• # Oups...

    Posté par . En réponse au journal Le CDI doit disparaître. Évalué à 10.

    Vous avez un train de retard ; voici une vidéo qui a très largement tourné sur Internet durant la campagne :

    http://www.fakirpresse.info/Le-plan-de-bataille-des-marches-la.html

    La “flexibilisation du travail” est la grande revendication actuelle du patronat dans les négociations en cours avec les syndicats, qui partent bien évidemment perdants… petit exemple des méthodes de négociations :

    Le 6 décembre dernier, au cours d’une rencontre discrète avec le Medef, Stéphane Lardy, l'homme de Force ouvrière dans la négociation cruciale sur la sécurisation de l'emploi, est resté « coi » devant Dominique Tellier, le directeur général adjoint de l'organisation patronale. Très sérieusement, ce dernier lui a proposé la présidence de l’Agefiph, l’association chargée de gérer le fonds pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées... en échange de la signature de FO.
    Le syndicaliste a d’abord cru à une blague mais cela n’en était pas une. Il raconte un mois plus tard comment il s’est senti « humilié » : « Je ne mange pas de ce pain-là et FO non plus. Comment ont-ils pu croire qu’ils pouvaient nous acheter ! » Ce jour-là, il a « revu l'antique CNPF ressuscitée » (NDLR: l'ancêtre du patronat). Dans le petit microcosme du social, ces pratiques les soirs de grandes négociations ne sont pas nouvelles mais elles surprennent toujours.
    Mediapart, Sécurisation de l'emploi: le patronat détient les clés d'un accord, Rachida El Azzouzi, 4 janvier 2013
    
    

    La réforme du marché de travail touche tous les pays européens les uns après les autres, la crise économique étant utilisée comme prétexte et comme choc, dans le cadre de la thèse développée par Naomie Klein, La stratégie du choc ; tout ceci se fait avec un déni complet de la démocratie ; ce soir encore, j’ai entendu dire sur C à vous de Fr5 qu’heureusement Hollande a jeté à la poubelle ses positions de campagne pour engager des “réformes structurelles” (Duhamel), réformes dont on n’a jamais entendu parlé, de bien entendu, durant la campagne.

    Grosso modo, l’argument principal est le chômage, l’idée est que c’est le manque de souplesse dans le marché du travail qui en est la cause. On créé ainsi un pseudo-débat démocratique où les argument des syndicats des salariés n’auront jamais droit de cité (sauf ceux qui sont rentrés dans les rangs, “qui se sont rendu à la raison”), et où le chômage agira comme un excellent moyen de faire peur.

    Évidemment, il est assez simple de comprendre que le chômage lié à la crise ne peut aucunement être attribué aux conditions du marché du travail qui n’ont absolument pas changées avec la crise, et qui ne peuvent donc en aucun cas être la cause de l’élévation du chômage. Ici il s’agit essentiellement de maintenir un climat de peur, plutôt que d’utiliser un argument réellement économique.

    Au contraire, la crise a été provoquée par la spéculation sur les emprunts immobiliers aux USA. De fait, augmenter la stabilité de l’emploi diminue le risque d’insolvabilité des individus, et donc celui d’une crise sur la dette privée, origine de la crise actuelle1.

    Par exemple : pour éviter la peur du chômage, il suffit d’augmenter très largement les allocations chômage et leur durée, avec une augmentation si nécessaire des cotisations. Effet double++ : les chômeurs réfléchiront à deux fois avant d’accepter n’importe quel boulot, et il se pourrait bien qu’ils négocient plus durement leurs propres contrat, faisant monter à la hausse les salaires. Ce n’est pas un point de vue “individuel égoïste” que je développe ici, mais au contraire reposant sur une solidarité de classe.

    Évidemment c’est un truc que le capitaux n’accepteront jamais, se servant de leur mobilité importante au sein de l’Europe et dans le monde comme chantage. Ça n’est pas habituellement présenté comme chantage, on dira “c’est pas possible dans une économie ouverte”, “avec la mondialisation on peut pas”, etc. Dans ces conditions il faut aussi prévoir un remplacement efficace à l’investissement privé… genre un véritable banque publique d’investissement, pas l’ersatz prévu par le PS. Les capitaux financiers se barrent ? Tant mieux, on imprime nos billets ! J’ai appris aujourd’hui que l’inflation n’a jamais été aussi basse, à telle point qu’ils sont emmerdés pour baisser le livret A en-dessous de 2 %.


    1 Notons au passage que les étudiants USA sont une bombe à retardement du système États-Unien. Avec un système de financement des études par le crédit, plutôt qu’un financement public, des masses d’étudiant risquent de se retrouver insolvables quand ils vont arriver sur un marché du travail en temps de crise (donc sans boulot). Bien évidemment on va retrouver les mêmes prétextes bidon à ce moment là : « ils n’avaient qu’à pas emprunter, ils n’ont pas été responsables, etc. » Comme si c’était de leur faute de ne pas avoir su prévoir une crise qu’aucun économiste “orthodoxe” n’aura su prévoir. Les étudiants québécois ont échappé de peu à ce système là grâce à des manifestations et une volonté d’acier de conserver un financement public de l’université, jusqu’à faire tomber le gouvernement en place.