• [^] # Re: Sérieux ?

    Posté par . En réponse au journal Privé de bac à cause d'un logiciel propriétaire. Évalué à 4.

    Le redoublement n'aide pas l'élève s'il est déjà trop tard, car l'accumulation des lacunes est trop importante. Si l'élève est « limite », alors le doublement sert deux objectifs :

    1. Ses lacunes sont (a priori) comblées.
    2. Il reprend confiance en lui, parce que justement, si le doublement a fonctionné, il devrait faire partie des meilleurs (pas forcément le meilleur, mais être au moins dans le quart supérieur).

    Il y a aussi tout simplement parfois le fait qu'il faut à l'élève plus de temps pour mûrir et se bouger. Parfois, l'élève ne bougera pas beaucoup plus. Je pense que maclag a raison de vouloir réhabiliter les filières techno ou pro. Dans beaucoup de « bons » lycées on les diabolise, alors que l'important c'est qu'on devrait trouver une porte de sortie aux élèves. Mais ça veut aussi dire qu'on ne pousse pas les élèves vers des filières moribondes. Envoyer des élèves de 3è en lycée professionnel électro-technique, c'est globalement les envoyer à l'ANPE (pour 90% d'entre eux).

    La façon dont on change les règles du jeu est aussi une prise de décision purement économique. Si on décide de réorienter plus tôt, c'est aussi parce qu'on estime que l'État ne devrait dépenser qu'un certain budget par élève en moyenne, et donc qu'arrivé à un certain âge, si l'élève n'a pas fait ses preuves, il va lui falloir aller dans une filière courte. En soi je n'ai pas forcément un problème avec ceci, si en retour il existe des ponts facilement utilisables pour revenir vers une filière plus généraliste plus tard.

    J'ai plusieurs exemples autour de moi de gens qui ont « mal » commencé (lycée pro ou technique, parce qu'ils ne bossaient pas comme il fallait au collège). Leur remontée a été plus ou moins rapide. L'un a « perdu » 3 ou 4 ans de sa vie (bac pro, 1è d'adaptation puis Terminale, BTS, pour finalement... réussir un Master en communication/marketing). L'autre a obtenu son BTS haut la main, est retourné à la fac pour faire sciences de la matière en DEUG, puis a globalement passé sa vie comme un moine ou presque pour réussir un concours d'entrée en école d'ingénieur. J'ai quelques autres exemples autour de moi comme ça. Dans ces deux cas (et les quelques autres dont je suis au courant), il aura fallu une détermination sans faille, et souvent une petite aide des enseignants là où ils pouvaient (genre, foutre l'élève dans une mauvaise terminale de bac pro, pour que l'élève se distingue encore plus et puisse aller dans la 1ère d'adaptation dont je parlais tout à l'heure).

    Bref ce que je veux dire, c'est que si on rend la réorientation plus facile dans un sens, il faut aussi faciliter la réorientation dans l'autre sens. Est-ce que ça vous paraît logique ?