• [^] # Re: Peu étonnant

    Posté par . En réponse au journal L'ADN, le stockage de demain. Évalué à 7.

    Le meilleur compromis "nombre / qualité" des petits ?

    Valeur sélective = nombre de descendants viables et fertiles = fécondité x fertilité x survie

    On ne peut pas non plus faire comme si la biologie évolutive n'était pas une discipline scientifique exitant depuis 150 ans et forte de dizaines de milliers de chercheurs…

    Comment cadrent les phènomènes "de groupe" comme les envols massifs de grillons ou les suicides collectifs de crabes? Comment tu considères les effets d'altruisme ?

    L'évolution de l'altruisme a donné lieu à des milliers de publications scientifiques. Les modèles de sélection de groupe/sélection par parentèle remplissent les étagères des bibliothèques de sciences.

    considérer que la vie est un processus de recherche naturel de ces solutions

    La sélection naturelle est un mécanisme d'optimisation de la valeur sélective des individus, et c'est tout. Absolument rien dans le processus de sélection naturelle ne favorise les équilibres.

    Bref je mets un peu en garde contre les visions un peu trop simplistes genre "la vie c'est si / fait ça" qui prennent rarement en compte le phénomène dans toute sa globalité.

    Justement, c'est bien ce que je te reproche : tu attribues des trucs à "la vie", alors qu'il n'existe pas de mécanisme biologique qui fait quoi que ce soit à ce niveau. L'évolution peut être adaptative (sélection naturelle) ou non-adaptative (dérive génétique, accumulation de mutations, etc). La sélection naturelle peut s'exercer à différents niveaux : entre gènes, entre cellules, entre individus, peut-être entre "groupes", et peu probablement entre écosystèmes. Parmi ces niveaux, la sélection interindividuelle (sélection "Darwinienne") est très probablement le moteur majeur de l'évolution des caractères physiologiques, morphologiques, et comportementaux (la quantité de preuves expérimentales est assez édifiante). Les autres niveaux de sélection peuvent jouer à la marge, ou alors pour des caractères moins visibles (taille du génome, par exemple), qui semblent moins affecter la survie et la reproduction des individus. Certains niveaux de sélection (typiquement, les niveaux "supérieurs" à l'individu, comme le groupe, la population, l'espèce, l'écosystème) n'ont jamais vraiment été confirmés expérimentalement ; certains modèles les rend possible dans certaines conditions, mais ça ne veut pas dire qu'ils jouent un rôle significatif dans l'évolution.

    Bref, si on veut résumer les mécanismes de l'évolution, c'est une optimisation locale d'une fonction (la valeur sélective) qui dépend des gènes et de l'environnement. Parfois, l'optimum implique un état d'équilibre, parfois (probablement plus souvent) non. Par contre, ce qui est certain, c'est que le phénomène est "myope", il favorise les solutions les plus performantes à court terme, et n'a aucun moyen d'éviter les "culs de sacs évolutifs", y compris les catastrophes (type extinction ou destruction d'une ressource).