• [^] # Re: Damned, ils ont osé critiquer le libre

    Posté par . En réponse à la dépêche Programmez ! Un numéro spécial pour discréditer le logiciel libre.. Évalué à 1.

    Je ne compte pas faire une réponse détaillée, car ton message est très long.
    Sache d'abord que je suis le premier à critiquer le libre pour des vraies raisons (ras le bol des pilotes de périphériques incomplets, des navigateurs qui n'affichent correctement que la moitié des pages web, des installations de programmes ésotériques, des incopatibilités et j'en passe).
    Il se trouve que les critiques distillées dans ce magazine agissent beaucoup plus par insinuations (est-ce vraiment gratuit ? est-ce que ça fonctionne ? etc) que par critique étayée.
    Beaucoup des aspects qui sont reprochés au libre sont exactement les mêmes dans le commercial, voire pire. Un exemple : si tu achètes un logiciel, puis sa mise à jour, tu dois systématiquement réinstaller les 2. On ne te donne en général pas une version complète, contrairement au libre. D'où complexité de gestion et perte de temps. Il y a pire avec les disquettes qui interdisaient plusieurs installations sans qu'on en soit prévenu. Certains ont eu de grosses galères "grâce" au propriétaire.
    L'argument de la gratuité fait partie de ces doutes savamment introduits. On ne dit pas dans quel cas un logiciel libre n'est pas gratuit -essentiellement à la suite d'une commande-, et on évoque surtout ses coûts cachés. Ces coûts cachés sont connus des directions informatiques. Par exemple, l'hôpital de Tourcoing -si ma mémoire est bonne- a décidé de consacrer 50% du budget Office économisé en formation du personnel. Il en semble heureux.
    Bien sûr, rien n'est jamais totalement gratuit. Une mandrake peut coûter 60 euros en version boîte, 6 en version magazine, 3 en version gravée ou 0 si on l'emprunte à un copain. Cela ne dispense pas d'adhérer au Mandrake Club pour soutenir le devenir d'un produit qu'on utilise, mais ça donne une liberté bien supérieure à l'achat d'une licence (pas de clé d'activation à taper, nombre de postes illimité, etc.).
    L'histoire des DSI est de la même veine : on dit en filigrane aux DSI qui seraient tentés par un passage au libre "attention, vous allez en prendre plein la figure!".
    Il me paraît irréaliste de parler du logiciel libre sans comparer les avantages/inconvénients du libre et du propriétaire. Si je dis "Attention, il y a des bugs dans les logiciels libres", j'ai dit la vérité, mais ça ne me dit pas s'il y en a plus ou moins que dans le propriétaire (j'ai tendance à penser qu'il y en a plus). Donc, cette information n'apporte rien.
    Il y a encore pire. L'article des 35000 postes finit par citer le chiffre à 17,5 millions d'Euros pour la migration. Je pourrais citer en contrepartie les 9 Milliards d'Euros dépensés en informatique par l'administration française. Tout cela ne veut rien dire.
    Un des plus mauvais exemples contre la migration vers le libre est précisément à mon avis son coût. Tout changement coûte. Lorsque vous faites des travaux chez vous, ça fait du bruit, de la poussière, ça prend du temps, ça coûte de l'argent. Mais il faut bien le faire. Dans le cas du logiciel, il est clair qu'une des principales stratégies du logiciel propriétaire, c'est l'enfermement. Or, plus cet enfermement dure, plus la migration devient difficile. Le fait que la migration coûte est donc un argument pour migrer le plus vite possible, quoi qu'il en coûte, car ça coûtera bien plus plus tard.

    J'aurais encore plein de choses à dire, mais je n'ai pas le temps.
    J'espère que tu comprendras mieux mes commentaires et mes doutes sur l'honnêteté de la ligne éditoriale