J'ai déjà lu d'autres articles du même auteur et nous y retrouvons systématiquement les problèmes récurrents et sérieux.
Certains d'entre vous l'ont peut-être déjà remarqué, beaucoup semblent trouver cela normal. Cela me choque, cela devrait aussi vous choquer, les féministes pas moins que les autres : il y a une tendance forte à la généralisation, à l'amalgame systématique de sujets différents, le contenu est alarmiste et, selon moi, nous pourrions en trouver bien plus mais je vais m'arrêter là, cela étant bien plus que suffisant.
On commence ? Allez, soyons fous.
Le titre : « Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier »
« Notre communauté ». Où ça ? Comme quelqu'un l'a dit dans un commentaire déjà, il n'y a pas de « communauté geek ».
C'est un mot valise que beaucoup de gens emploient pour désigner des choses totalement différentes.
Ici l'auteur semble parler de jeux vidéos, dans un premier temps, puis de BD, puis du développement de logiciels sur IRC (d'après UNE expérience personnelle) puis d'articles sortis par d'autres personnes, puis du Parti Pirate, puis… ok donc on ne parle pas vraiment d'une seule communauté, on parle carrément de toute personne ayant touché de près ou de loin à une manette, à un clavier ou vaguement à un livre.
Donc, reprenons, on parle d'abord des jeux vidéos et de son côté totalement machiste.
Ok. Alors pour bien « prouver » et démontrer tout ceci, allons à des évènements et regardons des magazines dédiées à une infime partie des jeux vidéos parmi ceux qui rapportent le plus. Ayé, puisqu'on voit bien qu'il y a des blagues qui ne sont pas au goût de tous et qui peuvent parfois avoir une connotation sexiste dans un but humouristique alors nécessairement TOUTE LA COMMUNAUTÉ est basée sur le sexisme ambiant. Cela ne peut évidemment pas être simplement un trait d'_humour_ quelconque, même vaseux, non, c'est une preuve de sexisme. D'ailleurs c'est bien connu, toute personne faisant un jour une blague raciste est raciste, toute personne faisant une blague homophobe est homophobe…
Oh, mais je m'emporte, à cela je suppose qu'on pourrait me rétorquer que non, ce n'est pas une preuve de sexisme réellement en soit mais plutôt que cela est bien dommage de tenir ce genre de propos car cela contribue à garder une certaine image de la femme (etc…, je zappe pour faire court, pas parce que je méprise ce genre de propos). D'accord. Donc la réponse à ceci serait quoi ? D'interdire de laisser ce genre de commentaires dans les magazines, d'interdire de faire des jeux vidéo avec des filles jolies avec des gros seins et d'interdire les comics ? Ah. Je crois que je vais toucher à une corde sensible (ou qui selon moi devrait l'être pour tout le monde) : l'interdiction.
Effectivement, si nous nous disons maintenant que faire de l'_humour_ aux dépends d'autrui est immonde et qu'il serait bien plus profitable pour tous d'interdire cela pour que les jeunes esprits puissent être formatés autrement, et ainsi avoir des contenus éditoriaux plus purs, vous remarqueriez que, bizarrement, l'idée qui semble si bonne à priori apparaît bien pire que le mal dont il est question au départ.
Je cherche un petit peu quoi dire sur l'ensemble de l'article et… quand on y regarde de plus près, la quasi-totalité de l'article parle d'évènements indépendants ou isolés. Il est souvent question d'un évènement quelconque où un homme a pris le dessus sur une femme, ou qu'un groupe de personnes (des hommes, bien entendu) se sont attaqués virtuellement à la photo d'une (malheureuse) femme (sans défense). On sort aussi la photographie d'une femme qui a été mutilée (oui oui, vous ne rêvez pas au début on parlait d'un jeu vidéo et maintenant on a l'image d'une femme battue). Bref, sortez les mouchoirs et acclamez haut et fort que tousWWqu'une grande partie des hommesWWde la communauté est sexiste.
À partir de là, tout est permis. Je doute avoir besoin de tenir beaucoup plus longtemps mon discours, juste un petit exemple qui me semble en dire long.
CITATION
« La critique et journaliste Maddy Myers écrit un article sur le machisme terrifiant de la communauté des jeux de baston : mépris, exclusion, paternalisme, refus de jouer ou rage de perdre face à "une gonzesse"… Sans surprise, des centaines de commentaires et d’e-mails de mecs indignés. C’est elle qui invente le problème, c’est elle qui est sexiste, c’est elle qui stigmatise la communauté, c’est un problème mineur, "tu aurais dû…" , accusations de misandrie, les joueurs se sentent "trahis" …Refrain connu. Elle évoque aussi d’innombrables e-mails de la part d’hommes trentenaires lui expliquant "Quand j’étais jeune, les femmes ne jouaient pas aux jeux vidéo et on était pas emmerdés". Ben tiens. »
FIN DE CITATION
Nous voyons dans cet exemple qu'il n'est nul question de savoir si l'article de cette personne était valable, non, il l'était forcément et on reprend les commentaires des « mecs indignés » (oui, ce sont forcément des hommes qui n'aiment pas cet article) comme de la mauvaise foi.
Il m'est difficile de montrer plus encore à quel point le fond de l'article semble mépriser totalement les avis différents du sien. Nous n'avons pas tous la même sensibilité, ce n'est pas un avis c'est un constat. Et lorsqu'une personne exprime son désaccord, on ne cherche pas ici à montrer pourquoi cette personne a tort, on s'attaque à sa façon de le dire, quand ce n'est pas simplement s'attaquer à cette personne directement (ce n'est qu'un mec qui écrit ça après tout).
Il arrive que des personnes soient d'accord avec ce qui est écrit sur un article quelconque de ce site, et voici comment l'auteur intimide et tente de donner honte sur ces personnes :
CITATION
« Régulièrement j’ai des gentils geeks blancs-hétéros-classe-moyenne qui viennent me parler de « l’oppression des geeks » – parce qu’on se serait moqué d’eux au lycée et que la fille dont ils étaient amoureux n’a pas voulu sortir avec eux. Ils parlent souvent de « nerdface » à propos de la série The Big Bang Theory, comme parallèle au « blackface » – les caricatures racistes du 19ème siècle. Un pote intelligent par ailleurs a insisté pour tirer des parallèles entre l’oppression des noirs, l’oppression des homosexuels…et l’oppression des geeks. Ils se sont mis à plusieurs pour parler d’ »oppression institutionnalisée » à propos du fait que l’Etat utilise des formats Flash non-libres sur les sites publics. Voilà de quoi il s’agit quand on parle de complexe de martyr et de déconnexion des réalités : de jeunes hommes blancs cis-hétéros de classe aisée parfaitement ignorants de toute sociologie, aveuglés par leurs privilèges au point de se percevoir sincèrement comme opprimés par la société quand ils en forment la classe dominante.
Un terrain fertile pour les pires idées masculinistes qui circulent allègrement et sans contradiction dans ces espaces homogènes. »
FIN DE CITATION
Et oui, le fait que notre gouvernement utilise du flash dans ses pages web est un problème de « gentils geeks blancs-hétéros-classe-moyenne aveuglés par leurs privilèges». Si notre priorité dans la vie ce n'est pas combattre le patriarcat (si bien démontré par tous les évènements isolés que relate l'article), alors nous sommes de misérables hommes ayant des idées masculinistes.
Bref, je vais m'arrêter là, je doute fortement de l'utilité de l'article, et connaissant les autres articles publiés sur ce site, des propos de cet auteur.
TL;DR : je n'aime pas la façon dont l'article est tourné, et ce pour de multiples raisons.
# Lisez les autres articles également.
Posté par karchnu (site web personnel) . En réponse au journal [Attention, journal bookmark ET féministe] Tiens, prends ça, tu le mérites !. Évalué à 0.
J'ai déjà lu d'autres articles du même auteur et nous y retrouvons systématiquement les problèmes récurrents et sérieux.
Certains d'entre vous l'ont peut-être déjà remarqué, beaucoup semblent trouver cela normal. Cela me choque, cela devrait aussi vous choquer, les féministes pas moins que les autres : il y a une tendance forte à la généralisation, à l'amalgame systématique de sujets différents, le contenu est alarmiste et, selon moi, nous pourrions en trouver bien plus mais je vais m'arrêter là, cela étant bien plus que suffisant.
On commence ? Allez, soyons fous.
Le titre : « Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier »
« Notre communauté ». Où ça ? Comme quelqu'un l'a dit dans un commentaire déjà, il n'y a pas de « communauté geek ».
C'est un mot valise que beaucoup de gens emploient pour désigner des choses totalement différentes.
Ici l'auteur semble parler de jeux vidéos, dans un premier temps, puis de BD, puis du développement de logiciels sur IRC (d'après UNE expérience personnelle) puis d'articles sortis par d'autres personnes, puis du Parti Pirate, puis… ok donc on ne parle pas vraiment d'une seule communauté, on parle carrément de toute personne ayant touché de près ou de loin à une manette, à un clavier ou vaguement à un livre.
Donc, reprenons, on parle d'abord des jeux vidéos et de son côté totalement machiste.
Ok. Alors pour bien « prouver » et démontrer tout ceci, allons à des évènements et regardons des magazines dédiées à une infime partie des jeux vidéos parmi ceux qui rapportent le plus. Ayé, puisqu'on voit bien qu'il y a des blagues qui ne sont pas au goût de tous et qui peuvent parfois avoir une connotation sexiste dans un but humouristique alors nécessairement TOUTE LA COMMUNAUTÉ est basée sur le sexisme ambiant. Cela ne peut évidemment pas être simplement un trait d'_humour_ quelconque, même vaseux, non, c'est une preuve de sexisme. D'ailleurs c'est bien connu, toute personne faisant un jour une blague raciste est raciste, toute personne faisant une blague homophobe est homophobe…
Oh, mais je m'emporte, à cela je suppose qu'on pourrait me rétorquer que non, ce n'est pas une preuve de sexisme réellement en soit mais plutôt que cela est bien dommage de tenir ce genre de propos car cela contribue à garder une certaine image de la femme (etc…, je zappe pour faire court, pas parce que je méprise ce genre de propos). D'accord. Donc la réponse à ceci serait quoi ? D'interdire de laisser ce genre de commentaires dans les magazines, d'interdire de faire des jeux vidéo avec des filles jolies avec des gros seins et d'interdire les comics ? Ah. Je crois que je vais toucher à une corde sensible (ou qui selon moi devrait l'être pour tout le monde) : l'interdiction.
Effectivement, si nous nous disons maintenant que faire de l'_humour_ aux dépends d'autrui est immonde et qu'il serait bien plus profitable pour tous d'interdire cela pour que les jeunes esprits puissent être formatés autrement, et ainsi avoir des contenus éditoriaux plus purs, vous remarqueriez que, bizarrement, l'idée qui semble si bonne à priori apparaît bien pire que le mal dont il est question au départ.
Je cherche un petit peu quoi dire sur l'ensemble de l'article et… quand on y regarde de plus près, la quasi-totalité de l'article parle d'évènements indépendants ou isolés. Il est souvent question d'un évènement quelconque où un homme a pris le dessus sur une femme, ou qu'un groupe de personnes (des hommes, bien entendu) se sont attaqués virtuellement à la photo d'une (malheureuse) femme (sans défense). On sort aussi la photographie d'une femme qui a été mutilée (oui oui, vous ne rêvez pas au début on parlait d'un jeu vidéo et maintenant on a l'image d'une femme battue). Bref, sortez les mouchoirs et acclamez haut et fort que tousWWqu'une grande partie des hommesWWde la communauté est sexiste.
À partir de là, tout est permis. Je doute avoir besoin de tenir beaucoup plus longtemps mon discours, juste un petit exemple qui me semble en dire long.
CITATION
« La critique et journaliste Maddy Myers écrit un article sur le machisme terrifiant de la communauté des jeux de baston : mépris, exclusion, paternalisme, refus de jouer ou rage de perdre face à "une gonzesse"… Sans surprise, des centaines de commentaires et d’e-mails de mecs indignés. C’est elle qui invente le problème, c’est elle qui est sexiste, c’est elle qui stigmatise la communauté, c’est un problème mineur, "tu aurais dû…" , accusations de misandrie, les joueurs se sentent "trahis" …Refrain connu. Elle évoque aussi d’innombrables e-mails de la part d’hommes trentenaires lui expliquant "Quand j’étais jeune, les femmes ne jouaient pas aux jeux vidéo et on était pas emmerdés". Ben tiens. »
FIN DE CITATION
Nous voyons dans cet exemple qu'il n'est nul question de savoir si l'article de cette personne était valable, non, il l'était forcément et on reprend les commentaires des « mecs indignés » (oui, ce sont forcément des hommes qui n'aiment pas cet article) comme de la mauvaise foi.
Il m'est difficile de montrer plus encore à quel point le fond de l'article semble mépriser totalement les avis différents du sien. Nous n'avons pas tous la même sensibilité, ce n'est pas un avis c'est un constat. Et lorsqu'une personne exprime son désaccord, on ne cherche pas ici à montrer pourquoi cette personne a tort, on s'attaque à sa façon de le dire, quand ce n'est pas simplement s'attaquer à cette personne directement (ce n'est qu'un mec qui écrit ça après tout).
Il arrive que des personnes soient d'accord avec ce qui est écrit sur un article quelconque de ce site, et voici comment l'auteur intimide et tente de donner honte sur ces personnes :
CITATION
« Régulièrement j’ai des gentils geeks blancs-hétéros-classe-moyenne qui viennent me parler de « l’oppression des geeks » – parce qu’on se serait moqué d’eux au lycée et que la fille dont ils étaient amoureux n’a pas voulu sortir avec eux. Ils parlent souvent de « nerdface » à propos de la série The Big Bang Theory, comme parallèle au « blackface » – les caricatures racistes du 19ème siècle. Un pote intelligent par ailleurs a insisté pour tirer des parallèles entre l’oppression des noirs, l’oppression des homosexuels…et l’oppression des geeks. Ils se sont mis à plusieurs pour parler d’ »oppression institutionnalisée » à propos du fait que l’Etat utilise des formats Flash non-libres sur les sites publics. Voilà de quoi il s’agit quand on parle de complexe de martyr et de déconnexion des réalités : de jeunes hommes blancs cis-hétéros de classe aisée parfaitement ignorants de toute sociologie, aveuglés par leurs privilèges au point de se percevoir sincèrement comme opprimés par la société quand ils en forment la classe dominante.
Un terrain fertile pour les pires idées masculinistes qui circulent allègrement et sans contradiction dans ces espaces homogènes. »
FIN DE CITATION
Et oui, le fait que notre gouvernement utilise du flash dans ses pages web est un problème de « gentils geeks blancs-hétéros-classe-moyenne aveuglés par leurs privilèges». Si notre priorité dans la vie ce n'est pas combattre le patriarcat (si bien démontré par tous les évènements isolés que relate l'article), alors nous sommes de misérables hommes ayant des idées masculinistes.
Bref, je vais m'arrêter là, je doute fortement de l'utilité de l'article, et connaissant les autres articles publiés sur ce site, des propos de cet auteur.
TL;DR : je n'aime pas la façon dont l'article est tourné, et ce pour de multiples raisons.