• [^] # Re: Standard

    Posté par . En réponse au journal Pétition pour le « dégroupage du Cloud souverain français ». Évalué à 1.

    C'est fou la résistance des utilisateurs de logiciels libres à l'idéologie de la culture libre.

    Il y a 30 ans, le logiciel libre était un truc d'idéologues, ses partisans étaient dénigrés et vus comme des hippies barbus crypto-communistes vivant à côté de leurs pompes.

    Puis, dans les années 90, l'opensource arrive, on se rend compte que le logiciel libre n'est pas qu'une idéologie, ça a aussi des avantages pratiques : on a des logiciels sécurisés, qui évoluent vite, qui peuvent être portés sur l'OS qu'on veut, ne sont pas limités à une plateforme particulière, etc.

    Non seulement on ne prend plus les libristes pour des fous, mais en plus les utilisateurs de logiciels libres sont les premiers à se moquer des utilisateurs de logiciels propriétaires, confinés dans des environnements lents, buggués, bourrés de virus et de malwares, rapidement obsolètes, soumis aux décisions absurdes de certains développeurs, enfermés dans la dépendance aux formats fermés, et qui passent leur temps à se plaindre qu'ils ont beau cliquouiller sur "envoyer le rapport de bug à Microsoft", ils n'ont toujours pas reçu de patch.

    Puis la culture libre est apparue, et comme le logiciel libre à ses débuts, c'est un truc d'idéologues, de hippies, un truc qu'on ne prend pas au sérieux.

    Et pendant ce temps le public de la culture propriétaire passe son temps à se plaindre des DRM, des formats fermés, obsolètes ou non-standards, du fait qu'on leur impose tel ou telle plateforme, tel ou tel portail…

    Il ne viendrait jamais à l'idée des utilisateurs de logiciels de demander l'instauration d'une loi imposant aux développeurs de logiciels propriétaires de résoudre des problèmes que le libre a résolus, comme la portabilité sur les autres OS ou les autres architectures. En revanche on voit plein de libristes monter au créneau pour demander l'interdiction des DRM, ou l'obligation de distribuer les œuvres dans des formats ouverts, tout en se gaussant de ces hippies idéologues qui proposent une culture libre.

    Et quand on essaie de leur faire comprendre que, oui, on peut faire comme l'opensource et considérer la culture libre pour ses avantages pratiques : « Ah, les logiciels proprio, je suis d'accord, c'est nul ! Je veux bien utiliser des logiciels libre à la place ! Mais opter pour une culture libre ? Ça va pas la tête ?! ».