Avec un Bac général et un échec retentissant à la fac comme on en voit de plus en plus, en raison de la baisse du niveau du bac [...]
Bon, ce discours du « bac qui ne vaut plus grand chose » a tendance à m'énerver un chouïa. Le bac tel qu'il était passé dans les années 60 et 70 n'a plus rien à voir en termes de finalité avec l'actuel bac. Le premier était obtenu difficilement, après avoir passé le concours d'entrée en 6è, puis en 2nde, puis avoir passé la première partie du bac en 1ère, puis la deuxième en Terminale.
Le niveau global demandé au bac de nos jours n'est ni meilleur ni moins bon qu'il y a 50 ans. En fait je trouve très difficile de comparer les deux, étant donné la sérieuse différence entre un système qui globalement fonctionnait à l'élimination à la moindre erreur vs. le système actuel qui essaie d'élever le niveau global, quitte à faire doubler l'élève. Dans tous les cas nous avons un système relativement compétitif, mais l'ancien l'était dix fois plus que maintenant. Les maths sont plus « faciles » maintenant qu'avant dans les sections scientifiques ? Peut-être. Nous avons malgré tout énormément de très bons scientifiques au final en proportion ET en nombre absolu. Les contenus ont aussi énormément évolué, à mesure que notre connaissance du monde (sociologique, anthropologique, physique, biologique, etc.) a évolué. Quelqu'un qui prend des cours au lycée de nos jours doit composer avec une réalité très différente de celle que j'ai connue il y a ~15 ans quand j'étais au lycée, et encore plus différente d'il y a 30-40 ans. Ne pas accepter ça et vouloir comparer les épreuves de nos jours, avec les réalités et difficultés actuellement rencontrées sans mettre en perspective la réalité différente de l'époque, c'est faire preuve d'anachronisme.
Ceci étant dit, c'est bien parce que l'obtention du bac a largement augmenté qu'on ne peut plus juger la « valeur hiérarchique » bien pratique pour les entreprises. Pour effectuer un boulot « équivalent » à ce qui aurait été demandé il y a 30-40 ans, on demande désormais une licence minimum.
Le bac, lui, a remplacé le BEPC/brevet des collèges, en ce qu'il garantit la capacité d'une personne à savoir lire, écrire, et compter, et donc la certifie apte à exercer un métier non qualifié.
Quelle que soit la difficulté « réelle » du bac comparé à son homologue des années 50-70, l'épreuve en elle-même reste sans doute unique en son genre comparée aux autres pays occidentaux : on « séquestre » des millions d'élèves, six à huit heures par jour pendant une à deux semaines, et on les force à poser leur cul sur une chaise et l'Éducation Nationale attend d'eux qu'ils soient au top de leur forme, mentale et physique pour répondre à tous les sujets.
Enfin, en ce qui concerne l'échec en fac, cela vient surtout du fait (à mon avis) que, lorsque le collège unique a été créé en 1975, avoir « juste le bac » était malgré tout toujours suffisant pour obtenir un boulot avec des perspectives d'avenir. La fac (et encore moins les filières sélectives type IEP ou écoles d'ingénieur) ne s'est donc pas réellement sentie obligée de s'adapter à ces étudiants qui n'étaient pas tous issus du même moule : elles ont suivi un processus darwinien drastique, façon « après moi, le déluge ». Ce n'est pas pour rien que dans les IUT et BTS (entre autres), certains profs de maths, etc., sont aussi profs au lycée : ils sont le « pont » qui permet aux enseignants du supérieur (fusse-t-il technique/professionnel) de savoir ce que les élèves apprennent réellement, et quelles méthodes ils connaissent en réalité.
[^] # Re: Sérieux ?
Posté par lasher . En réponse au journal Privé de bac à cause d'un logiciel propriétaire. Évalué à 10.
Bon, ce discours du « bac qui ne vaut plus grand chose » a tendance à m'énerver un chouïa. Le bac tel qu'il était passé dans les années 60 et 70 n'a plus rien à voir en termes de finalité avec l'actuel bac. Le premier était obtenu difficilement, après avoir passé le concours d'entrée en 6è, puis en 2nde, puis avoir passé la première partie du bac en 1ère, puis la deuxième en Terminale.
Le niveau global demandé au bac de nos jours n'est ni meilleur ni moins bon qu'il y a 50 ans. En fait je trouve très difficile de comparer les deux, étant donné la sérieuse différence entre un système qui globalement fonctionnait à l'élimination à la moindre erreur vs. le système actuel qui essaie d'élever le niveau global, quitte à faire doubler l'élève. Dans tous les cas nous avons un système relativement compétitif, mais l'ancien l'était dix fois plus que maintenant. Les maths sont plus « faciles » maintenant qu'avant dans les sections scientifiques ? Peut-être. Nous avons malgré tout énormément de très bons scientifiques au final en proportion ET en nombre absolu. Les contenus ont aussi énormément évolué, à mesure que notre connaissance du monde (sociologique, anthropologique, physique, biologique, etc.) a évolué. Quelqu'un qui prend des cours au lycée de nos jours doit composer avec une réalité très différente de celle que j'ai connue il y a ~15 ans quand j'étais au lycée, et encore plus différente d'il y a 30-40 ans. Ne pas accepter ça et vouloir comparer les épreuves de nos jours, avec les réalités et difficultés actuellement rencontrées sans mettre en perspective la réalité différente de l'époque, c'est faire preuve d'anachronisme.
Ceci étant dit, c'est bien parce que l'obtention du bac a largement augmenté qu'on ne peut plus juger la « valeur hiérarchique » bien pratique pour les entreprises. Pour effectuer un boulot « équivalent » à ce qui aurait été demandé il y a 30-40 ans, on demande désormais une licence minimum.
Le bac, lui, a remplacé le BEPC/brevet des collèges, en ce qu'il garantit la capacité d'une personne à savoir lire, écrire, et compter, et donc la certifie apte à exercer un métier non qualifié.
Quelle que soit la difficulté « réelle » du bac comparé à son homologue des années 50-70, l'épreuve en elle-même reste sans doute unique en son genre comparée aux autres pays occidentaux : on « séquestre » des millions d'élèves, six à huit heures par jour pendant une à deux semaines, et on les force à poser leur cul sur une chaise et l'Éducation Nationale attend d'eux qu'ils soient au top de leur forme, mentale et physique pour répondre à tous les sujets.
Enfin, en ce qui concerne l'échec en fac, cela vient surtout du fait (à mon avis) que, lorsque le collège unique a été créé en 1975, avoir « juste le bac » était malgré tout toujours suffisant pour obtenir un boulot avec des perspectives d'avenir. La fac (et encore moins les filières sélectives type IEP ou écoles d'ingénieur) ne s'est donc pas réellement sentie obligée de s'adapter à ces étudiants qui n'étaient pas tous issus du même moule : elles ont suivi un processus darwinien drastique, façon « après moi, le déluge ». Ce n'est pas pour rien que dans les IUT et BTS (entre autres), certains profs de maths, etc., sont aussi profs au lycée : ils sont le « pont » qui permet aux enseignants du supérieur (fusse-t-il technique/professionnel) de savoir ce que les élèves apprennent réellement, et quelles méthodes ils connaissent en réalité.