Pour les évangiles en tous cas, on veut au moins pouvoir les lires "en parallèle".
À noter que sans installer de logiciel comme Xiphos ou Biblia Clerus, il existe le très bon outil en ligne (quoiqu'un peu lourd à charger) http://www.judeopedia.org/ qui permet une lecture comparée de plusieurs versions, dont les versions françaises Louis Segond, Samuel Cahen, John Darby et André Chouraqui, en Hébreu selon plusieurs écritures, notamment en hébreux vocalisé (traditionnellement seules les consonnes sont écrites) et phonétisé (avec l'alphabet latin), en grec avec la Septante, et en latin avec la Vulgate.
Ce genre d'outil est pratique, ça permet par exemple de repérer que :
Genèse 3:5, le mot connaissant dans « connaissant le bien et le mal » est "ידעי",
Genèse 4:1, le mot connut dans « Adam connut Êve sa femme, elle conçut et enfanta Caïn » est "ידע"
soient vraiment le même mot "ידע" sans préfixe (le préfixe est à droite puisqu'on lit de droite à gauche), de même que (toujours) dans
Genèse 3:5, le mot sait dans « mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez » qui est aussi "ידע".
À la différence de :
Genèse 3:7, le mot connurent dans « leurs yeux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus » est le mot "וידעו",
Genèse 15:18, le mot connaîtrai dans « à quoi connaîtrai-je que je le posséderai ? » est le mot "אדע".
On retrouve bien la même racine "דע" dans ce mot, mais préfixés et ce sont des mots différents.
C'est important parce que cela montre que la connaissance divine est décrite de la même manière que l'union charnelle de l'homme et de la femme (ou l'inverse) ce qui est spécifique à la pensée judéo-chrétienne (on écrit aussi que Dieu connaît son peuple).
Aussi, la « connaissance du bien et du mal » n'apparait pas comme un savoir plus grand, tel que beaucoup l'interprètent en disant « ils voulaient en savoir plus ». Connaitre le bien et ne mal ce n'est pas savoir ce qu'est le mal en plus du bien, cela signifie unir le mal avec le bien, connaître le bien quand il est mal. Le bien étant la création (« et Dieu vit que cela était bon »), connaître le bien et le mal c'est unir la création à ce qui n'est pas bon, c'est donc détruire la création. Connaître le bien et le mal, unir le bien avec le mal, c'est donc ne plus savoir ce qui est bien.
C'est fondamental dans la pensée judéo-chrétienne parce cela rend nécessaire une création nouvelle (apportée par le Christ pour les chrétiens). L'homme se voit incapable d'appliquer lui-même, seul, le commandement divin qui lui est pourtant ordonné « tu ôteras le mal d'au dedans de toi », cela nécessite une collaboration avec Dieu.
C'est une des grandes différences fondamentales avec l'Islam, puisque dans le Judaïsme et le Christianisme la coopération de Dieu et de l'homme est nécessaire, sa simple évocation dans l'Islam est un blasphème (associationnisme).
À noter que l'outil de traduction Google ne se débrouille pas trop mal pour traduire de l'hébreu vers le français.
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: Pourquoi un logiciel spécifique ?
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Logiciel de bible (pape toussa), Tanguy Ortolo est demandé!. Évalué à 5.
À noter que sans installer de logiciel comme Xiphos ou Biblia Clerus, il existe le très bon outil en ligne (quoiqu'un peu lourd à charger) http://www.judeopedia.org/ qui permet une lecture comparée de plusieurs versions, dont les versions françaises Louis Segond, Samuel Cahen, John Darby et André Chouraqui, en Hébreu selon plusieurs écritures, notamment en hébreux vocalisé (traditionnellement seules les consonnes sont écrites) et phonétisé (avec l'alphabet latin), en grec avec la Septante, et en latin avec la Vulgate.
Ce genre d'outil est pratique, ça permet par exemple de repérer que :
soient vraiment le même mot "ידע" sans préfixe (le préfixe est à droite puisqu'on lit de droite à gauche), de même que (toujours) dans
À la différence de :
On retrouve bien la même racine "דע" dans ce mot, mais préfixés et ce sont des mots différents.
C'est important parce que cela montre que la connaissance divine est décrite de la même manière que l'union charnelle de l'homme et de la femme (ou l'inverse) ce qui est spécifique à la pensée judéo-chrétienne (on écrit aussi que Dieu connaît son peuple).
Aussi, la « connaissance du bien et du mal » n'apparait pas comme un savoir plus grand, tel que beaucoup l'interprètent en disant « ils voulaient en savoir plus ». Connaitre le bien et ne mal ce n'est pas savoir ce qu'est le mal en plus du bien, cela signifie unir le mal avec le bien, connaître le bien quand il est mal. Le bien étant la création (« et Dieu vit que cela était bon »), connaître le bien et le mal c'est unir la création à ce qui n'est pas bon, c'est donc détruire la création. Connaître le bien et le mal, unir le bien avec le mal, c'est donc ne plus savoir ce qui est bien.
C'est fondamental dans la pensée judéo-chrétienne parce cela rend nécessaire une création nouvelle (apportée par le Christ pour les chrétiens). L'homme se voit incapable d'appliquer lui-même, seul, le commandement divin qui lui est pourtant ordonné « tu ôteras le mal d'au dedans de toi », cela nécessite une collaboration avec Dieu.
C'est une des grandes différences fondamentales avec l'Islam, puisque dans le Judaïsme et le Christianisme la coopération de Dieu et de l'homme est nécessaire, sa simple évocation dans l'Islam est un blasphème (associationnisme).
À noter que l'outil de traduction Google ne se débrouille pas trop mal pour traduire de l'hébreu vers le français.
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