• [^] # Re: Vouloir tout, son contraire et... vice-versa!

    Posté par . En réponse au journal Le patron de l'agence de contrôle nucléaire Belge sceptique sur le nucléaire.. Évalué à 4.

    C'est bien l'objet de la critique : vouloir faire croire que les pays qui ont dit non au nucléaire sont écolos alors que c'est plutôt le contraire (et les morts, ils sont pas contre non plus : c'est pour les autres aussi, ils s'en balancent complet, ne parle jamais des morts qui ne sont pas de leur famille)

    Au contraire, l'accident nucléaire est par définition assez large (impact, durée). Du coup, les conventions qui s'occupent des accidents nucléaires concernent tout le monde.

    États signataires de la Convention de Paris — européenne.
    http://www.oecd-nea.org/law/paris-convention-ratification.html

    De la littérature à ce propos :
    http://www.oecd-nea.org/law/nlbfr/NLB-86-F.pdf
    p. 56 : Réflexions portant sur l'indemnisation et la réparation des dommages nucléaires à l'environnement, Norbert Pelzer.
    et p. 66 : La cour internationale de justice sur les dommages transfrontières potentiels : conséquences en droit nucléaire, Marie Cletienne.

    Il semble bien que tous ces pays en ont quelque chose à foutre, puisque l'accident peut les concerner.

    Ensuite, à propos du remplacement du nucléaire par autre chose qui serait aussi voire plus meurtrier.
    L'Autriche importe 2/3 de son électricité (dont 6% de nucléaire), elle est donc dépendante.
    Mais elle a mis en place tout un tas de mesures (qui prennent le temps nécessaire pour s'appliquer, comme toute politique énergétique, hein) pour limiter la dépense énergétique et balance pas mal de sous en recherche.
    La logique autrichienne n'est pas de déclamer FUCK YOU, bien au contraire.

    Enfin, à propos des morts nucléaires (qui ne sont pas si nombreux que ceux du charbon etc).
    C'est encore un faux débat. Et je ne sais pas qui sait comparer, et dire que le nucléaire (dans son ensemble) aura provoqué plus ou moins de morts que les machins fossiles ou autres. Mais d'accord, soyons cyniques un instant.

    15% d'électricité nucléaire - N morts.
    85% d'électricité non nucléaire - N morts.

    Je crois bien que le nucléaire perd à ce jeu-là.
    Demain, peut-être. Mais pas aujourd'hui, et pas tant qu'il y a autant de risque.

    Et le charbon n'a toujours pas provoqué en l'espace de quelques heures de catastrophe écologique comme celle de Tchernobyl (pour 15% seulement de la production d'électricité mondiale, et en 2011, parce que c'était bien moins avant). Et on peut supposer que ça n'arrivera pas.

    Et pour finir cette fois, il y aussi une dimension psychologique très forte, non ? L'humanité arrive à se sentir à peu près tranquille (désolé) quand les morts sont peu fréquents, quand "de temps en temps" un trou rempli de grisou pète (ou quand les morts sont chinois, pour des européens… encore que, on le sait, on essaie de comprendre, on envoie des mails pour le faire savoir encore plus, on s'inquiète, on fait pression etc.).
    Mais il y a tout de même une différence fondamentale avec le nucléaire, qui provoque quelque chose de bien plus terrifiant, tu ne crois pas ? Et ça, ce n'est pas lié directement à l'écologie, mais plus à la crainte (ce truc de fou qui a très vite amené l'Allemagne à passer la loi sur le nucléaire) d'une catastrophe "extraordinaire".
    Le seul souci, c'est qu'elle peut se produire. Et dans ce cadre, il n'est pas question de rejeter le problème vers les autres. Il est question de peur, clairement. Et de maitrise des risques, accessoirement, aussi :).

    Parcourir à propos de Tchernobyl, pour celles et ceusses qui ne connaissent pas :

    http://www.kiddofspeed.com/chernobyl-land-of-the-wolves/chapter30.html

    -> ce lien emmène vers une page située vers le début du vieux site d'Elena Filatova. Elle s'est promenée d'année en année en moto dans la région de Tchernobyl, a pris des tas de photos et a écrit un récit. Rien de pathologique, un récit assez distant (le texte n'est pas très volumineux), pas vraiment militant.
    Il faut un peu de temps, mais c'est vraiment bien.