Dans l'histoire, les savoirs n'ont jamais été aussi diffusés aujourd'hui.
Avant, les savoirs étaient gardés consciencieusement par quelques maitres, moines, nobles et savants.
Tu sembles opposer la diffusion du savoir au fait de conserver consciencieusement ce savoir. Hors la conservation du savoir ne passe pas sans diffusion.
Je rappelle:
Le savant est celui qui a reçu.
Le maître est celui qui transmet.
Le moine est celui qui copie.
On n'a jamais eu autant besoin de savants, de maîtres et de moines copistes.
Ton intervention n'est que la preuve de cette privatisation du savoir : tu ne fait que répéter ce qu'on veux que tu saches pour te voir le répéter. C'est donc qu'on ne te rend pas accessible ce savoir. :)
Le savoir n'aurai jamais été transmit sans ces moines copistes qui ne se souciaient guère du droit d'auteur.
S'il y a eu des abus, il faut rechercher du coté de la piètre efficacité et du coût prohibitif de la méthode « plume + parchemin + huile de coude » qui a pu donner à certains l'idée d'en profiter. Mais en soit on ne peut remettre en cause l'idée de la copie, ni accuser le copiste, même si cette copie est maladroite.
Pour le noble tu as peut-être raison, mais le noble est une réalité fluctuante selon les époques: cela peut être un maître, un savant, un moine copiste, ou le bourgeois qui croit ne pas en être un. Les nobles d'aujourd'hui font croire que les avares sont les nobles d'hier. La pirouette détourne l'attention.
Ce sont les lumières qui ont inventé le droit d'auteur en France (Diderot, Beaumarchais...), tout le travail des lumières fut de remplacer la noblesse par une autre, avec l'aide et au dépens du peuple (révolution). L'un des privilèges nouveaux de la noblesse nouvelle est le droit d'auteur.
Je cite la dépêche:
Il a fallu déposséder les hommes de ce qui les relie les uns aux autres (c’est-à-dire de ce qui est commun) pour légitimer « la prévalence des droits patrimoniaux» sur « les usages d’échange ».
Les lumières ont inventé le droit d'auteur et inspiré une révolution qui aura comme effet principal de déposséder les hommes de ce qui les relie les uns au autres (c'est le sens premier du mot religion) et de supprimer les corporations de métier (ce qui relie les hommes entre eux par la connaissance de leur art et qui faisaient prévaloir l'usage d'échange). De ces corporations de métier il ne survit dans le langage courant que l' « université » et ses « facultés ».
Il est amusant de constater qu'on retrouve les mêmes constructions de langage : Étaient appelés « brigands » les serfs qui s'opposaient à la dépossession de ce qui les reliaient et du remplacement d'une noblesse par une autre. Sont appelés aujourd'hui « pirates » les serfs qui partagent la connaissance que veut contrôler cette noblesse remplaçante.
Et c'est un « comité de salut publique » qui décrétait l'extermination des brigands. On se rappellera l'époque DADVSI où les peines prévues par la loi étaient plus sévères lorsqu'il s'agissait de copier un DVD que lorsqu'il s'agissait d'attoucher un enfant. Dans les deux cas, l'avantage, c'est que c'est légal.
Cette année encore un député a été applaudi pour avoir déclaré dans l'hémicycle : « assumez vos responsabilités plutôt que de vous protéger derrière le peuple » (Bruno Leroux, 15 janvier 2013). La démocratie française n'a été inventée que pour réattribuer le pouvoir à certains en donnant l'illusion au peuple qu'il est souverain. Le peuple n'a souveraineté que pour élire l'élu qui confisque la souveraineté du peuple. La responsabilité de l'élu, c'est d'agir à l'encontre de la volonté du peuple qui l'a élu.
S'il y a bien une décolonisation à faire, c'est celle des lumières. C'est une vaste arnaque qui a profité d'une situation politique déplorable et peu enviable pour installer une autre situation politique déplorable et qu'on nous vend pour une démocratie qui n'en a que la façade.
Non, non, ce qui transforme en serf, c'est de céder à la tentation. Céder aux offres commerciales des multinationales. Se comporter en mouton plus qu'en humain.
La question est intéressante. Si l'esclavage est compatible avec le consentement, il peut s'en passer. Le servage lui est un contrat personnel, et qui nécessite donc le consentement. Le servage n'a jamais été aboli, on n'a fait que transformer ses apparences. Mais ce qui est inquiétant aujourd'hui, c'est que le servage prend peu à peu la forme d'esclavage consenti.
Le servage est un contrat liant une personne a une terre (comme la nationalité). Le serf n'est pas une chose propriété d'un Seigneur, c'est une personne liée à une terre (comme le territoire national). Le seigneur (comme l'état) est celui qui a devoir de protéger la terre et les serfs (comme le territoire national et le citoyen). Le serf ne peut être chassé de la terre. Le serf peut contracter (mariage, vente), témoigner en justice et avoir héritage. Mais comme la terre ne lui appartient pas, ce qui est sans héritier revient au seigneur (état).
Il est à remarquer qu'aujourd'hui tout héritage voit une de ses parties revenir à l'état, même avec héritier. Toute le fonctionnement de la société est basé sur la domiciliation qui est un attachement à la terre et une forme de servage. Le sans-domicile n'est pas celui qui n'a pas de toit, mais le hors-la-loi, c'est à dire celui que la loi ne connaît pas : il ne peut pas voter, il ne peut pas se marier, il ne peut pas faire hériter.
La grande nouveauté de notre monde moderne (et il faudra en remercier les lumières) c'est qu'en inventant le droit d'auteur, on a lié la culture et l'intelligence au seigneur et à sa terre. Par exemple un brevet logiciel peut être applicable dans un pays mais pas dans un autre, c'est l'application du servage au monde des idées. Le serf appartient a la terre et cette terre fournie au serf choses et idées. Les idées qui n'appartiennent pas à la terre ne sont pas accessibles au serf.
Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites pour redonner un peu de démocratie à notre république. À défaut de démocratie on a une république, c'est déjà ça. Mais pour ce qui est de se libérer du servage, rien n'est vraiment commencé, et l'on voit avec l'argumentaire de cette dépêche que le servage s'étend désormais des continents nouveaux, comme celui de l'imaginaire, de l'intelligence et de la culture.
Personnellement, je parlerai plus de servage que de colonisation. D'ailleurs la colonisation est une logique de servage: le seigneur s'approprie une terre et les habitants de cette terre deviennent des serfs.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: FOUTAISES !
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Décolonisons nos imaginaires. Évalué à 10.
Tu sembles opposer la diffusion du savoir au fait de conserver consciencieusement ce savoir. Hors la conservation du savoir ne passe pas sans diffusion.
Je rappelle:
On n'a jamais eu autant besoin de savants, de maîtres et de moines copistes.
Ton intervention n'est que la preuve de cette privatisation du savoir : tu ne fait que répéter ce qu'on veux que tu saches pour te voir le répéter. C'est donc qu'on ne te rend pas accessible ce savoir. :)
Le savoir n'aurai jamais été transmit sans ces moines copistes qui ne se souciaient guère du droit d'auteur.
S'il y a eu des abus, il faut rechercher du coté de la piètre efficacité et du coût prohibitif de la méthode « plume + parchemin + huile de coude » qui a pu donner à certains l'idée d'en profiter. Mais en soit on ne peut remettre en cause l'idée de la copie, ni accuser le copiste, même si cette copie est maladroite.
Pour le noble tu as peut-être raison, mais le noble est une réalité fluctuante selon les époques: cela peut être un maître, un savant, un moine copiste, ou le bourgeois qui croit ne pas en être un. Les nobles d'aujourd'hui font croire que les avares sont les nobles d'hier. La pirouette détourne l'attention.
Ce sont les lumières qui ont inventé le droit d'auteur en France (Diderot, Beaumarchais...), tout le travail des lumières fut de remplacer la noblesse par une autre, avec l'aide et au dépens du peuple (révolution). L'un des privilèges nouveaux de la noblesse nouvelle est le droit d'auteur.
Je cite la dépêche:
Les lumières ont inventé le droit d'auteur et inspiré une révolution qui aura comme effet principal de déposséder les hommes de ce qui les relie les uns au autres (c'est le sens premier du mot religion) et de supprimer les corporations de métier (ce qui relie les hommes entre eux par la connaissance de leur art et qui faisaient prévaloir l'usage d'échange). De ces corporations de métier il ne survit dans le langage courant que l' « université » et ses « facultés ».
Il est amusant de constater qu'on retrouve les mêmes constructions de langage : Étaient appelés « brigands » les serfs qui s'opposaient à la dépossession de ce qui les reliaient et du remplacement d'une noblesse par une autre. Sont appelés aujourd'hui « pirates » les serfs qui partagent la connaissance que veut contrôler cette noblesse remplaçante.
Et c'est un « comité de salut publique » qui décrétait l'extermination des brigands. On se rappellera l'époque DADVSI où les peines prévues par la loi étaient plus sévères lorsqu'il s'agissait de copier un DVD que lorsqu'il s'agissait d'attoucher un enfant. Dans les deux cas, l'avantage, c'est que c'est légal.
Cette année encore un député a été applaudi pour avoir déclaré dans l'hémicycle : « assumez vos responsabilités plutôt que de vous protéger derrière le peuple » (Bruno Leroux, 15 janvier 2013). La démocratie française n'a été inventée que pour réattribuer le pouvoir à certains en donnant l'illusion au peuple qu'il est souverain. Le peuple n'a souveraineté que pour élire l'élu qui confisque la souveraineté du peuple. La responsabilité de l'élu, c'est d'agir à l'encontre de la volonté du peuple qui l'a élu.
S'il y a bien une décolonisation à faire, c'est celle des lumières. C'est une vaste arnaque qui a profité d'une situation politique déplorable et peu enviable pour installer une autre situation politique déplorable et qu'on nous vend pour une démocratie qui n'en a que la façade.
La question est intéressante. Si l'esclavage est compatible avec le consentement, il peut s'en passer. Le servage lui est un contrat personnel, et qui nécessite donc le consentement. Le servage n'a jamais été aboli, on n'a fait que transformer ses apparences. Mais ce qui est inquiétant aujourd'hui, c'est que le servage prend peu à peu la forme d'esclavage consenti.
Le servage est un contrat liant une personne a une terre (comme la nationalité). Le serf n'est pas une chose propriété d'un Seigneur, c'est une personne liée à une terre (comme le territoire national). Le seigneur (comme l'état) est celui qui a devoir de protéger la terre et les serfs (comme le territoire national et le citoyen). Le serf ne peut être chassé de la terre. Le serf peut contracter (mariage, vente), témoigner en justice et avoir héritage. Mais comme la terre ne lui appartient pas, ce qui est sans héritier revient au seigneur (état).
Il est à remarquer qu'aujourd'hui tout héritage voit une de ses parties revenir à l'état, même avec héritier. Toute le fonctionnement de la société est basé sur la domiciliation qui est un attachement à la terre et une forme de servage. Le sans-domicile n'est pas celui qui n'a pas de toit, mais le hors-la-loi, c'est à dire celui que la loi ne connaît pas : il ne peut pas voter, il ne peut pas se marier, il ne peut pas faire hériter.
La grande nouveauté de notre monde moderne (et il faudra en remercier les lumières) c'est qu'en inventant le droit d'auteur, on a lié la culture et l'intelligence au seigneur et à sa terre. Par exemple un brevet logiciel peut être applicable dans un pays mais pas dans un autre, c'est l'application du servage au monde des idées. Le serf appartient a la terre et cette terre fournie au serf choses et idées. Les idées qui n'appartiennent pas à la terre ne sont pas accessibles au serf.
Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites pour redonner un peu de démocratie à notre république. À défaut de démocratie on a une république, c'est déjà ça. Mais pour ce qui est de se libérer du servage, rien n'est vraiment commencé, et l'on voit avec l'argumentaire de cette dépêche que le servage s'étend désormais des continents nouveaux, comme celui de l'imaginaire, de l'intelligence et de la culture.
Personnellement, je parlerai plus de servage que de colonisation. D'ailleurs la colonisation est une logique de servage: le seigneur s'approprie une terre et les habitants de cette terre deviennent des serfs.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes