• [^] # Fonctionnement de l'UE (réeel vs fantasmé)

    Posté par . En réponse au journal Espionnage. Évalué à 8. Dernière modification le 03 juillet 2013 à 10:39.

    Pour expliciter mon sarcasme, le problème c'est que beaucoup de gens imaginent que l'UE c'est grosso-modo comme la France en plus grand
    Toutes les incompréhensions viennent de là

    Ils sont habitués au centralisme jacobins (cf Jacobinisme) donc ils imaginent que Herman Van Rompuy et José Manuel Durão Barroso tirent toutes les ficelles en douce (alors qu'ils ont été mis là justement parce qu'ils avaient une absence de charisme et une servilité assez phénoménales) suivant un plan tracé à l'avance sans qu'il y ait la moindre possibilité de déviation (d'où les réactions hallucinantes quand il y a un nouveau traité européen dont les enjeux ne sont pas du tout ceux qu'ils imaginent).

    L'effort d'imagination qu'il y aurait à faire pour comprendre comment les choses se passent serait d'imaginer une France où les véritables personnes qui tireraient les ficelles des politiques seraient les présidents de région comme Jean-Paul Huchon et Ségolène Royal.
    Les seuls cas où le pouvoir central (national) aurait une responsabilité formelle serait lorsque les présidents de région s'étaient mis d'accord 10 ans auparavant pour laisser le mauvais rôle au niveau national et dans ce cas là il faut étudier comme je le disais les mécanismes de rétorsion dont dispose le gouvernement national fantoche (mécanismes de rétorsion à nouveau décidées par les présidents de région)

    C'est typiquement ce qui s'est passé pour les fameux Critères de convergence au moment des négociations pour le traité de Maastricht : tout le monde avait bien conscience qu'on pouvait pas créer l'euro sans avoir en même temps des règles qui empêchent chacun de faire trop n'importe quoi. (Et pensez au cas de la Grêce, et demandez-vous si les règles ont été trop strictes comme on vous l'a dit depuis 20 ans ou au contraire pas assez ?). Aucun des présidents de région (pardon, présidents nationaux) n'avait pour autant vraiment envie de fédéraliser (voir fédéralisme européen) ce qui aurait du l'être, alors pour avoir le maximum de flexibilité, les négociateurs français ont proposé qu'on se contente d'une règle qu'ils s'étaient jusque là imposé à eux même sans difficulté : que le budget dépasse pas 3% du PIB. L'idée a plu et ils ont chargé le gouvernement européen fantoche d'assurer que cette règle soit surveillée. Vous êtes sûrs a t'il j'imagine dit ? Ne pensez vous pas que je vais avoir le mauvais rôle si j'ai à faire respecter cette règle que Romano Prodi qualifiera plus tard de "stupide". Les gouvernements nationaux ont dit qu'ils étaient sûrs. Et banco. Le traité de Maastricht a été décidé comme ça.

    Et voilà pourquoi chaque année, au moment de préparer le budget, on nous fait le coup du "diktat de la commission de Bruxelles" sans savoir en général ni qui les avait chargé de faire respecter ces fameux critères, ni surtout de se demander de quelles mesures de rétorsion le gouvernement européen fantoche disposait réellement au cas où la France ou l'Allemagne par exemple transgressait la règle.

    Bon ben là je me contenterais de citer Wikipédia :

    L'appréciation du non-respect de ces critères a été assouplie en mars 2005[2] sous la pression de l'Allemagne (engagée dans la procédure de déficit excessif) et de la France (proche de l'être)[3], sous la justification de tenir compte de la situation économique et des réformes structurelles engagées. Un dépassement « exceptionnel et temporaire » est désormais autorisé[2].

    [2] Assouplissements des critères de Maastricht : Compte rendu du Conseil de l’UE [archive], page 21, sur le site de l’Union européenne.
    http://ue.eu.int/ueDocs/cms_Data/docs/pressData/fr/ec/84331.pdf

    [3] Chronologie du pacte de stabilité , sur le site de La Documentation française.
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/pacte-stabilite-index.shtml/pacte-stabilite-comment-reformer-psc.shtml