Le problème de la sélection de groupe, ce n'est évidemment pas l'avantage à vivre en groupe, mais plutôt la capacité à développer des caractères qui sont favorables au groupe mais défavorable à l'individu. L'exemple typique, c'est l'individu qui crie quand il voir un prédateur : il aide les autres membres du groupe à se cacher, mais en faisant ça il se rend super-visible. D'un point de vue strictement Darwinien, ce comportement devrait être contre-sélectionné et donc disparaitre.
Pour expliquer son maintien, il y a deux cadres théoriques : la sélection de groupe (les groupes d'individus sont en compétition les uns avec les autres, et un caractère défavorable à l'individu peut se maintenir s'il est compensé par une hausse de "fitness" du groupe), et la sélection par parentèle (les groupes sont constitués d'individus apparentés, et la baisse de fitness de l'individu altruiste est compensée par la hausse de fitness pour les individus qui portent les mêmes gènes, selon l'équation bien connue : soi = 2 enfants = 2 frères = 4 petits-enfants = 8 cousins, etc). Donc en gros, ça vaut le coup de se sacrifier si tu sauves 9 cousins.
Actuellement, il n'y a pas vraiment de consensus sur l'influence réelle de la sélection de groupe, qui est souvent incluse dans les modèles de fitness inclusive. Dans la plupart des espèces, les groupes sont trop volatiles pour qu'une réelle sélection de groupe s'installe (les individus bougent sans arrêt, notamment pour éviter la consanguinité), et si les groupes sont stables, il y a tellement de consanguinité que la sélection par parentèle devient une explication beaucoup plus simple. Au final, il est probable que ces modèles représentent la même réalité, et que la sélection de groupe n'a pas réellement de pouvoir explicatif.
[^] # Re: Peu étonnant
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'ADN, le stockage de demain. Évalué à 5. Dernière modification le 29 janvier 2013 à 16:21.
Le problème de la sélection de groupe, ce n'est évidemment pas l'avantage à vivre en groupe, mais plutôt la capacité à développer des caractères qui sont favorables au groupe mais défavorable à l'individu. L'exemple typique, c'est l'individu qui crie quand il voir un prédateur : il aide les autres membres du groupe à se cacher, mais en faisant ça il se rend super-visible. D'un point de vue strictement Darwinien, ce comportement devrait être contre-sélectionné et donc disparaitre.
Pour expliquer son maintien, il y a deux cadres théoriques : la sélection de groupe (les groupes d'individus sont en compétition les uns avec les autres, et un caractère défavorable à l'individu peut se maintenir s'il est compensé par une hausse de "fitness" du groupe), et la sélection par parentèle (les groupes sont constitués d'individus apparentés, et la baisse de fitness de l'individu altruiste est compensée par la hausse de fitness pour les individus qui portent les mêmes gènes, selon l'équation bien connue : soi = 2 enfants = 2 frères = 4 petits-enfants = 8 cousins, etc). Donc en gros, ça vaut le coup de se sacrifier si tu sauves 9 cousins.
Actuellement, il n'y a pas vraiment de consensus sur l'influence réelle de la sélection de groupe, qui est souvent incluse dans les modèles de fitness inclusive. Dans la plupart des espèces, les groupes sont trop volatiles pour qu'une réelle sélection de groupe s'installe (les individus bougent sans arrêt, notamment pour éviter la consanguinité), et si les groupes sont stables, il y a tellement de consanguinité que la sélection par parentèle devient une explication beaucoup plus simple. Au final, il est probable que ces modèles représentent la même réalité, et que la sélection de groupe n'a pas réellement de pouvoir explicatif.