Non, ce n'est pas simple, sinon il n'y aurait pas eu tant de guerres, entre autres. Tout ce que je voulais dire, c'est qu'avant d'être citoyen du monde ou simplement européen, on est d'abord de son pays, et dans pas mal de cas, de sa région.
Autant prendre un exemple concret : j'habite à Paris, capitale française avec des gens d'un peu partout en France. Ma famille vient également d'un peu partout en France : je me reconnais donc comme français, et relativement proche des autres français pour avoir envie de participer à la construction de notre pays.
Certaines régions ont une identité forte, par exemple la Bretagne, l'Alsace ou la Pays basque, ce dernier étant un cas très particulier dans la mesure où il est partagé entre deux États, la France et l'Espagne. Un bon nombre d'habitants de ces régions pourra se reconnaître breton, alsacien ou basque avant d'être français. S'ils aiment leur région, rien de plus normal.
En ce qui me concerne, suis-je proche des parisiens ? Oui, certainement. Suis-je proche des bretons ? Un peu moins, mais assez tout de même. Des guyanais ? Probablement beaucoup, beaucoup moins. Cette région fait partie de la France pour des raisons historiques, et j'ignore largement sa culture, donc je ne me permettrais pas d'avancer quoi que ce soit. S'agissant d'une petite région par rapport à la France métropolitaine, cette question les concerne d'ailleurs plus que moi : se sentent-ils, eux, proche des métropolitains ? Continuons : suis-je proche des népalais ? Non, sans le moindre doute, non.
Bref, ce que je voulais dire, c'est qu'avant d'être citoyen du monde ou membre d'une communauté large, pleine d'inconnus et de cultures différente de la nôtre, nous sommes d'abord de nos régions et de nos pays. Il faut assumer cela et agir en conséquence, parce que je vois mal comment on peut imaginer construire quelque chose avec des gens qu'on ne voit pas, qu'on ne connaît pas et qui n'ont pas ou peu de références communes avec nous, si on n'est pas capable de s'occuper d'abord de ce qui est proche.
Ça n'implique pas de ne rien faire à l'international, mais simplement de ne pas se contredire en prétendant par exemple aimer tous les peuples en admirant les traditions religieuses au cours d'un voyage en Inde, tout en criant « les curés, au bûcher, les grenouilles au bénitier » lorsqu'on croise des cathos un peu démonstratifs chez nous. C'est un exemple un peu extrême, donc en voici un autre : admirer une révolution arabe pleine de drapeaux tunisiens, tout en traitant de fachos un français qui mettrait un drapeau devant sa porte en dehors de la coupe du monde de foot.
[^] # Re: Hégémonie
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse à la dépêche Linux pour Workgroups 3.11, le noyau prêt pour le bureau. Évalué à 4. Dernière modification le 06 septembre 2013 à 14:08.
Non, ce n'est pas simple, sinon il n'y aurait pas eu tant de guerres, entre autres. Tout ce que je voulais dire, c'est qu'avant d'être citoyen du monde ou simplement européen, on est d'abord de son pays, et dans pas mal de cas, de sa région.
Autant prendre un exemple concret : j'habite à Paris, capitale française avec des gens d'un peu partout en France. Ma famille vient également d'un peu partout en France : je me reconnais donc comme français, et relativement proche des autres français pour avoir envie de participer à la construction de notre pays.
Certaines régions ont une identité forte, par exemple la Bretagne, l'Alsace ou la Pays basque, ce dernier étant un cas très particulier dans la mesure où il est partagé entre deux États, la France et l'Espagne. Un bon nombre d'habitants de ces régions pourra se reconnaître breton, alsacien ou basque avant d'être français. S'ils aiment leur région, rien de plus normal.
En ce qui me concerne, suis-je proche des parisiens ? Oui, certainement. Suis-je proche des bretons ? Un peu moins, mais assez tout de même. Des guyanais ? Probablement beaucoup, beaucoup moins. Cette région fait partie de la France pour des raisons historiques, et j'ignore largement sa culture, donc je ne me permettrais pas d'avancer quoi que ce soit. S'agissant d'une petite région par rapport à la France métropolitaine, cette question les concerne d'ailleurs plus que moi : se sentent-ils, eux, proche des métropolitains ? Continuons : suis-je proche des népalais ? Non, sans le moindre doute, non.
Bref, ce que je voulais dire, c'est qu'avant d'être citoyen du monde ou membre d'une communauté large, pleine d'inconnus et de cultures différente de la nôtre, nous sommes d'abord de nos régions et de nos pays. Il faut assumer cela et agir en conséquence, parce que je vois mal comment on peut imaginer construire quelque chose avec des gens qu'on ne voit pas, qu'on ne connaît pas et qui n'ont pas ou peu de références communes avec nous, si on n'est pas capable de s'occuper d'abord de ce qui est proche.
Ça n'implique pas de ne rien faire à l'international, mais simplement de ne pas se contredire en prétendant par exemple aimer tous les peuples en admirant les traditions religieuses au cours d'un voyage en Inde, tout en criant « les curés, au bûcher, les grenouilles au bénitier » lorsqu'on croise des cathos un peu démonstratifs chez nous. C'est un exemple un peu extrême, donc en voici un autre : admirer une révolution arabe pleine de drapeaux tunisiens, tout en traitant de fachos un français qui mettrait un drapeau devant sa porte en dehors de la coupe du monde de foot.