• [^] # Re: Propriétaire non, privateur oui

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Privateur.... Évalué à 0.

    Il est bien connu que combattre un extrême avec son extrême opposé, ça marche à tous les coups.
    Il est également parfaitement moral d'adopter les mêmes méthodes jugées nauséabondes que ses adversaires, mais en expliquant que "c'est eux qui ont commencé!", on pourra toujours dire après que c'est eux qui manquent de morale et nous qui nous qui n'avons pas le choix.

    Je n'ai porté aucun jugement moral pour ma part, c'est toi qui ramène tout à ça. Tu as l'air de considérer la bataille des mots comme quelque chose qu'il faut éviter, pas moi. Ce n'est pas une méthode nauséabonde, c'est juste un des plus vieux trucs au monde. Quand tu lis 1984, tous les mots ont changé et veulent dire le contraire de ce qu'ils signifiaient au départ. Tu veux vivre dans un monde comme ça ? Pas moi. Et pour ne pas vivre dans un monde avec de l'informatique de confiance, il faut utiliser d'autres mots et combattre ceux-là. Ou alors, donne-moi une méthode «morale».

    L'explication logique, c'est "voilà la seule définition de la Liberté valide: celle de la sainte FSF/OSI". Cette définition de la Liberté est subjective et non rationnelle.

    La FSF ou l'OSI n'ont rien de saint. Mais faudrait peut-être se réveiller. La FSF et ses quatre libertés, c'est le milieu des années 80, les DFSG, c'est 1997, l'OSI, c'est 1998. Ça fait plus de 20 ans, et presque 30 pour la FSF, que tout le monde du logiciel s'accorde sur la même notion de liberté (à quelques chouias près). Ça date pas d'hier. Donc, vouloir remettre en cause ça, je te souhaite bien du courage. Les seuls qui veulent le remettre en cause, c'est ceux qui font du Shared Source, c'est-à-dire qui veulent faire passer des vessies pour des lanternes.

    Cf ce que je disais ci-dessus: œil pour œil, combattre le mal par le mal, tout ça, très peu pour moi!

    C'est juste mener une bataille sur un terrain. Point. Rien de moral, aucune notion de bien/mal là dedans, juste des points de vue différents. On a encore le droit de défendre un point de vue ou pas ? C'est mal de ne pas être d'accord ?

    Les arguments sont certes indépendants de GNU, mais indissociables de la FSF/OSI ou tout simplement d'une définition de la Liberté que tu souhaites imposer en jugeant ce qui est Libre (mot à forte connotation positive) et ce qui est privateur (mot à connotation fortement négative).

    Je ne juge rien, je constate des choses, basé sur le droit d'auteur, puisque le logiciel est régi par le droit d'auteur.

    Moi je te dis, et c'est ma conviction, qu'on ne convainc les gens non engagés/impliqués/initiés qu'en ayant une approche la plus neutre possible.
    Tout ce qui ressemble de près ou de loin à "nous c'est le bien et eux le mal" de la part de quelqu'un qui n'a pas déjà une très forte aura lui fera perdre immédiatement en crédibilité.
    Utiliser des mots à forte connotation positive et négative, c'est chercher cette assimilation au bien et au mal.

    C'est toi qui n'arrête pas de tout ramener à une question morale. J'ai, depuis le début, dit qu'il n'y avait rien de moral là dedans, juste des questions banalement juridiques. Et des mots pour caractériser des situations juridiques différentes. Dont un, «libre», qui est utilisé depuis plus de 20 ans !

    D'autre part, quand j'essaie de convaincre, je n'use pas d'arguments moraux qui passent pour des arguments d'autorité, donc qui sont irrecevables selon moi. Je fais appel au raisonnement des gens, à leur sens critique. Je te mets au défi de me présenter le logiciel libre de façon neutre, surtout si tu ne veux pas utiliser les définitions acceptées par tous et qui n'ont rien de morales.

    Conclusion: je continuerai à dire qu'utiliser le mot "privateur" est non seulement un terme qui décrit mal les faits, mais qui en plus dessert la cause en faisant une fois de plus passer les Libristes pour des prosélytes.

    Ça, c'est ton point de vue. Tu n'as répondu à aucun des arguments que j'ai avancés sur le non-sens qu'il y a à utiliser privateur, et sur la justesse du terme privateur par rapport à la définition de libre d'un point de vue juridique. Tu n'as qu'un point de vue moral sur la question, et dans ces cas là, chacun sa morale je dirais.

    À t'écouter, on a l'impression qu'il ne faut rien faire, accepter les choses telles qu'elles sont (ou telles que les autres, qui n'ont pas forcément les même intérêts, les façonnent) et qu'au final, avec de la morale, tout le monde ira dans le droit chemin et comprendra, on ne sait trop comment, les choses. Excuse-moi de ne pas partager cette vision du monde.