Quand je ne lis pas les détails, ça m'arrive régulièrement de penser que RMS exagère. Sauf qu'en général je retombe sur un problème similaire quelques années plus tard, je relis RMS (en détail cette fois), et bien souvent, je me dis que c'était moi qui n'y comprenait rien, et RMS qui était visionnaire.
Le fait que RMS critique frontalement les logiciels libres eux-mêmes (dont Ubuntu) est vraiment une bonne chose. Sans cette critique, les petites dérives s'aggraveraient petit à petit et le logiciel libre retomberait par un chemin détourné dans tous les travers du logiciel propriétaire.
Dans le cas d'Ubuntu, par exemple, RMS dit que le fait de transmettre les requêtes de recherche locale à un serveur distant est une fonctionnalité de type spyware, que nous ne devrions jamais acceptée. Et c'est vrai qu'il y a un souci à laisser entrer dans nos machines ce type de logiciel.
En fait, c'est exactement comme une caméra. Techniquement, il serait faisable d'installer des caméras dans nos maisons, d'envoyer les images à des serveurs distants, de les analyser avec des algorithmes pour connaître les vêtements qu'on porte, puis de nous afficher de la publicité pour des vêtements similaires (par exemple sur les pages web). En soi, il n'y a pas vraiment d'atteinte à la vie privée. Mais installer des caméras partout n'en devient pas une bonne idée pour autant, car le risque de dérive surpasse largement l'intérêt d'avoir de la publicité ciblée.
Avec cette fonctionnalité de type "spyware", Canonical joue avec le feu. La frontière entre l'acceptable et le non-acceptable pourrait être franchie très facilement.
Donc, oui, RMS est fatiguant, mais pour tout ce qui concerne les principes fondateurs du logiciel libre, ses arguments méritent presque toujours d'être médités plutôt deux fois qu'une.
[^] # Re: Ça va être fatiguant...
Posté par Yukito . En réponse au journal RMS deviendrait-il sénile ? Ou bien Emacs ne serait-il plus adapté pour lire les mailings lists?. Évalué à 10.
Quand je ne lis pas les détails, ça m'arrive régulièrement de penser que RMS exagère. Sauf qu'en général je retombe sur un problème similaire quelques années plus tard, je relis RMS (en détail cette fois), et bien souvent, je me dis que c'était moi qui n'y comprenait rien, et RMS qui était visionnaire.
Le fait que RMS critique frontalement les logiciels libres eux-mêmes (dont Ubuntu) est vraiment une bonne chose. Sans cette critique, les petites dérives s'aggraveraient petit à petit et le logiciel libre retomberait par un chemin détourné dans tous les travers du logiciel propriétaire.
Dans le cas d'Ubuntu, par exemple, RMS dit que le fait de transmettre les requêtes de recherche locale à un serveur distant est une fonctionnalité de type spyware, que nous ne devrions jamais acceptée. Et c'est vrai qu'il y a un souci à laisser entrer dans nos machines ce type de logiciel.
En fait, c'est exactement comme une caméra. Techniquement, il serait faisable d'installer des caméras dans nos maisons, d'envoyer les images à des serveurs distants, de les analyser avec des algorithmes pour connaître les vêtements qu'on porte, puis de nous afficher de la publicité pour des vêtements similaires (par exemple sur les pages web). En soi, il n'y a pas vraiment d'atteinte à la vie privée. Mais installer des caméras partout n'en devient pas une bonne idée pour autant, car le risque de dérive surpasse largement l'intérêt d'avoir de la publicité ciblée.
Avec cette fonctionnalité de type "spyware", Canonical joue avec le feu. La frontière entre l'acceptable et le non-acceptable pourrait être franchie très facilement.
Donc, oui, RMS est fatiguant, mais pour tout ce qui concerne les principes fondateurs du logiciel libre, ses arguments méritent presque toujours d'être médités plutôt deux fois qu'une.