• [^] # Re: Kant et l'impératif jusqu'au boutiste

    Posté par (site web personnel) . En réponse au sondage Quel est votre niveau d'utilisation du libre ?. Évalué à 0.

    Il y a un présupposé évident : le libre est "meilleur" que le non-libre. Un cas particulier de ce présupposé étant que Linux est "meilleur" que des systèmes d'exploitation non-libres.

    Évidemment ce site ne traite pas que de cela. Par exemple on peut s'intéresser à Linux dans ses aspects techniques comparativement à d'autres solutions libres. Mais ces autres aspects ne sont pas considérés en l’occurrence ; ce sondage, lui, ne pose pas la question "votre niveau de liberté" pour rien - il pose cette question parce que le libre est proposé comme étant mieux que le non-libre.

    Mieux parce que moralement mieux, ou économiquement, ou plus efficace, là s'ouvre une large discussion (que je propose d'éviter ici).

    Pourquoi citer Kant? Parce que de nombreux commentaires et ce sondage lui-même sous entendent que le non-libre c'est mal (pas forcément techniquement, mais mal en soi). D'où la citation : Kant s'est justement intéressé à la question d'impératifs catégoriques. Sur ce site, beaucoup proposeront l'utilisation du libre comme impérative - puisque le non-libre saymal, selon la formule canonique (religieuse?).

    On pourrait rapprocher le concept d'impératif catégorique de certaines positions de Stallman, d'une vision du libre que l'on peut qualifier de pure ou de fondamentaliste, selon sa propre vision. Exemple: "utiliser un driver proprio c'est nul simplement parce que le driver est proprio".

    C'est donc par rapport à cette sentence, "le non libre saymal", que la citation de Kant se situe. Ici je ne le cite que pour sa clarté - ce philosophe étant reconnu pour avoir formulé très rigoureusement le concept d'impératif (et bien d'autres choses mais HS ici).

    Avancer une vision pragmatique comme "utiliser le libre est un moyen", c'est répondre au sondage, puisque cela a pour répercussion d'utiliser le libre quand on peut, le non-libre sinon ; voire de n'utiliser le libre que là où il est meilleur techniquement, ou moins cher mais en tout cas en dehors du raisonnement "meilleur simplement parce que libre". Donc exemple "si steam c'est sympa alors je l'utilise peu importe la licence".

    Bon et pour conclure, une troisième vision : le non-libre peut être toujours mauvais mais pas de manière "catégorique", pas "en-soi", uniquement parce que tout ce qui est non-libre, à terme, freine l'évolution saine de l'informatique / corrompt le marché / etc… ici c'est une vision médiane, ou le non libre est toujours mauvais, mais uniquement de par ses fâcheuses conséquences. Donc : "quand bien même un driver proprio est meilleur il ne faut pas l'utiliser sinon on n'obtiendra jamais des drivers libres / spécifications". Attention : décrire cette "troisième vision" n'est pas dénué de parti-pris!