C'est un peu plus compliqué que ça, ce que touche l'auteur de BD.
Bon, ce qui suit vient de mes cours d'art appliqué, où qu'on nous apprenait à se faire baiser (ou pas, surtout pas) par les éditeurs. Je n'aurais donc pas vraiment de sources à vous fournir, désolé.
Il y a plusieurs modes de rémunération dans le domaine de la bande dessinée. Le cas où l'auteur touche des droits d'auteur est minoritaire (peu d'éditeurs proposent ça).
On commence toujours avec une avance sur les droits : l'éditeur prend un risque et nourrit un auteur. Il achète des pages, puis les revend.
C'est à partir de ces ventes que le mode de rémunération de l'auteur change. Je vais décrire du plus correct au plus salaud.
L'éditeur achète les pages, puis l'auteur touche un pourcentage sur chaque vente. En gros, l'avance+le droit d'auteur. C'est le Nirvana.
L'éditeur achète les pages. L'auteur ne touche rien immédiatement, mais à partir d'un certain volume de vente, l'avance de l'éditeur a été remboursée, et l'auteur commence enfin à toucher ses droits d'auteur. C'est un modèle plus répandu que le précédent, mais comme il y a beaucoup d'auteurs, beaucoup de BDs, bref, beaucoup de concurrence, les cas où l'avance est remboursée et où l'auteur peut toucher ses droits ne sont pas si courants.
L'éditeur achète les pages. Puis il vend, et une fois l'avance remboursée, il garde le surplus. Ça a été le contrat le plus merdique pendant longtemps.
L'éditeur achète les pages. Puis il vend. Si il vend pas assez, l'éditeur demande remboursement à l'auteur. Le cas a été évoqué, mais sans source. Je n'affirmerais donc pas que ça se fait, mais je le précise quand même, parce que notre prof nous avais dit que ça se faisait (surtout chez les éditeurs récents). (si cette dernière phrase vous donne l'impression que je suis un benêt, c'est que j'en suis un ;-))
Il y a énormément de cas où l'avance n'est pas remboursée, pas même à l'éditeur. L'éditeur nourrit ses auteurs grâce au revenus générés par ses « stars », en espérant qu'un de ses petits auteurs sorte du lot.
Le cas où un auteur s'auto-édite n'est donc pas si « facilement » viable. Parce qu'il n'y a pas l'avance, et que même si l'auteur touche directement le droit d'auteur, ce n'est pas dit qu'il gagne plus au final que s'il avait eu un éditeur.
Je parle bien sûr ici du modèle de rémunération traditionnel. C'est vrai que dans le schéma de distribution classique, l'éditeur ne touche pas tant que ça, et l'auteur encore moins. En économisant les coûts de production et de distribution, il doit être plus rapide de rembourser la bande dessinée.
Voici les rémunérations « traditionnelles » qu'on nous avait appris (moins cher, on commence à se faire entuber) : Pour une planche, 80€ le scénario, 160€ le dessin (couleur comprise). Une bande dessinée de 45 planches rapporte donc à l'auteur 10800€ s'il fait le scénario et le dessin. La dite bande dessinée met souvent un an ou plus à sortir (il y a des auteurs plus prolifiques, mais on veut de la qualité ;-)).
Tout comme l'auteur se fait payer au fur et à mesure qu'il livre les planches à l'éditeur, on peut supposer qu'il trouvera un moyen de se rémunérer en sortant ses planches une par une (ou deux par deux, qu'est ce que j'en sais ⸮). La condition pour survivre est donc de gagner 240€ par planche mise en ligne. Ou moins si on est assez productif. Comme ce montant est celui que l'auteur touche pour une planche dans le schéma traditionnel, il n'y a plus à supprimer le coût d'impression, de distribution, etc. (c'est déjà fait). Par contre, ça ne prend pas en compte les charges sociales et tout ce bazar que je ne maîtrise pas (comme si je « maîtrisais » ce qu'on a juste vu deux-trois fois en cours… :-°).
Je n'ai pas fait d'étude de marché ou quoi que ce soit d'approchant. Donc, je ne dirais pas « c'est facile » ou « c'est trop dur, n'importe quoi ». Mais quand je lis « l'auteur se fait 0.1€ par BD vendue » ou « il se rémunérera comme avant », ça ne me parle pas. Déjà, parce qu'avec l'avance de l'éditeur, un auteur peu se faire bien plus (cas de la BD qui est tellement nulle qu'elle ne se vend qu'une fois, l'auteur se fait 10000€ sur la BD (par contre il a plus de contrat…)). Et que s'il se coupe de l'éditeur, il va peut être gagner 0.1€ par BD, mais il sera rémunéré au nombre de BD réellement vendues, pas à une estimation ou un espoir de l'éditeur.
[^] # Re: Lapin compris
Posté par daeldir . En réponse au journal Mise à disposition progressive du contenu: bonne idée.. Évalué à 10.
C'est un peu plus compliqué que ça, ce que touche l'auteur de BD.
Bon, ce qui suit vient de mes cours d'art appliqué, où qu'on nous apprenait à se faire baiser (ou pas, surtout pas) par les éditeurs. Je n'aurais donc pas vraiment de sources à vous fournir, désolé.
Il y a plusieurs modes de rémunération dans le domaine de la bande dessinée. Le cas où l'auteur touche des droits d'auteur est minoritaire (peu d'éditeurs proposent ça).
On commence toujours avec une avance sur les droits : l'éditeur prend un risque et nourrit un auteur. Il achète des pages, puis les revend.
C'est à partir de ces ventes que le mode de rémunération de l'auteur change. Je vais décrire du plus correct au plus salaud.
Il y a énormément de cas où l'avance n'est pas remboursée, pas même à l'éditeur. L'éditeur nourrit ses auteurs grâce au revenus générés par ses « stars », en espérant qu'un de ses petits auteurs sorte du lot.
Le cas où un auteur s'auto-édite n'est donc pas si « facilement » viable. Parce qu'il n'y a pas l'avance, et que même si l'auteur touche directement le droit d'auteur, ce n'est pas dit qu'il gagne plus au final que s'il avait eu un éditeur.
Je parle bien sûr ici du modèle de rémunération traditionnel. C'est vrai que dans le schéma de distribution classique, l'éditeur ne touche pas tant que ça, et l'auteur encore moins. En économisant les coûts de production et de distribution, il doit être plus rapide de rembourser la bande dessinée.
Voici les rémunérations « traditionnelles » qu'on nous avait appris (moins cher, on commence à se faire entuber) : Pour une planche, 80€ le scénario, 160€ le dessin (couleur comprise). Une bande dessinée de 45 planches rapporte donc à l'auteur 10800€ s'il fait le scénario et le dessin. La dite bande dessinée met souvent un an ou plus à sortir (il y a des auteurs plus prolifiques, mais on veut de la qualité ;-)).
Tout comme l'auteur se fait payer au fur et à mesure qu'il livre les planches à l'éditeur, on peut supposer qu'il trouvera un moyen de se rémunérer en sortant ses planches une par une (ou deux par deux, qu'est ce que j'en sais ⸮). La condition pour survivre est donc de gagner 240€ par planche mise en ligne. Ou moins si on est assez productif. Comme ce montant est celui que l'auteur touche pour une planche dans le schéma traditionnel, il n'y a plus à supprimer le coût d'impression, de distribution, etc. (c'est déjà fait). Par contre, ça ne prend pas en compte les charges sociales et tout ce bazar que je ne maîtrise pas (comme si je « maîtrisais » ce qu'on a juste vu deux-trois fois en cours… :-°).
Je n'ai pas fait d'étude de marché ou quoi que ce soit d'approchant. Donc, je ne dirais pas « c'est facile » ou « c'est trop dur, n'importe quoi ». Mais quand je lis « l'auteur se fait 0.1€ par BD vendue » ou « il se rémunérera comme avant », ça ne me parle pas. Déjà, parce qu'avec l'avance de l'éditeur, un auteur peu se faire bien plus (cas de la BD qui est tellement nulle qu'elle ne se vend qu'une fois, l'auteur se fait 10000€ sur la BD (par contre il a plus de contrat…)). Et que s'il se coupe de l'éditeur, il va peut être gagner 0.1€ par BD, mais il sera rémunéré au nombre de BD réellement vendues, pas à une estimation ou un espoir de l'éditeur.