Perso, je suis également gêné avec le ton du bidule. On n'est pas du tout dans le cadre d'un observatoire neutre des dérives d'un système, on est plutôt dans le cadre d'un militantisme naïf et assez extrême, qui consiste finalement à rejeter toute forme d'informatisation des données personnelles pour des raisons idéologiques.
On a par exemple citer le cas de ces hôpitaux qui préféraient auto-héberger des données sensibles plutôt que de les confier aux prestataires privés recommandés par les autorités. Je ne doute pas que s'ils l'avaient fait, ils auraient été épinglés pour confier les données sensibles des patients à des tiers.
Je suis aussi assez surpris par ce prix "positif" en faveur d'une agente de Pôle Emploi qui refuse de participer à une formation dédiée en partie à la détection des fausses pièces d'identité. Bien sûr, on peut discuter des détails, mais dans le principe, je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à justifier de son identité quand on demande des aides sociales.
On critique beaucoup les majors de "l'industrie de la culture" pour leur incapacité à intégrer les changements de technologie et pour essayer de préserver un monde pré-internet par l'accumulation de lois plus inapplicables les unes que les autres. Pourtant, il semble impossible pour certains "libristes" de s'autocritiquer sur ce même critère. Le recueil de données personnelles et leur recoupement est inévitable dans le monde moderne; soit pour des raisons de productivité administrative—qui accepterait de payer les fonctionnaires à chercher les informations dans des fiches papier?—ou plus simplement parce que la plupart des gens fournissent ces informations "gratuitement" à tout un tas de tiers plus ou moins bien intentionnés. C'est un fait : l'informatique et Internet ont rendu les base de données personnelles inévitables. Pourquoi militer naïvement contre l'établissement et l'exploitation de telles bases, alors qu'il est évident que ça demande des efforts législatifs et des procédures de contrôle pratiquement impossibles en pratique? On peut faire toutes les lois qu'on veut pour interdire à la pluie de tomber, au chanvre de pousser, ou aux motards de passer entre les files de voitures, on peut trépigner, pleurer, ou attribuer des prix honteux sur un site anarchiste, je ne vois pas ce qu'on peut espérer d'autre que de perdre son temps et son énergie.
La loi ne peut qu'encadrer les pratiques rendues possibles par les avancées technologiques. Je me sens assez nauséeux quand je vois qu'on peut mélanger des atteintes réelles à la vie privée et la mise en place de procédures administratives (comme le recoupement des fichiers entre les différents services de l'État ou les dispositifs de lutte contre la fraude aux prestations sociales) : finalement, ce n'est pas la protection de la vie privée qui est l'objectif, la vie privée est l'excuse présentable utilisée pour véhiculer une idéologie conservatrice arnarchiste, concrétisée par la publication d'une liste nominative d'"ennemis" supposés de la vie privée. Je pense qu'on est en droit de trouver ça malsain.
[^] # Re: Partialité
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Résultats et vidéos des onzièmes Big Brother Awards France. Évalué à 10.
Perso, je suis également gêné avec le ton du bidule. On n'est pas du tout dans le cadre d'un observatoire neutre des dérives d'un système, on est plutôt dans le cadre d'un militantisme naïf et assez extrême, qui consiste finalement à rejeter toute forme d'informatisation des données personnelles pour des raisons idéologiques.
On a par exemple citer le cas de ces hôpitaux qui préféraient auto-héberger des données sensibles plutôt que de les confier aux prestataires privés recommandés par les autorités. Je ne doute pas que s'ils l'avaient fait, ils auraient été épinglés pour confier les données sensibles des patients à des tiers.
Je suis aussi assez surpris par ce prix "positif" en faveur d'une agente de Pôle Emploi qui refuse de participer à une formation dédiée en partie à la détection des fausses pièces d'identité. Bien sûr, on peut discuter des détails, mais dans le principe, je ne vois pas ce qu'il y a de choquant à justifier de son identité quand on demande des aides sociales.
On critique beaucoup les majors de "l'industrie de la culture" pour leur incapacité à intégrer les changements de technologie et pour essayer de préserver un monde pré-internet par l'accumulation de lois plus inapplicables les unes que les autres. Pourtant, il semble impossible pour certains "libristes" de s'autocritiquer sur ce même critère. Le recueil de données personnelles et leur recoupement est inévitable dans le monde moderne; soit pour des raisons de productivité administrative—qui accepterait de payer les fonctionnaires à chercher les informations dans des fiches papier?—ou plus simplement parce que la plupart des gens fournissent ces informations "gratuitement" à tout un tas de tiers plus ou moins bien intentionnés. C'est un fait : l'informatique et Internet ont rendu les base de données personnelles inévitables. Pourquoi militer naïvement contre l'établissement et l'exploitation de telles bases, alors qu'il est évident que ça demande des efforts législatifs et des procédures de contrôle pratiquement impossibles en pratique? On peut faire toutes les lois qu'on veut pour interdire à la pluie de tomber, au chanvre de pousser, ou aux motards de passer entre les files de voitures, on peut trépigner, pleurer, ou attribuer des prix honteux sur un site anarchiste, je ne vois pas ce qu'on peut espérer d'autre que de perdre son temps et son énergie.
La loi ne peut qu'encadrer les pratiques rendues possibles par les avancées technologiques. Je me sens assez nauséeux quand je vois qu'on peut mélanger des atteintes réelles à la vie privée et la mise en place de procédures administratives (comme le recoupement des fichiers entre les différents services de l'État ou les dispositifs de lutte contre la fraude aux prestations sociales) : finalement, ce n'est pas la protection de la vie privée qui est l'objectif, la vie privée est l'excuse présentable utilisée pour véhiculer une idéologie conservatrice arnarchiste, concrétisée par la publication d'une liste nominative d'"ennemis" supposés de la vie privée. Je pense qu'on est en droit de trouver ça malsain.