• [^] # Re: Petit coup de gueule/provocation...

    Posté par . En réponse au journal Le CDI doit disparaître. Évalué à 4.

    Le plein emploi s’accompagne d’un chômage naturel. Donc encore une fois explicitez les termes à fond. Parce que là encore 99 % des gens ont compris “plein emploi = travail pour tous”. Ce qui est faux.

    tu sais forcément que le mouvement se réclame bien plus du libéralisme que du marxisme

    Je ne vais pas te faire l’affront de l’anecdote de Stallman et de son imprimante. La récupération sous des termes “libéraux” du mouvement s’opère ensuite. Enfin la question n’est pas de savoir de quoi il se réclame, mais de discuter de la nature profonde du mouvement. La confusion vient du fait que dans la culture commune la gauche ne défend pas les libertés, alors que le logiciel libre si. Mais les libertés ont toujours été un thème central de la gauche et les concepts d’aliénation et d’émancipation renvoient directement à la liberté. Les anti-capitalistes estiment que les décisions de la production doivent revenir à ceux qui produisent, donc défendent la liberté des travailleurs.

    Quant au couplet anti-État, les libéraux n’en ont pas le monopole.

    Ou un aveugle, sûrement plus incapable que toi, qui n'a pas du tout des lectures orientées dans un seul sens.

    Non ça c’est juste pour prévenir toute prétention à détenir seul la connaissance économique qu’on rencontre à chaque fois contre les gens estampillés de gauche. Du coup je prend d’avance le ton arrogant et surfait que je rencontre habituellement chez mes contradicteurs.

    Tocqueville et Stiglitz… on a vu plus orienté. Là encore c’est une attaque classique contre les gens de gauche : ne pas être objectif. Mais la question là est de savoir ce qui est orienté. Sur quels points de repères se baser pour juger de l’objectivité d’une lecture ? Si c’est juste ce conformer aux injonctions du temps, c’est seulement se soumettre au Zeitgeist. Vous n’avez pas plus la prétention à l’objectivité que moi dans les choix de lecture. Et me dites pas que l’économie est une sciences, qu’il faut prendre les derniers résultats&co. L’économie est avant tout une science humaine, avec des limitations et des pressions très fortes. Et d’une manière générale la science à vocation à expliquer. Lorsque la politique est déterminée au nom d’impératifs économique, c’est qu’il y a une couille dans le potage. En l’occurrence ici sur le “peu d’hypothèses” que demanderait l’optimum de Pareto (c’est faux et les hypothèses sont systématiquement violées, à commencer par l’information parfaite) ou encore penser que “l’optimum de Pareto est toujours bon” (objectif politique, pas scientifique, et ce quelque soit l’indicateur proposé).

    Par exemple, pour le document de Lénine que je cite. Il se pique de ne citer que des “économistes bourgeois” (on les appellerait orthodoxe maintenant) et d’avancer quantité de chiffres et de faits (certes il a une opinion explicite dans son texte et un ton très déplaisant). Ce sont vos préjugés issus du fond anti-communiste propre au Zeitgeist moderne, préjugés sur Lénine qui vous font croire à une lecture orientée (et j’avoue que je ne résiste pas au plaisir de le citer rien que par provocation).

    les dépenses publiques ont augmentées ou baissées ? Et les législations sont sûrement moins volumineuses ? Toujours des oeillères,

    Ah l’État… grand Punching Ball des libéraux ! Grosso modo, il y a porosité entre les milieux économiques, médiatiques, et politiques, soit par lobbying, soit par collusion, par corruption pour les cas les plus graves, c’est plus ou moins explicite (l’épisode des ministres aux MEDEF est rigolo, par contre l’appel à un gros banquier pour monter une banque publique l’est moins, pour sarkozy pas besoin de faire un dessin). C’est un peu la différence entre la vision idéologique des libéraux et la réalité. Les libéraux imaginent l’État comme un système hors-sol et oppressif, et donc imaginent d’en faire une institution minimaliste. Seulement ils omettent que l’État, en tant que pouvoir, représente par lui-même un enjeu attisant toutes les convoitises. Ces convoitises envers le pouvoir existeront toujours même sans État. Le seul moyen de détruire le pouvoir, c’est de refuser d’obéir à tout ordre, c’est-à-dire être anarchiste (et les libéraux ne sont absolument pas dans cette optique là car ils défendent le capitalisme, donc l’obéissance des travailleurs envers le capital tandis que les anti-État de gauche refusent réellement tous les pouvoirs et monteront des SCOOP&co). De fait, la réalité est au-delà des rêves les plus fous des libéraux : l’État, en tant que principe d’une puissance publique, n’existe plus car soumis à un groupe restreint d’intérêts particuliers. Et ceci est explicitement dit depuis qu’Hollande est élu : on s’entend dire régulièrement “qu’heureusement Hollande ne respecte pas trop ses promesses de campagne, qu’il engage des réformes structurelles”, ou encore “qu’il faut obéir au marchés financiers (NdT : aux créanciers de la dette souveraine, qui ont des noms…)”. Ça ne te choque pas toi qu’un débat aussi important que la réforme du marché du travail soit engagé seulement 6 mois après les élections, genre z’aurait pas pu le faire avant ?