Étant moi-même français de l'étranger, je me permets de te répondre.
Historiquement, les "français de l'étranger" votent peu pour les élections françaises, 20% l'an dernier au législatives par exemple. Il y a plusieurs raisons, comme le manque d'intérêt, ou l'impossibilité. Il faut d'autant plus tenir compte du fait que beaucoup de "français de l'étranger" sont en fait des locaux qui ont la double nationalité.
Néanmoins, certains, comme moi, s'intéressent à la politique de chez eux et se sentent encore impliqués d'une manière ou d'une autre. Par exemple tu as les "français de l'étranger" (je mets des guillemets pour souligner l’incongruité du terme) qui ne sont à l'étranger que pour un temps, comme des étudiants ou des employés envoyés à l'étranger pour x mois ou années mais qui savent qu'ils vont revenir. D'autres, ne savent pas s'ils reviendront un jour, mais n'ont pas forcément envie de couper les ponts. Parce que être un "français de l'étranger" ne veut pas forcément dire être un bi-national. Et si on me retire mon droit de vote de mon pays d'origine, personnellement je me sentirai un peu apatride…
Mais bon. Ce n'est pas par altruisme que les 11 circonscriptions des "français de l'étranger" ont été créées, mais par stratégie électorale. Notre ex-président a constaté que les "français de l'étranger" votent en majorité à droite, donc pour s'assurer quelques sièges de députés pour pas cher, et en profiter pour placer des copains, on va faire ce machin.
Or, en 2012, les "français de l'étranger" ont élu 8 députés PS sur les 11 circonscriptions, et tout ce petit monde a joyeusement rempli les bancs de l'assemblée. Mais le conseil constitutionnel a statué que pour deux d'entre eux, les comptes de campagne ne seraient pas validés pour non respect de la loi. Techniquement, ces deux candidats avaient ouvert des comptes à l'étranger pour payer des dépenses sur place, ce qui a été interdit durant la campagne. Les comptes à l'étranger étaient déclarés dans les comptes de campagne, mais c'est leur existence même qui est illégale. Ces deux députés nouvellement élus ont donc vu leur élection invalidée, et ils ont eu également 1 an d'inéligibilité. Pour comparer, c'est la même peine qui a frappé une municipalité dont les élections ont été entachées de corruption financière. Je vous laisse apprécier l'ironie…
Donc, un an plus tard, nous voilà repartis en élections, alors qu'on n'avait rien demandé.
[^] # Re: Taux d’abstention : 86 %
Posté par Babelouest (site web personnel) . En réponse au journal Journée de m... (2). Évalué à 10.
Étant moi-même français de l'étranger, je me permets de te répondre.
Historiquement, les "français de l'étranger" votent peu pour les élections françaises, 20% l'an dernier au législatives par exemple. Il y a plusieurs raisons, comme le manque d'intérêt, ou l'impossibilité. Il faut d'autant plus tenir compte du fait que beaucoup de "français de l'étranger" sont en fait des locaux qui ont la double nationalité.
Néanmoins, certains, comme moi, s'intéressent à la politique de chez eux et se sentent encore impliqués d'une manière ou d'une autre. Par exemple tu as les "français de l'étranger" (je mets des guillemets pour souligner l’incongruité du terme) qui ne sont à l'étranger que pour un temps, comme des étudiants ou des employés envoyés à l'étranger pour x mois ou années mais qui savent qu'ils vont revenir. D'autres, ne savent pas s'ils reviendront un jour, mais n'ont pas forcément envie de couper les ponts. Parce que être un "français de l'étranger" ne veut pas forcément dire être un bi-national. Et si on me retire mon droit de vote de mon pays d'origine, personnellement je me sentirai un peu apatride…
Mais bon. Ce n'est pas par altruisme que les 11 circonscriptions des "français de l'étranger" ont été créées, mais par stratégie électorale. Notre ex-président a constaté que les "français de l'étranger" votent en majorité à droite, donc pour s'assurer quelques sièges de députés pour pas cher, et en profiter pour placer des copains, on va faire ce machin.
Or, en 2012, les "français de l'étranger" ont élu 8 députés PS sur les 11 circonscriptions, et tout ce petit monde a joyeusement rempli les bancs de l'assemblée. Mais le conseil constitutionnel a statué que pour deux d'entre eux, les comptes de campagne ne seraient pas validés pour non respect de la loi. Techniquement, ces deux candidats avaient ouvert des comptes à l'étranger pour payer des dépenses sur place, ce qui a été interdit durant la campagne. Les comptes à l'étranger étaient déclarés dans les comptes de campagne, mais c'est leur existence même qui est illégale. Ces deux députés nouvellement élus ont donc vu leur élection invalidée, et ils ont eu également 1 an d'inéligibilité. Pour comparer, c'est la même peine qui a frappé une municipalité dont les élections ont été entachées de corruption financière. Je vous laisse apprécier l'ironie…
Donc, un an plus tard, nous voilà repartis en élections, alors qu'on n'avait rien demandé.
Maintenant, au sujet du taux de participation pas très digne, je te le concède. J'ai envie de te dire que c'est un choix personnel des gens d'aller voter ou pas, mais que si tu veux supprimer des élections à cause du taux de participation, même en métropole, t'es pas rendu. Il te faudra supprimer les peut-être aussi les élections prud’homales, le référendum sur le quinquennat présidentiel ou encore le référendum sur l'auto-détermination de la Nouvelle-Calédonie de 1988…
N'empêche que de me retrouver avec Frédéric Lefevre député de ma circonscription, ca me fait mal, très mal…