Je dois bien avouer être dans la même situation, et sur le même "marché" de la supervision en plus :D
Avec le temps que je dis que monter la communauté puis en vivre n'était pas une solution très viable, car ça signifie faciliter l'accès à l'outil, or c'est encore ça le plus monétisable (cf RedHat justement). Vu que ta structure est petite, tu auras des soucis à t'aligner sur des prestations face aux SSII qui vont envoyer des stagiaires sous payés, il ne faut pas se leurrer.
Monter une grosse communauté signifie aider lors de la résolution des problèmes (support gratuit donc), implémenter de nouvelles fonctionnalités sur la demande d'un utilisateur car elles te plait vraiment et que ça va améliorer l'outil, et donc agrandir la communauté.
Or là il y a un soucis, car tu auras une grosse communauté, de gros utilisateurs (et bravo pour les références, j'attends encore des références pour 3 banques, 2 ministères et 1 constructeur allemand d'automobile "officielle" pour Shinken….) mais toujours aucun business model.
Là je vais être un peu sec, et cois mois ça me fait aussi mal qu'à toi d'en arriver là : fais ton deuil de monter une grosse communauté, penses d'abord à remplir ton assiette et payer ton loyer. Laisses les sources disponibles, mais place les VM sous licences genre gratuit pour pré-production sur 3mois, mais payant (et cher) sur de la production. Laisses de disponible facilement tout ce qui touche aux environnements libres, mais fait payer cher tout ce qui touche au propriétaire (genre le déploiement de sondes exchange ou weblogic).
Au final ceux qui font du libre, et uniquement du libre ne seront pas, ou peu, impactés car ils auront les sources, et s'ils prennent du temps (libre => "tu as du temps ou de l'argent?") ils pourront faire ce qu'ils souhaitent. Les autres se fichent bien du libre, ils veulent quelque chose qui marche et c'est tout. Et bien parfait, ils peuvent l'avoir et ce rapidement (genre une VM appliance toute prête), mais faut passer par la case achat.
Tu ne peux pas être totalement ouvert, déjà industrialisé (étonnant pour un outil facilitant l'industrialisation justement non? ;) ), réactif et vivre de ton outil. Tu vas te faire bouffer tout cru. C'est quelque choses que peuvent se permettre les grosses fondations qui sont financées de manières indirectes par ce que produit l'outil (genre HP vend des serveurs, et donc doit faire en sorte que Linux marche bien dessus).
RedHat fait très bien cela. Or tu n'as pas de support ou même accès aux rpm sans avoir déliés ta bourse. Tu peux partir sur CentOS, mais RedHat s'en fiche, car quand tu veux du support "imputable" (en cas de soucis majeur faut pouvoir rejeter la faute sur quelqu'un d'autre dans les grosses sociétés…) tu prends du RH, pas de la CentOS. Ceux qui partent sur CentOS n'auraient de toute manière jamais payés RedHat, donc RedHat n'a rien perdu, même "potentiellement".
Bref, pars à la campagne un jour ou deux, fais le point. Mais je te conseille de ne laisser que les sources de disponible, et que les versions faciles d'installations ne sont disponibles pour de la prod que si tu puisses en vivre. Vires donc tes VM toutes prêtes, elles te font du mal. Tu pourras vivre de ton travail direct : coder! et non pas tenter de vivre d'un moyen indirect genre de la prestation d'installation où tu seras en concurrence quasi déloyale avec des SSII qui vendent n'importe quoi et n'hésitent pas à mentir à leur client!
Bon courage, je comprends parfaitement ce que tu ressens, et que ça te déchire d'en arriver là. Mais mieux vaut qu'une partie du projet soit libre et qu'il continue à vivre, plutôt que tu te crames littéralement et qu'au final ils disparaisse totalement. Penses à comment le business model que tu montes va aider le projet, mais ne t'attends pas à ce que le projet te fournisse naturellement un business model. Est-ce dommage? Oui, car avec des moyens comme le revenu universel, on n'aurait pas besoin d'en arriver là. Mais ça n'est pas en place, et c'est pas demain que ça arrivera, donc on rentre les mouchoirs dans la poche, et on rentre dans le jeu en acceptant les règles à défaut de pouvoir les changer. Tu peux tenter le crownfounding, mais vu le marché, je n'y compterais pas trop (encore moins sur les dons, ça n'a jamais fonctionné pour du dev, et ça ne fonctionnera jamais).
Tu parles de Merethis à un moment (éditeur de Centreon et divers modules sous licences autour de Centreon). Sache qu'ils ont raison. S'ils n'étaient pas passés par ça, il n'y aurait plus de Centreon actuellement vu qu'ils étaient en concurrence sur de la prestation sur leur outil face à de grosses SSII qui faisaient du dumping sur les prix pour juste entrer sur les comptes et vendre ensuite d'autres outils à plus fortes rémunérations.
Bonne chance en tout cas, car c'est une décision très dure à prendre et à assumer. Mais poses-toi la question : combien sont ceux qui vont te crier dessus et qui vivent réellement de leur code (tu es un codeur, pas un formateur ou intégrateur) sur ce marché là en montant leur société? Les râleurs râleront, mais sincèrement, peu importe ce que tu fais, ils râleront quand même, ne les écoute pas et avance.
# Même situation, mais des pistes
Posté par Jean Gabes (site web personnel) . En réponse au journal L'open source va me tuer .... Évalué à 5.
Salut,
Je dois bien avouer être dans la même situation, et sur le même "marché" de la supervision en plus :D
Avec le temps que je dis que monter la communauté puis en vivre n'était pas une solution très viable, car ça signifie faciliter l'accès à l'outil, or c'est encore ça le plus monétisable (cf RedHat justement). Vu que ta structure est petite, tu auras des soucis à t'aligner sur des prestations face aux SSII qui vont envoyer des stagiaires sous payés, il ne faut pas se leurrer.
Monter une grosse communauté signifie aider lors de la résolution des problèmes (support gratuit donc), implémenter de nouvelles fonctionnalités sur la demande d'un utilisateur car elles te plait vraiment et que ça va améliorer l'outil, et donc agrandir la communauté.
Or là il y a un soucis, car tu auras une grosse communauté, de gros utilisateurs (et bravo pour les références, j'attends encore des références pour 3 banques, 2 ministères et 1 constructeur allemand d'automobile "officielle" pour Shinken….) mais toujours aucun business model.
Là je vais être un peu sec, et cois mois ça me fait aussi mal qu'à toi d'en arriver là : fais ton deuil de monter une grosse communauté, penses d'abord à remplir ton assiette et payer ton loyer. Laisses les sources disponibles, mais place les VM sous licences genre gratuit pour pré-production sur 3mois, mais payant (et cher) sur de la production. Laisses de disponible facilement tout ce qui touche aux environnements libres, mais fait payer cher tout ce qui touche au propriétaire (genre le déploiement de sondes exchange ou weblogic).
Au final ceux qui font du libre, et uniquement du libre ne seront pas, ou peu, impactés car ils auront les sources, et s'ils prennent du temps (libre => "tu as du temps ou de l'argent?") ils pourront faire ce qu'ils souhaitent. Les autres se fichent bien du libre, ils veulent quelque chose qui marche et c'est tout. Et bien parfait, ils peuvent l'avoir et ce rapidement (genre une VM appliance toute prête), mais faut passer par la case achat.
Tu ne peux pas être totalement ouvert, déjà industrialisé (étonnant pour un outil facilitant l'industrialisation justement non? ;) ), réactif et vivre de ton outil. Tu vas te faire bouffer tout cru. C'est quelque choses que peuvent se permettre les grosses fondations qui sont financées de manières indirectes par ce que produit l'outil (genre HP vend des serveurs, et donc doit faire en sorte que Linux marche bien dessus).
RedHat fait très bien cela. Or tu n'as pas de support ou même accès aux rpm sans avoir déliés ta bourse. Tu peux partir sur CentOS, mais RedHat s'en fiche, car quand tu veux du support "imputable" (en cas de soucis majeur faut pouvoir rejeter la faute sur quelqu'un d'autre dans les grosses sociétés…) tu prends du RH, pas de la CentOS. Ceux qui partent sur CentOS n'auraient de toute manière jamais payés RedHat, donc RedHat n'a rien perdu, même "potentiellement".
Bref, pars à la campagne un jour ou deux, fais le point. Mais je te conseille de ne laisser que les sources de disponible, et que les versions faciles d'installations ne sont disponibles pour de la prod que si tu puisses en vivre. Vires donc tes VM toutes prêtes, elles te font du mal. Tu pourras vivre de ton travail direct : coder! et non pas tenter de vivre d'un moyen indirect genre de la prestation d'installation où tu seras en concurrence quasi déloyale avec des SSII qui vendent n'importe quoi et n'hésitent pas à mentir à leur client!
Bon courage, je comprends parfaitement ce que tu ressens, et que ça te déchire d'en arriver là. Mais mieux vaut qu'une partie du projet soit libre et qu'il continue à vivre, plutôt que tu te crames littéralement et qu'au final ils disparaisse totalement. Penses à comment le business model que tu montes va aider le projet, mais ne t'attends pas à ce que le projet te fournisse naturellement un business model. Est-ce dommage? Oui, car avec des moyens comme le revenu universel, on n'aurait pas besoin d'en arriver là. Mais ça n'est pas en place, et c'est pas demain que ça arrivera, donc on rentre les mouchoirs dans la poche, et on rentre dans le jeu en acceptant les règles à défaut de pouvoir les changer. Tu peux tenter le crownfounding, mais vu le marché, je n'y compterais pas trop (encore moins sur les dons, ça n'a jamais fonctionné pour du dev, et ça ne fonctionnera jamais).
Tu parles de Merethis à un moment (éditeur de Centreon et divers modules sous licences autour de Centreon). Sache qu'ils ont raison. S'ils n'étaient pas passés par ça, il n'y aurait plus de Centreon actuellement vu qu'ils étaient en concurrence sur de la prestation sur leur outil face à de grosses SSII qui faisaient du dumping sur les prix pour juste entrer sur les comptes et vendre ensuite d'autres outils à plus fortes rémunérations.
Bonne chance en tout cas, car c'est une décision très dure à prendre et à assumer. Mais poses-toi la question : combien sont ceux qui vont te crier dessus et qui vivent réellement de leur code (tu es un codeur, pas un formateur ou intégrateur) sur ce marché là en montant leur société? Les râleurs râleront, mais sincèrement, peu importe ce que tu fais, ils râleront quand même, ne les écoute pas et avance.