Bon, ok je me suis trompé, c’est le quintile, pas le décile. La question n’est pas de savoir combien de gens ont des actions, mais la part que cela représente, et qui ouvre donc droit à prendre part aux décisions économiques, entre autres, mais aussi à la capacité de pressions qu’on peut exercer sur un gouvernement.
Quant à l’inflation, ça s’évalue et se calcule. Il y a un arbitrage à faire entre le chômage et l’inflation. Mais évidemment, dire à vos connaissances que s’ils sont au chômage, c’est parce que vous refusez de toucher à votre épargne et à l’inflation, ce qui aggrave la crise. Présenté comme ça… Alors qu’une logique plus intelligente voudrait tout simplement que vous leur payez le chômage. Carrément et sans contre-partie. Ça s’appelle la solidarité et on en revient à mon premier commentaire. On évite ainsi 1/ de creuser la crise, 2/ de laisser des gens sur le carreau, 3/ de faire pression à la baisse sur les salaires. Malheureusement pour vous, si les images style la cigale & la fourmi sont rigolo, elles sont d’une valeur explicative dans le domaine économique assez faible. D’autant que contrairement à ce que fait la fourmi, l’épargne n’est pas une richesse en soit. Comment vous expliquer cela ? Grosso modo, dans une crise de la dette (publique, privé, c’est pareil), il y a un rapport de force qui se crée. Dans un contexte où la production réelle n’est pas celle attendu, le risque pris par les créanciers en pariant sur l’avenir s’est révélé être important, tandis que les débiteurs sont dans une situation difficile pour rembourser. Il y a un conflit d’intérêt entre les uns et les autres. Ce que j’essaie de vous expliquer, c’est que céder aux revendications des créanciers est incompatible avec une sortie de crise, créanciers qui représente une minorité de la population, qui plus est. La solidarité est un moyen de sortie de crise.
Il s’agit pas de savoir qui arnaque qui ou de juger les gens, du style “toi t’as pas épargné, c’est pas bien”, ce que je m’imagine mal dire à un couple tout juste marié qui attend un enfant et vient d’acquérir une maison et dont un des membres vient tout juste de décrocher un CDI. Après tout, ils ne sont pas responsables de la crise et on ne peut leur reprocher de ne pas avoir su prévoir ce que même les économistes les plus reconnus n’ont pas vu arriver. Non. Le but politique est de savoir comment tous (sans exception) peuvent traverser la crise tout en continuant à avoir une vie digne. En sortant de l’économie deux minutes, juger les gens est politiquement très dangereux, car il s’agit alors de condamner des groupes sociaux selon une morale qu’ils ne partagent peut-être pas. Il y a très probablement des tas de raison pour laquelle les gens n’ont pas épargné, toutes légitimes, mais dont vous n’avez juste pas conscience. Je me fous complètement de savoir pourquoi ou non ils ont épargnés, ce qui m’intéresse ce sont les conséquences économiques et les solutions, soit incitatives soit coercitives, que l’on peut mettre en place pour sortir de la crise, en m’intéressant à ceux qui en souffrent le plus (alors je m’auto-excuse de ne pas m’apitoyer sur le sort de Depardieu).
———
20% des ménages les plus fortunés détiennent 71% des patrimoines
[…]
Le tableau ci-dessus présente aussi un autre intérêt – dont il faut prendre note en prévision des réformes fiscales qui doivent voir le jour : la concentration des patrimoines est encore plus spectaculaire quand on isole les patrimoines financiers : « La concentration du patrimoine est davantage marquée pour les actifs financiers que pour les actifs non financiers. Les ménages du dernier quintile détiennent 55 % du patrimoine financier contre seulement 44 % du patrimoine non financier », note l’Insee.
Comme on le comprend à la lecture de cette étude, il y a plusieurs façons de prendre la mesure des inégalités. On peut mesurer la concentration des patrimoines en classant les Français selon leurs revenus, ou alors selon leur niveau de vie, ou enfin… selon leur niveau de patrimoine. Et dans ce dernier cas, les inégalités sont encore plus ahurissantes : l’Insee relève ainsi que si l’on classe les ménages selon l’échelle des patrimoines, « les 20 % des ménages les plus fortunés détiennent 71 % des patrimoine total ».
Toutefois, ajoute encore l’Insee, « la concentration de patrimoine selon le niveau de vie n’atteint pas celle de l’épargne dont les trois quarts du montant total sont le fait des ménages du dernier quintile. Épargne et patrimoine ne sont donc pas parfaitement corrélés, ne serait-ce que parce que l’accumulation patrimoniale est un processus long : certains ménages percevant des revenus élevés et dégageant de ce fait une épargne importante, peuvent n’être que peu avancés dans le cycle de constitution d’un patrimoine ».
[^] # Re: Oups...
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Le CDI doit disparaître. Évalué à 2.
Bon, ok je me suis trompé, c’est le quintile, pas le décile. La question n’est pas de savoir combien de gens ont des actions, mais la part que cela représente, et qui ouvre donc droit à prendre part aux décisions économiques, entre autres, mais aussi à la capacité de pressions qu’on peut exercer sur un gouvernement.
Quant à l’inflation, ça s’évalue et se calcule. Il y a un arbitrage à faire entre le chômage et l’inflation. Mais évidemment, dire à vos connaissances que s’ils sont au chômage, c’est parce que vous refusez de toucher à votre épargne et à l’inflation, ce qui aggrave la crise. Présenté comme ça… Alors qu’une logique plus intelligente voudrait tout simplement que vous leur payez le chômage. Carrément et sans contre-partie. Ça s’appelle la solidarité et on en revient à mon premier commentaire. On évite ainsi 1/ de creuser la crise, 2/ de laisser des gens sur le carreau, 3/ de faire pression à la baisse sur les salaires. Malheureusement pour vous, si les images style la cigale & la fourmi sont rigolo, elles sont d’une valeur explicative dans le domaine économique assez faible. D’autant que contrairement à ce que fait la fourmi, l’épargne n’est pas une richesse en soit. Comment vous expliquer cela ? Grosso modo, dans une crise de la dette (publique, privé, c’est pareil), il y a un rapport de force qui se crée. Dans un contexte où la production réelle n’est pas celle attendu, le risque pris par les créanciers en pariant sur l’avenir s’est révélé être important, tandis que les débiteurs sont dans une situation difficile pour rembourser. Il y a un conflit d’intérêt entre les uns et les autres. Ce que j’essaie de vous expliquer, c’est que céder aux revendications des créanciers est incompatible avec une sortie de crise, créanciers qui représente une minorité de la population, qui plus est. La solidarité est un moyen de sortie de crise.
Il s’agit pas de savoir qui arnaque qui ou de juger les gens, du style “toi t’as pas épargné, c’est pas bien”, ce que je m’imagine mal dire à un couple tout juste marié qui attend un enfant et vient d’acquérir une maison et dont un des membres vient tout juste de décrocher un CDI. Après tout, ils ne sont pas responsables de la crise et on ne peut leur reprocher de ne pas avoir su prévoir ce que même les économistes les plus reconnus n’ont pas vu arriver. Non. Le but politique est de savoir comment tous (sans exception) peuvent traverser la crise tout en continuant à avoir une vie digne. En sortant de l’économie deux minutes, juger les gens est politiquement très dangereux, car il s’agit alors de condamner des groupes sociaux selon une morale qu’ils ne partagent peut-être pas. Il y a très probablement des tas de raison pour laquelle les gens n’ont pas épargné, toutes légitimes, mais dont vous n’avez juste pas conscience. Je me fous complètement de savoir pourquoi ou non ils ont épargnés, ce qui m’intéresse ce sont les conséquences économiques et les solutions, soit incitatives soit coercitives, que l’on peut mettre en place pour sortir de la crise, en m’intéressant à ceux qui en souffrent le plus (alors je m’auto-excuse de ne pas m’apitoyer sur le sort de Depardieu).
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20% des ménages les plus fortunés détiennent 71% des patrimoines
[…]
Le tableau ci-dessus présente aussi un autre intérêt – dont il faut prendre note en prévision des réformes fiscales qui doivent voir le jour : la concentration des patrimoines est encore plus spectaculaire quand on isole les patrimoines financiers : « La concentration du patrimoine est davantage marquée pour les actifs financiers que pour les actifs non financiers. Les ménages du dernier quintile détiennent 55 % du patrimoine financier contre seulement 44 % du patrimoine non financier », note l’Insee.
Comme on le comprend à la lecture de cette étude, il y a plusieurs façons de prendre la mesure des inégalités. On peut mesurer la concentration des patrimoines en classant les Français selon leurs revenus, ou alors selon leur niveau de vie, ou enfin… selon leur niveau de patrimoine. Et dans ce dernier cas, les inégalités sont encore plus ahurissantes : l’Insee relève ainsi que si l’on classe les ménages selon l’échelle des patrimoines, « les 20 % des ménages les plus fortunés détiennent 71 % des patrimoine total ».
Toutefois, ajoute encore l’Insee, « la concentration de patrimoine selon le niveau de vie n’atteint pas celle de l’épargne dont les trois quarts du montant total sont le fait des ménages du dernier quintile. Épargne et patrimoine ne sont donc pas parfaitement corrélés, ne serait-ce que parce que l’accumulation patrimoniale est un processus long : certains ménages percevant des revenus élevés et dégageant de ce fait une épargne importante, peuvent n’être que peu avancés dans le cycle de constitution d’un patrimoine ».