Un militant est quelqu'un croyant suffisamment fort dans ses idées pour dépenser son temps, son énergie, son réseau social voir son intégrité physique pour elles. C'est un acte d'abnégation très fort. Le premier problème est que cela semble parfois, a posteriori, avoir été un très bon calcul. Je pense notamment aux responsables de SOS racisme, aux syndicats étudiants, à ceux qui semblent en tirer un prestige social ou qui remplissent leurs CV à bon compte. Se vendre comme désintéressé pour en récolter les fruits me semble profondément malhonnête.
Ce premier problème est cependant d'une importance pratique limitée par rapport au second. Un militant croit à ses idées, mais le simple fait de militer le radicalise, dans le sens où il se met à fréquenter en majorité des gens ayant les mêmes opinions que lui, que les autres domaines lui semblent secondaire par rapport au sien (le cas de Brigitte Bardot est un archétype) et qu'il lui est de plus en plus difficile de changer d'avis, car ce serait admettre qu'il a perdu son temps dans une cause fausse. Il y a un très bon billet de Ploum sur cet engagement que l'on prend envers soit même du simple fait de croire en ses idées. Cela se voit aussi au niveau des communautés, avec des courses à la pureté et le dédain du compromis. Les militants sont donc parfois des gens ayant une vision étroite d'un problème, ne connaissant en profondeur que les éléments allant dans leur sens.
Enfin le dernier problème du militantisme est qu'il est souvent simplificateur. Être pour la paix dans le monde, quelle est la prise de risque, la contre position, l'intérêt même ? Les choses sont compliquées, souvent en place pour des raisons très profondes et parfois très justes. Les changements sont difficiles et ne se font pas d'un coup de pétition. Il y a trop d'esprits qui ont l'air simplistes chez les militants et qui confondent une supériorité morale présumée avec la vérité.
J'ai sûrement trop généralisé, tu as plein d'angles d'attaque possible pour troller si tu le veux, mais c'est pour ces trois points principalement que je me méfie des arguments des militants. Je les met en doute, je les discute, et certains peuvent interpréter cela, à tort souvent, comme une opposition sur la finalité.
# Je me méfie du militantisme
Posté par oao . En réponse au journal À propos de militantisme.... Évalué à 10.
Un militant est quelqu'un croyant suffisamment fort dans ses idées pour dépenser son temps, son énergie, son réseau social voir son intégrité physique pour elles. C'est un acte d'abnégation très fort. Le premier problème est que cela semble parfois, a posteriori, avoir été un très bon calcul. Je pense notamment aux responsables de SOS racisme, aux syndicats étudiants, à ceux qui semblent en tirer un prestige social ou qui remplissent leurs CV à bon compte. Se vendre comme désintéressé pour en récolter les fruits me semble profondément malhonnête.
Ce premier problème est cependant d'une importance pratique limitée par rapport au second. Un militant croit à ses idées, mais le simple fait de militer le radicalise, dans le sens où il se met à fréquenter en majorité des gens ayant les mêmes opinions que lui, que les autres domaines lui semblent secondaire par rapport au sien (le cas de Brigitte Bardot est un archétype) et qu'il lui est de plus en plus difficile de changer d'avis, car ce serait admettre qu'il a perdu son temps dans une cause fausse. Il y a un très bon billet de Ploum sur cet engagement que l'on prend envers soit même du simple fait de croire en ses idées. Cela se voit aussi au niveau des communautés, avec des courses à la pureté et le dédain du compromis. Les militants sont donc parfois des gens ayant une vision étroite d'un problème, ne connaissant en profondeur que les éléments allant dans leur sens.
Enfin le dernier problème du militantisme est qu'il est souvent simplificateur. Être pour la paix dans le monde, quelle est la prise de risque, la contre position, l'intérêt même ? Les choses sont compliquées, souvent en place pour des raisons très profondes et parfois très justes. Les changements sont difficiles et ne se font pas d'un coup de pétition. Il y a trop d'esprits qui ont l'air simplistes chez les militants et qui confondent une supériorité morale présumée avec la vérité.
J'ai sûrement trop généralisé, tu as plein d'angles d'attaque possible pour troller si tu le veux, mais c'est pour ces trois points principalement que je me méfie des arguments des militants. Je les met en doute, je les discute, et certains peuvent interpréter cela, à tort souvent, comme une opposition sur la finalité.