, un référendum était soumis aux citoyens français concernant le projet de fusion de collectivités territoriales (conseils régionaux d'Alsace, du Haut-Rhin et du Bas-Rhin), projet qui fut rejeté. Au mois de juillet, profitant de l'été, un amendement est soumis au vote des députés et propose de « supprimer la condition de référendum pour les fusions de collectivités qui en feraient le choix. ». Cet amendement est voté en deux-temps trois-mouvement. Désormais le peuple français est écarté et le projet va être présenté au sénat ce mois-ci.
Ce que je veux dire c'est que le droit d'auteur permet de constituer une noblesse nouvelle et de lui donner les moyens d'établir sa suprématie.
On pourra redonner l'exemple de cette femme ministre de la culture qui confia la « lutte contre le piratage » à un patron de la FNAC, et qui a passé son mandat à traiter le sujet HADOPI à l'avantage des nobliaux du droit d'auteur, et dont une des nombreuses conséquences fut d'asseoir la suprématie d'un deeezer qui fut racheté par Orange chez qui elle pantoufla.
Ni le servage ni l'esclavage ne s'opposent au confort. La liberté qui consiste à avoir le droit de zapper entre TF1 et M6 n'est pas une liberté.
Autour de moi c'est ainsi que les hommes vivent : ils ne peuvent avoir un toit sans l'allocation qui les tient, attendant la réponse de la commission d'attribution des logements pour pouvoir être déplacé ailleurs pour élever convenablement leur enfant. La nourriture doit être achetée par ticket restaurant, et le CE fourni des places de cinéma (mais attention, dans telle grande chaîne, c'est pour aller voir Cowboys et envahisseurs, pas Le cheval de Turin ni Bruegel, le moulin et la croix). Tout cela est présenté comme des aides alors l'asservissement passe mieux, et même avec reconnaissance. Mais le rôle d'une politique au service du citoyen n'est pas de lui fournir un maximum d'aide dont il est dépendant, mais qu'ils n'aie pas besoin de ces aides.
Ceux qui ont un peu plus de chance et qui peuvent être propriétaires paient la version moderne du champart ou du cens : la loi n'exprime pas le principe de propriété éminente mais l'applique dans les faits. La base d'imposition de la taxe foncière est indexée sur la valeur locative cadastrale, ce qui fait de toute propriété une location de fait, l'état tenant le rôle du propriétaire éminent, mais sans en porter le nom. Le propriétaire foncier en France est censitaire de fait.
Les plus pauvres sont esclaves, les autres sont serfs. Certes, c'est certainement plus confortable qu'à l'époque où l'on n'avait pas d'antibiotiques efficaces ni la télévision.
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