• [^] # Re: L'échec de la philosophie libre

    Posté par . En réponse à la dépêche Dites au W3C : nous ne voulons pas d'un Hollyweb. Évalué à 3.

    J’ose croire que si certaines entreprises utilisent du libre, c’est parce qu’il est possible de l’adapter à leurs besoins. Parce qu’ils savent qu’ils ne se feront pas entuber à la prochaine mise à jour, qu’ils ne se feront pas espionner ou cracké, que souvent ces applications utilisent des formats normalisés et/ou standards, etc.
    Si toutes les entreprises utilisaient du logiciel libre, elles ne voudraient plus utiliser de logiciel privateur parce que le contrat est injuste — du fait que ça soit un logiciel non-libre — de ce logiciel ne sera pas accepté.
    Le but du logiciel libre: proposer un logiciel qui n’est pas une arnaque, un logiciel que l’on peut exploiter au maximum sans restrictions débiles.
    C’est quand même la moindre des choses d’avoir le droit de faire ce que l’on veut d’un logiciel que l’on utilise. «Soit l’utilisateur contrôle le logiciel, soit c’est le logiciel qui contrôle l’utilisateur».

    En fait, les licences libres sont simplement des contrats qui garantissent que l’on respectera une certaine éthique — qui devrait être la norme dans une société civilisée — celle d’être juste et de permettre à tout à chacun de ne pas être esclave des autres (donc la liberté).
    Être libriste, c’est reconnaitre que les avantages techniques et juridiques accordées à tout à chacun qui permettent l’exercice de notre liberté lorsque l’on utilise un logiciel libre, ça devrait être normal et pas l’exception. Si le logiciel libre a du succès, c’est parce que son mode de développement est bénéfique à la société. Qu’une entreprise l’utilise pour ses qualités techniques est génial — ça veut dire que le logiciel libre devient la règle et non plus l’exception.

    Pour les utilisateurs je ne pense pas que ça fonctionne comme ça, et d’ailleurs c’est bien pour ça que le libre fonctionne moins bien avec le grand public. Les utilisateurs ne sont souvent pas à même de profiter du fait qu’un logiciel soit libre, ils ne sont souvent même pas fichu de s’inquiéter des prisons dorées des magasins d’application, de l’informatique dans les nuages et la parte de contrôle de leur données. Mais à mon avis ça viendra, il faudra juste de très très longues années de lutte, de communication et d’investissement pour que les utilisateurs lambda y fassent attention (et comme de plus en plus de personnes utilisent l’informatique, je pense que plus de personnes se rendront compte du problème).

    Tu comprendras que je suis résolument optimiste, je suis persuadé qu’il sera de plus en plus facile de monter son propre serveur auto-hébergé et de n’utiliser que des logiciels libres. Ceux qui rechercheront la liberté la trouveront facilement. Pour les autres, il faudra s’armer de patience, mais je pense que le niveau global en connaissance de l’informatique va augmenter au fil du temps, donc potentiellement plus de personnes à même de comprendre les enjeux et se rallier à notre cause. Il suffit juste de ne pas lâcher l’affaire et de créer les outils qui nous serviront à remplacer les services des grandes entreprises et ainsi échapper à leur contrôle.

    À l’heure où les DRM sous GNU/Linux, on peut penser à l’échec du mouvement du libre, pourtant je ne le crois pas (la plupart des joueurs étant déjà clients de Steam à la base). Et même, cela va participer à la démocratisation de GNU/Linux, et donc à la diffusion de sa culture et de ses courants de pensées.
    Pour que le mouvement écologique soit un succès, faut-il que tout le monde soit à fond dans l’écologie, où suffit-il que tout le monde trie ses déchets et n’utilisent pas de polluants? Les mentalités évoluent et quand le logiciel libre sera devenu normal les logiciel privateurs deviendront rares. De ce fait, les utilisateurs qui s’y connaitront un peu en informatique auront tendance à éviter les logiciels privateurs comme si c’était un virus ou un logiciel malveillant.

    On pourrait croire que j’ai une vision de bisounours, pourtant les droits de l’homme sont aujourd’hui considérées comme normaux dans pas mal de pays. À nous d’organiser la guerre numérique pour reprendre les droits et libertés qui nous ont été volés, grappillés au fur et à mesure du temps.

    Écrit en Bépo selon l’orthographe de 1990