• [^] # Re: Les limites de la traduction

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Happy Bastille Day !. Évalué à 1.

    Tu utilises à tour de bras le mot « créatif », en disant qu'il est extrêmement difficile de s'exprimer de façon créative dans une autre langue que sa langue natale. Mais justement, pour les cas ayant initié le débat, il ne s'agit pas de processus créatif.

    Les débats européens, tout comme la communication entre scientifiques et, ne t'en déplaise, la communication informatique ne sont pas des processus créatifs, mais des processus techniques. Il s'agit de faire passer de l'information. Osef du feeling dans ce cas.
    Évidement que dans le cas d'une communication de type artistique, les langues locales ont encore, et auront je pense encore longtemps, toute leur place, et de bien beaux jours devant eux.

    Dans le cas des communications techniques, surtout dans un contexte comme l'Europe, fondamentalement multi-culturel, il est nécessaire d'adopter une langue commune, la plus simple possible, pour que tout le monde puisse communiquer sans passer par un intermédiaire qui ralentirait le processus (déjà que l'europe c'est lent, imagine si chaque acteur s'exprimait dans sa langue natale, et qu'il fallait passer par des traducteurs...).
    La logique aurait voulu que l'on prenne une langue totalement neutre de toute histoire culturelle, et facile à apprendre, comme l’espéranto. Mais bon, les gens était pas prêts, je trouve ça dommage, mais bon. Dans les langues existantes, l'anglais était le moins mauvais (grammaire facile, déjà parlé par plein de gens...).

    Un dernier truc : Je reprend une idée que tu donnais, qui disait que la communication de l'europe vers les citoyens dans leur langue natale était indispensable pour l'exercice de la démocratie.
    Moi, je pense justement que c'est totalement l'inverse : En effet, les citoyens pourraient plus facilement apprendre ce qui se trame en Europe. Mais; pour qu'il y ait démocratie, il faudrait que ça marche aussi dans l'autre sens, que les citoyens puissent facilement faire remonter leurs idées aux députés... Et là, c'est le drame. On ne va pas demander à l'équipe de traduction de traduire à la volée tous les mails entrants dans la grande boite mail du parlement, depuis toutes les langues de l'Europe, vers toutes les langues des différents députés. C'est tout bonnement impossible.