On ne s'est pas bien compris, le point sur lequel je voulais insister était qu'il manque à l'écosystème GNU/Linux un dictateur bienveillant (ce qu'est Guido von Rossum à l'écosystème python, ce qu'est Apple à l'écosystème macos x, …) qui s'occupe de construire les fondations sur la base desquelles les efforts des autres peuvent se greffer d'une manière un minimum rationelle.
Pourquoi c'est important ? Il me semble que en général quand une nouvelle équipe développe un nouveau composant système pour corriger un problème persistant, sa tâche est rendue beaucoup trop difficile parce qu'elle ne sait pas sur quelles couches logicielles s'appuyer, à quelles couches logicielles fournir ses services, par qui elle sera concurrencée ou forkée, quelles distributions l'adopteront et lesquelles la rejetteront. La clé ici c'est que tous ces composants sont développés indépendamment les uns des autres, ce n'est pas l'unité dans la diversité mais l'anarchie ! Prenons un exemple non technique puisque je ne suis pas forcément le meilleur pour parler technique. Admettons que l'on souhaite que GNU/Linux ait du succès, par exemple simplement parce qu'on pense qu'avec 10% de linuxiens, nos libertés seraient mieux protégées. Il faut alors faire, qu'on aime ça ou non, du prosélytisme. Mais que proposer ? J'ai eu foi en Ubuntu à un moment, apparemment je suis un crétin j'aurais du me baser sur Linux Mint (oui mais quel environnement ?) parce qu'Ubuntu ne marche ni mieux ni moins bien que ma mandrake en 2002. Bon je bats ma coulpe pour avoir choisi la mauvaise distribution. Sauf que si toi Okki tu peux passer du logiciel Ubuntu au logiciel Linux Mint comme tu changes de chemise, c'est un travail titanesque et désespérant que de devoir reprendre tout le travail qu'a fait ubuntu-fr pour faire une documentation abondante et en français, organiser des évènements comme celui que je viens de voir à la cité des sciences de Paris (beaucoup de bénévoles, ça m'a fait chaud au coeur), …
Qui pourra jouer ce rôle ? Au tout début j'ai cru que Richard Stallman était le grand chef d'orchestre spirituel, mais il rend allergique la moitié de la communauté. J'ai eu foi en Linus Torvalds pour le côté technique, mais il ne s'occupe que du noyau. Puis j'ai pensé que ce pouvait être Debian mais à force de vouloir être le système universel, on court derrière toutes les poules et on en attrape aucune. Je me suis dit ensuite que c'était l'environnement de bureau qui comptait, et là la complexité était réduite puisque KDE et GNOME étaient prépondérants, mais ils ont sombrés l'un puis l'autre ; KDE semble être redevenu bien mais est passé de mode, GNOME 3 n'est pas encore prêt, maintenant il y a des environnements différents, des forks de trucs abandonnés, …. c'est le bordel. Quand Ubuntu a commencé à avoir du succès et que j'ai entendu parler du bug n°1, je me suis dit qu'avec Mark Shuttleworth, on aurait peut-être la solidité et la richesse de la logithèque de debian, avec cette fois un lead clair et un focus sur le bureau ; mais les Ubuntu récentes ont toujours autant de merdes que les Mandrake de 2002, les partenariats avec les constructeurs que tu appeles de tes voeux pour avoir un produit fini restent complètement marginaux.
[^] # Re: +1000
Posté par gautami . En réponse au journal Il y a 15 ans, j'ai fondé LinuxFr. Évalué à 9. Dernière modification le 10 juin 2013 à 10:51.
On ne s'est pas bien compris, le point sur lequel je voulais insister était qu'il manque à l'écosystème GNU/Linux un dictateur bienveillant (ce qu'est Guido von Rossum à l'écosystème python, ce qu'est Apple à l'écosystème macos x, …) qui s'occupe de construire les fondations sur la base desquelles les efforts des autres peuvent se greffer d'une manière un minimum rationelle.
Pourquoi c'est important ? Il me semble que en général quand une nouvelle équipe développe un nouveau composant système pour corriger un problème persistant, sa tâche est rendue beaucoup trop difficile parce qu'elle ne sait pas sur quelles couches logicielles s'appuyer, à quelles couches logicielles fournir ses services, par qui elle sera concurrencée ou forkée, quelles distributions l'adopteront et lesquelles la rejetteront. La clé ici c'est que tous ces composants sont développés indépendamment les uns des autres, ce n'est pas l'unité dans la diversité mais l'anarchie ! Prenons un exemple non technique puisque je ne suis pas forcément le meilleur pour parler technique. Admettons que l'on souhaite que GNU/Linux ait du succès, par exemple simplement parce qu'on pense qu'avec 10% de linuxiens, nos libertés seraient mieux protégées. Il faut alors faire, qu'on aime ça ou non, du prosélytisme. Mais que proposer ? J'ai eu foi en Ubuntu à un moment, apparemment je suis un crétin j'aurais du me baser sur Linux Mint (oui mais quel environnement ?) parce qu'Ubuntu ne marche ni mieux ni moins bien que ma mandrake en 2002. Bon je bats ma coulpe pour avoir choisi la mauvaise distribution. Sauf que si toi Okki tu peux passer du logiciel Ubuntu au logiciel Linux Mint comme tu changes de chemise, c'est un travail titanesque et désespérant que de devoir reprendre tout le travail qu'a fait ubuntu-fr pour faire une documentation abondante et en français, organiser des évènements comme celui que je viens de voir à la cité des sciences de Paris (beaucoup de bénévoles, ça m'a fait chaud au coeur), …
Qui pourra jouer ce rôle ? Au tout début j'ai cru que Richard Stallman était le grand chef d'orchestre spirituel, mais il rend allergique la moitié de la communauté. J'ai eu foi en Linus Torvalds pour le côté technique, mais il ne s'occupe que du noyau. Puis j'ai pensé que ce pouvait être Debian mais à force de vouloir être le système universel, on court derrière toutes les poules et on en attrape aucune. Je me suis dit ensuite que c'était l'environnement de bureau qui comptait, et là la complexité était réduite puisque KDE et GNOME étaient prépondérants, mais ils ont sombrés l'un puis l'autre ; KDE semble être redevenu bien mais est passé de mode, GNOME 3 n'est pas encore prêt, maintenant il y a des environnements différents, des forks de trucs abandonnés, …. c'est le bordel. Quand Ubuntu a commencé à avoir du succès et que j'ai entendu parler du bug n°1, je me suis dit qu'avec Mark Shuttleworth, on aurait peut-être la solidité et la richesse de la logithèque de debian, avec cette fois un lead clair et un focus sur le bureau ; mais les Ubuntu récentes ont toujours autant de merdes que les Mandrake de 2002, les partenariats avec les constructeurs que tu appeles de tes voeux pour avoir un produit fini restent complètement marginaux.
My 2 cents