Il y a une différence entre la logique et la moindre des choses. Parfois, on choisit une licence en se disant que les utilisateurs vont jouer le jeu. Puis on se rend compte qu'ils se contentent du strict minimum. C'est même arrivé entre des auteurs BSD et des auteurs GPL (les premiers râlant sur le fait que les modifications soient en GPL (enfin, l'affaire était plus compliquée que ça, mais c'est ce qu'on en a retenu)).
Ça doit pas être agréable de se rendre compte qu'un c*****d a décidé d'utiliser les droits qu'on lui à donné de la manière la plus égoïste possible. Mais c'est vrai que ça veux dire qu'à un moment, on a commis une erreur (une erreur de jugement, je dirais).
Ta vision du libre est une vision altruiste, l'idée est de forcer la coopération. Mais la vision partagée du libre est une vision « préventive » : on ne veut pas forcer les gens à coopérer, mais on veut le leur permettre, et dans le cas du copyleft, empêcher la disparition de cette possibilité.
Il y a trois mots clefs : forcer, permettre, empêcher. Tu as été critiqué sur ton désir de forcer. Permettre pose rarement des problèmes, et empêcher est à utiliser avec modération.
Après, je dis ça en simplifiant les choses, et je me contredis déjà si on lit mes commentaires sur la licence vim (car il y a une part de forçage dans cette licence). De plus, on peut jouer sur les mots en disant « la GPL force la licence de nos modifications ». Ici, je n'argumente pas (parce que ce serait pauvre, comme argumentation), j'essaye de proposer un moyen de reconnaître le « bien » du « mal » (définissez ces mots comme vous voulez, dans ce contexte, ce serait « irréprochable »/« qui provoque des moqueries »)
J'aurais juste un conseil, avant que tu ne passes définitivement sur la RPL : si ton programme est empaqueté dans certaines distributions (en plus de la version que tu propose sur ton site), vérifie que ça ne compromette pas cette possibilité (vis à vis des DFSG, par exemple). Après, tu peux t'en foutre. Tu seras de toute façon critiqué sur la licence (c'est GPL, je préfère BSD – c'est approuvé que par l'OSI, je veux du FSF) ou ta vision du libre (parce que pas deux pensent pareil, malgré mes discours sur le « c'est simple », on voit que même des groupes de personnes comme la FSF et l'OSI n'arrivent pas à se mettre réellement d'accord).
Personnellement, j'aime bien les licences très permissives pour m'éviter ce genre de surprise : si j'utilise une WTFPL, une MIT ou ma LRL, c'est parce que je sais que les gens vont pouvoir en faire n'importe quoi, et qu'ils ont donc peut de chance de ne pas respecter les droits que je leur ai donné. Mais ça veut aussi dire que j'ai pleinement accepté les situations telles que celle que tu décris. Si un jour je suis surpris, ce sera plus de ne pas accepter ce qu'a permis la licence que l'utilisation elle même.
[^] # Re: RPL
Posté par daeldir . En réponse au journal License open source. Évalué à 7.
Il y a une différence entre la logique et la moindre des choses. Parfois, on choisit une licence en se disant que les utilisateurs vont jouer le jeu. Puis on se rend compte qu'ils se contentent du strict minimum. C'est même arrivé entre des auteurs BSD et des auteurs GPL (les premiers râlant sur le fait que les modifications soient en GPL (enfin, l'affaire était plus compliquée que ça, mais c'est ce qu'on en a retenu)).
Ça doit pas être agréable de se rendre compte qu'un c*****d a décidé d'utiliser les droits qu'on lui à donné de la manière la plus égoïste possible. Mais c'est vrai que ça veux dire qu'à un moment, on a commis une erreur (une erreur de jugement, je dirais).
Ta vision du libre est une vision altruiste, l'idée est de forcer la coopération. Mais la vision partagée du libre est une vision « préventive » : on ne veut pas forcer les gens à coopérer, mais on veut le leur permettre, et dans le cas du copyleft, empêcher la disparition de cette possibilité.
Il y a trois mots clefs : forcer, permettre, empêcher. Tu as été critiqué sur ton désir de forcer. Permettre pose rarement des problèmes, et empêcher est à utiliser avec modération.
Après, je dis ça en simplifiant les choses, et je me contredis déjà si on lit mes commentaires sur la licence vim (car il y a une part de forçage dans cette licence). De plus, on peut jouer sur les mots en disant « la GPL force la licence de nos modifications ». Ici, je n'argumente pas (parce que ce serait pauvre, comme argumentation), j'essaye de proposer un moyen de reconnaître le « bien » du « mal » (définissez ces mots comme vous voulez, dans ce contexte, ce serait « irréprochable »/« qui provoque des moqueries »)
J'aurais juste un conseil, avant que tu ne passes définitivement sur la RPL : si ton programme est empaqueté dans certaines distributions (en plus de la version que tu propose sur ton site), vérifie que ça ne compromette pas cette possibilité (vis à vis des DFSG, par exemple). Après, tu peux t'en foutre. Tu seras de toute façon critiqué sur la licence (c'est GPL, je préfère BSD – c'est approuvé que par l'OSI, je veux du FSF) ou ta vision du libre (parce que pas deux pensent pareil, malgré mes discours sur le « c'est simple », on voit que même des groupes de personnes comme la FSF et l'OSI n'arrivent pas à se mettre réellement d'accord).
Personnellement, j'aime bien les licences très permissives pour m'éviter ce genre de surprise : si j'utilise une WTFPL, une MIT ou ma LRL, c'est parce que je sais que les gens vont pouvoir en faire n'importe quoi, et qu'ils ont donc peut de chance de ne pas respecter les droits que je leur ai donné. Mais ça veut aussi dire que j'ai pleinement accepté les situations telles que celle que tu décris. Si un jour je suis surpris, ce sera plus de ne pas accepter ce qu'a permis la licence que l'utilisation elle même.