il a simplement reproduit dans son œuvre les rapports humains qu'il a pu observer dans la vraie vie, sans leur opposer de filtre critique.
Je mets en gras ce qui me frappe.
J’aimerais bien savoir ce qui lui fait dire que l’auteur n’a pas eu de filtre critique. C’est une accusation totalement gratuite. :( Les livres de Herbert m’inclinent à penser exactement le contraire.
Je vais être violent, mais cette manière de faire m’évoque le maccarthysme, la recherche minutieuse et obsessionnelle de tout ce qui pourrait même de très loin, très hypothétiquement, s’apparenter à ce qu’on cherche à éradiquer, sur les indices les plus ténus, voire frauduleux, et tant pis si on accuse des innocents et qu’on les blâme pour des raisons ineptes. La raison n’a plus d’importance, seule la condamnation aveugle doit aboutir.
Avec de telles personnes, les historiens ne pourraient sans doute plus rien écrire sur les sociétés d’autrefois sans prouver qu’ils ont bien passé leur esprit au « filtre critique ».
Note que tu peux avoir une démarche critique sur une oeuvre à propos de son prétendu sexisme, tout en adhérant pas forcément au feminisme en tant que doctrine politique, non plus. Tu peux prendre aussi du recul, l'oeuvre s'inscrit dans une époque, quel était la place des femmes à l'époque et dans la société de l'auteur.
Oui, mais c’est précisément l’auteur de l’article qui me semble manquer de recul. J’ai un peu parcouru son blog, et sa propension à étiqueter féministe/pas féministe certaines œuvres de science-fiction m’a fait rire, rire jaune, en fait.
Alors, voyons, tout ce qu’elle retient d’Aliens, c’est que le film n’est là que pour rappeler que Ripley n’est qu’une femme. Ah ?
Je cite :
Le second opus, Aliens, se chargera de nous rappeler que Ripley n'est, somme toute, qu'une femme. On lui découvre une fille sur Terre — grandie, vieillie et morte durant le voyage de sa mère. Premier rappel : une femme, une vraie, ne saurait être sans enfant.
La machiavélique entreprise Weyland-Yutani la renvoie donc, seule et sans attaches, défendre une colonie glacée contre de multiples aliens. Cette fois, l'équipage est plus sympa : Ripley nouera une relation romantique avec le bellâtre de service. Elle adoptera aussi une blondinette, en remplacement de son enfant perdu. Rassuez-vous, patriarcat : l'indomptable Ripley est rentrée dans le rang, elle a amour masculin et petit enfant.
WTF ? Et elle n’en dira rien d’autre. Comment ne pas voir que la mort de l’enfant de Ripley, c’est pour insister sur la déconnexion avec son passé et pour accroître l’aspect dramatique de l’histoire. Même procédé si ç’avait été un homme. Que vient foutre le féminisme là-dedans ?
Ensuite, une « relation romantique » des plus ténues, à peine amorcée dans le film, dénote-t-elle d’un certain sexisme ? Une femme ne peut-elle plaire ou être attirée sans que ça indique autre chose que ce que c’est, de l’attirance ? Une féministe ne devrait donc pas avoir de relation ? Et pour plaire aux féministes, il eût fallu qu’elle n’ait rien à foutre de la gamine ? Un homme eût agi de la sorte n’aurait pas essuyé de telles critiques, étrangement.
J’ai même le sentiment que si Ripley avait agi autrement, comme une femme badass, qui ne se collète pas avec un type, on aurait eu droit à une critique du genre : femme inaccessible, guerrière indomptable, objet de fantasme, qu’aucun homme ne pourrait approcher (preuve de sexisme latent de l’œuvre, puisque loin de la réalité). Et si Ripley avait été insensible au sort de la gamine, ce serait une salope sans-cœur, et qu’est-ce qu’on n’aurait pas dit alors ? Je n’ose l’imaginer.
J’apprends ensuite que, « la prélogie Star Wars apparaît comme féministe ». Ah ? Bon tout le site semble du même tonneau. Le classement féministe/pas féministe me paraît capillotracté. Je n’ai pas trop creusé. Toutes les conneries qu’on raconte sur Internet ne méritent pas qu’on s’y attardent… mais là, c’est à désespérer.
Le “Rêve de fer”, je n’ai pas lu. Donc, pas d’avis.
Quant à Tolkien, j’ai lu, mais je n’ai pas aimé, donc j’ai vite oublié. Un ami m’avait autrefois expliqué que le texte des Terres du Milieu était teinté de racisme (les gens de couleur étant associés à Sauron), et ça m’avait paru assez convaincant après coup. Est-ce que cette société pseudo-médiévale indique aussi un sexisme latent ? Mes amies féministes (qui ont aimé ou pas aimé) ne m’ont rien dit à ce sujet. :)
[^] # Re: J'ai pas tout lu mais il y a quand même un truc qui me gène ...
Posté par coid . En réponse au journal [Attention, journal bookmark ET féministe] Tiens, prends ça, tu le mérites !. Évalué à 10. Dernière modification le 18 mars 2013 à 17:29.
Je mets en gras ce qui me frappe.
J’aimerais bien savoir ce qui lui fait dire que l’auteur n’a pas eu de filtre critique. C’est une accusation totalement gratuite. :( Les livres de Herbert m’inclinent à penser exactement le contraire.
Je vais être violent, mais cette manière de faire m’évoque le maccarthysme, la recherche minutieuse et obsessionnelle de tout ce qui pourrait même de très loin, très hypothétiquement, s’apparenter à ce qu’on cherche à éradiquer, sur les indices les plus ténus, voire frauduleux, et tant pis si on accuse des innocents et qu’on les blâme pour des raisons ineptes. La raison n’a plus d’importance, seule la condamnation aveugle doit aboutir.
Avec de telles personnes, les historiens ne pourraient sans doute plus rien écrire sur les sociétés d’autrefois sans prouver qu’ils ont bien passé leur esprit au « filtre critique ».
Oui, mais c’est précisément l’auteur de l’article qui me semble manquer de recul. J’ai un peu parcouru son blog, et sa propension à étiqueter féministe/pas féministe certaines œuvres de science-fiction m’a fait rire, rire jaune, en fait.
Alors, voyons, tout ce qu’elle retient d’Aliens, c’est que le film n’est là que pour rappeler que Ripley n’est qu’une femme. Ah ?
Je cite :
WTF ? Et elle n’en dira rien d’autre. Comment ne pas voir que la mort de l’enfant de Ripley, c’est pour insister sur la déconnexion avec son passé et pour accroître l’aspect dramatique de l’histoire. Même procédé si ç’avait été un homme. Que vient foutre le féminisme là-dedans ?
Ensuite, une « relation romantique » des plus ténues, à peine amorcée dans le film, dénote-t-elle d’un certain sexisme ? Une femme ne peut-elle plaire ou être attirée sans que ça indique autre chose que ce que c’est, de l’attirance ? Une féministe ne devrait donc pas avoir de relation ? Et pour plaire aux féministes, il eût fallu qu’elle n’ait rien à foutre de la gamine ? Un homme eût agi de la sorte n’aurait pas essuyé de telles critiques, étrangement.
J’ai même le sentiment que si Ripley avait agi autrement, comme une femme badass, qui ne se collète pas avec un type, on aurait eu droit à une critique du genre : femme inaccessible, guerrière indomptable, objet de fantasme, qu’aucun homme ne pourrait approcher (preuve de sexisme latent de l’œuvre, puisque loin de la réalité). Et si Ripley avait été insensible au sort de la gamine, ce serait une salope sans-cœur, et qu’est-ce qu’on n’aurait pas dit alors ? Je n’ose l’imaginer.
J’apprends ensuite que, « la prélogie Star Wars apparaît comme féministe ». Ah ? Bon tout le site semble du même tonneau. Le classement féministe/pas féministe me paraît capillotracté. Je n’ai pas trop creusé. Toutes les conneries qu’on raconte sur Internet ne méritent pas qu’on s’y attardent… mais là, c’est à désespérer.
Le “Rêve de fer”, je n’ai pas lu. Donc, pas d’avis.
Quant à Tolkien, j’ai lu, mais je n’ai pas aimé, donc j’ai vite oublié. Un ami m’avait autrefois expliqué que le texte des Terres du Milieu était teinté de racisme (les gens de couleur étant associés à Sauron), et ça m’avait paru assez convaincant après coup. Est-ce que cette société pseudo-médiévale indique aussi un sexisme latent ? Mes amies féministes (qui ont aimé ou pas aimé) ne m’ont rien dit à ce sujet. :)