• # Peur de son ombre?

    Posté par . En réponse au journal Des webcams ouvertes. Évalué à 2.

    Il y a un truc qui me semble de plus en plus clair : la question n'est plus du tout de lutter contre les caméras, mais c'est plutôt de comprendre comment on peut vivre avec. En effet, l'évolution de la technologie et des mentalités fait que, respectivement, c'est complètement impossible, et en plus personne ne comprendrait quelles sont les raisons qui peuvent bien motiver une telle lutte.

    Ce qu'il faut comprendre, c'est que, quelque part, ça a toujours existé. Les cams s'appelaient des "yeux", les cartes sd "la mémoire", et les réseaux sociaux, "radio moquette". On voyait le voisin qui sortait de chez sa maitresse en douce, et patati patata, en deux jours tout le village était au courant.

    Par ailleurs, la filature dans l'espace public n'est pas illégale : combien de femmes volages ou de petits escrocs se sont pait pincer par des photos venant de détectives privés? À partir du moment où on sort de chez soi, les autres peuvent nous voir, nous filmer, et nous photographier. La vie privée dans l'espace public n'est pas du tout la même chose que la vie privée dans l'espace privé.

    En gros, quelqu'un d'assez motivé pour s'intéresser à la vie privée de quelqu'un via un réseau de caméras et en croisant les infos avec d'autres sources de données pourra toujours le faire, et souvent plus facilement, par une surveillance réelle. On sait à quelle heure vous sortez de chez vous grâce à la cam publique? Certes, mais tout le monde peut le savoir aussi, en se planquant dans une voiture. On pourrait même vous suivre! Bref, ça ne change rien. On change de médium, mais absolument pas de degré dans la violation potentielle de la vie privée. La prolifération des données doit d'ailleurs rendre la tâche particulièrement difficile, on a vraiment un effet aiguille / botte de foin. Je me demande si, finalement, les "défenseurs de la vie privée" ne regardent pas un peu trop la télé, et ne s'inquièteraient pas pour des risques potentiels qui n'ont pas d'existence réelle.