Ne pensez-vous pas que de nos jours nous devrions nous contenter de poisson d'élevage afin de préserver certaines espèces ?
je suis 101% d'accord avec toi, même si le goût est moins prononcé que pour un poisson sauvage, je préfère ça que favoriser avec mon argent le massacre auquel s'adonnent les chalutiers.
Je pense qu'une fois encore on s’arrête à la périphérie du problème et aux seuls aspects médiatisés. Oui il me semble nécessaire d’interdire la surexploitation des océans, oui un développement de l'élevage semble être une bonne solution. Mais de quelle pêche et de quel élevage parle-t-on ?
En matière de pêche l'Europe a choisi une politique de quotas et une réglementation des filets. Soit, mais son application concrète se fait toujours en favorisant les armateurs industriels au détriment des petits bateaux. Dans un des films documentaires à la vogue ces dernières années ("We feed the world" de Erwin Wagenhofer ? "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau ?) on voit des artisans pêcheurs obligés de communiquer leur plan de pêche et leurs relevés radar en temps réel, plans aussitôt communiqués (selon ces artisans) aux gros chalutiers. Quoiqu'il en soit une limitation de la taille des bateaux dans les zones surexploitées me semble tout aussi opérante et bien plus facile à contrôler, mais de ça il en est hors de question : toujours la sacro-sainte concurrence libre et non faussée.
Concernant l'élevage maintenant, avez-vous déjà visité une de ses fermes aquacoles de Norvège, véritables camps de concentration pour saumons. Ou ces trous dans la terre remplis d'eau de mer dans lesquelles sont élevés les gambas au Vietnam ? La densité y est telle que pour éviter toute épidémie l'emploi préventif d'antibiotiques est systématique. Pire encore ce sont des pesticides (du diflubenzuron) qui sont mélangés à la nourriture pour lutter contre un parasite appelé "pou de mer". Voir le rapport à ce sujet de l'ONG Green Warrion (2010) et cet article.
Bref, encore une fois c'est la démesure des entreprises industrielles qui constitue la menace la plus tangible.
Dans l'affaire de l'entreprise Spanghero ce n'est pas de trouver de la viande de cheval que je trouve dangereux, c'est l'opacité des circuits et l'aveuglement des industriels comme Findus qui trouvent normal d'acheter la viande 30% en dessous de son cours mais sans se poser la question de sa provenance. Bien sûr ce sont eux les coupables, et pas (seulement) la PME de l'Aude qui leur est pieds et poings liés. Tout comme c'est Apple et Nike qui sont coupables du travail des enfants et pas seulement leurs sous-traitants chinois.
Tout d'abord privilégier les circuits courts et les producteurs locaux. Ayant la chance d'habiter en Haute-Savoie j'achète ma viande de bœuf directement chez un éleveur dont je connais les méthodes : petit troupeau d'une trentaine de têtes passant la majeure partie de l'année en alpage. Idem pour la volaille, pour mes légumes, pour mon fromage… Même si vous habitez le 93 je suis certain que vous pouvez trouver une AMAP pas loin de chez vous.
Ensuite, et comme vous y incite mon modeste journal, en renonçant au plats préparés comme mode de consommation principal et en retrouvant le plaisir de la cuisine. Ce sera meilleur pour votre santé, pour votre porte-monnaie et vraisemblablement pour vos relations conjugales (surtout si ces messieurs daignent mettre la main à la pâte).
[^] # Re: Poisson
Posté par Vincent Gay (site web personnel) . En réponse au journal Variations sur un thème culinaire. Évalué à 10.
Je pense qu'une fois encore on s’arrête à la périphérie du problème et aux seuls aspects médiatisés. Oui il me semble nécessaire d’interdire la surexploitation des océans, oui un développement de l'élevage semble être une bonne solution. Mais de quelle pêche et de quel élevage parle-t-on ?
En matière de pêche l'Europe a choisi une politique de quotas et une réglementation des filets. Soit, mais son application concrète se fait toujours en favorisant les armateurs industriels au détriment des petits bateaux. Dans un des films documentaires à la vogue ces dernières années ("We feed the world" de Erwin Wagenhofer ? "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau ?) on voit des artisans pêcheurs obligés de communiquer leur plan de pêche et leurs relevés radar en temps réel, plans aussitôt communiqués (selon ces artisans) aux gros chalutiers. Quoiqu'il en soit une limitation de la taille des bateaux dans les zones surexploitées me semble tout aussi opérante et bien plus facile à contrôler, mais de ça il en est hors de question : toujours la sacro-sainte concurrence libre et non faussée.
Concernant l'élevage maintenant, avez-vous déjà visité une de ses fermes aquacoles de Norvège, véritables camps de concentration pour saumons. Ou ces trous dans la terre remplis d'eau de mer dans lesquelles sont élevés les gambas au Vietnam ? La densité y est telle que pour éviter toute épidémie l'emploi préventif d'antibiotiques est systématique. Pire encore ce sont des pesticides (du diflubenzuron) qui sont mélangés à la nourriture pour lutter contre un parasite appelé "pou de mer". Voir le rapport à ce sujet de l'ONG Green Warrion (2010) et cet article.
Bref, encore une fois c'est la démesure des entreprises industrielles qui constitue la menace la plus tangible.
Dans l'affaire de l'entreprise Spanghero ce n'est pas de trouver de la viande de cheval que je trouve dangereux, c'est l'opacité des circuits et l'aveuglement des industriels comme Findus qui trouvent normal d'acheter la viande 30% en dessous de son cours mais sans se poser la question de sa provenance. Bien sûr ce sont eux les coupables, et pas (seulement) la PME de l'Aude qui leur est pieds et poings liés. Tout comme c'est Apple et Nike qui sont coupables du travail des enfants et pas seulement leurs sous-traitants chinois.
Au sujet des "minerais de viandes" je vous suggère la lecture de ces deux articles :
- Minerai de viande : « Avant, on n’osait pas en faire de la bouffe pour chat (Rue 89)
- Viande, mensonges, traders, truands (blog de Patrick Le Hyaric)
À titre individuel que peut-on faire ?
Tout d'abord privilégier les circuits courts et les producteurs locaux. Ayant la chance d'habiter en Haute-Savoie j'achète ma viande de bœuf directement chez un éleveur dont je connais les méthodes : petit troupeau d'une trentaine de têtes passant la majeure partie de l'année en alpage. Idem pour la volaille, pour mes légumes, pour mon fromage… Même si vous habitez le 93 je suis certain que vous pouvez trouver une AMAP pas loin de chez vous.
Ensuite, et comme vous y incite mon modeste journal, en renonçant au plats préparés comme mode de consommation principal et en retrouvant le plaisir de la cuisine. Ce sera meilleur pour votre santé, pour votre porte-monnaie et vraisemblablement pour vos relations conjugales (surtout si ces messieurs daignent mettre la main à la pâte).