• [^] # Attention HS !

    Posté par . En réponse au journal Adblock maintenant installé par défaut sur Debian 7 : bonne chose ou initiative malheureuse ?. Évalué à -1.

    Si, cela a un coût. Au-delà du temps nécessaire pour créer et fixer une variété - 10 générations, 6 ans en moyenne grâce aux serres, biotechnologies (ne pas confondre avec OGM), contre-saisons hivernales en Amérique du Sud, il faut aussi ensuite obtenir une "autorisation de mise sur le marché" européen - 2 années de tests exigeants réalisés sous l’égide du Ministère de l’Agriculture, visant à vérifier que votre produit répond à deux critères :
    DHS = Distinction (votre variété doit être différente, visuellement et génétiquement) de celles de la concurrence, Homogénéité et Stabilité (variété stable, homogène, toutes les graines semées dans un champ ou d’une année à l’autre donnent des plantes identiques)
    VAT = Valeur Agronomique et Technologique (votre hybride ou lignée doit apporter un progrès, une amélioration par rapport à l’existant : rendement, régularité de productivité en fonction des conditions pédoclimatiques, résistance aux maladies, tenue de tige, richesse et profil en huile / protéines etc…)

    Des contrôles sont réalisées ensuite chaque année pour vérifier l’identité de la variété produite et vendue, et aboutissent à un certificat (d’où l’expression semences certifiées).

    Une espèce autogame (par exemple le pois) se reproduit par auto-fécondations successives, donc en théorie ce re-semis est possible (c'est le problème des semences de ferme), et justement la nouvelle réglementation vise à "obliger" les agriculteurs le pratiquant à indemniser les semenciers. C'est ce qui crée en partie la polémique.

    Pour d'autres cultures, comme le maïs, le tournesol, le colza c'est plus compliqué, on vend un hybride : c'est le résultat du croisement de deux lignées parentales pures. Et ses caractéristiques (vigueur, rendement…) sont supérieures à la meilleure des deux lignées, c’est le phénomène d’hétérosis. De plus, les semences (F1), donc les plantes, sont toutes strictement identiques entre elles.
    http://www.gnis-pedagogie.org/mais-technique-amelioration-variete.html

    Par contre, si l’agriculteur resème sa récolte, il y a eu recombinaison génétique, c’est hétérogène, et au fil des générations la valeur sélective va diminuer (phénomène d’inbreeeding) :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9pression_hybride

    Aucune manipulation de notre part, c’est la nature. Si le fermier veut l’hybride initial, il doit racheter des semences, car nous entre-temps on aura refait en champ une production, en croisant de nouveau les parents (préalablement eux-mêmes obtenus par auto-fécondation l’année précédente) et en fécondant la femelle par le pollen du mâle. Il faut castrer, gérer l'éventuelle stérilité mâle cytoplasmique, épurer, récolter… ce n’est pas gratuit !

    Un article récent qui vient illustrer notre débat :
    http://www.20minutes.fr/planete/1154145-20130513-brevets-monsanto-emporte-devant-cour-supreme-americaine

    Si l’on met de côté l’émotionnel et la mauvaise image (parfois justifiée) de Monsanto, cette décision est tout à fait logique : l’agriculteur non seulement n’a pas respecté son contrat, il a eu accès à une autre source de soja, classique, mais n’a pas voulu s’en contenter : il y a transféré (volontairement ou non) le gène de résistance herbicide de la variété Monsanto, et bingo, il payait ses semences tierces moins cher tout en bénéficiant d’un brevet + des résultats de recherche du semencier sans le rémunérer. Ben non désolé…