Pour préciser le contexte je travaille dans une entreprise de chaudronnerie industrielle, programmant une machine à commande numérique (CNC), une découpe laser de marque Trumpf. Tout ça en vue de produire des pièces primaires, la machine découpe des pièces dans de la tôle, à l'image de ce qu'on pourrait faire en couture, pour faire par ex. un pantalon, qui seront pliées, soudées …
J'utilise, dans ce cadre, un logiciel privateur de cette marque (TruTops Laser), qui regroupe trois modules :
- un module de CAO 2D ;
- un module d'imbrication, basé sur une librairie d'origine indienne, propriétaire il me semble, libnest je crois ;
- enfin un module d'usinage qui génère le fichier lisible par la machine. Code ISO dans ce cas, mais ça pourrait être du code G.
Le logiciel est complet, il permet de dessiner les pièces en 2D, de les imbriquer et de créer le programme pour la machine.
Cependant la fourniture de l'état plat des pièces peut se faire sous plusieurs formes, toujours en utilisant le format DXF. Celui-ci provient essentiellement d'Autocad, dont QCad et LibreCad sont sensés être des clones, j'y reviendrai, ou de Pro Engineer, dans ma boîte, ou encore Solid Works, Catia … logiciels 3D qui permettent de produire des états plats, c'est à dire 2D.
Il est à noter que :
- TruTops, anciennement appelé Tops 100, fut créé pour des systèmes Unix dans les années 80 ;
- Pro Engineer était porté sous Linux jusqu'à il y a une petite dizaine d'années ;
- Autocad ne fut jamais porté sous Unix/Linux/BSD, à confirmer.
J'utilise intensément Autocad LT, version 2D de ce célèbre logiciel de CAO. Je l'apprécie pour la productivité qu'il apporte, interface modulable, facilité déconcertante de créer des alias (un alias étant de taper, par ex., l pour créer une ligne), possibilité de créer des scripts dont la syntaxe est inspirée du Lisp.
J'ai bien sûr essayé Libre Cad et là, force est de constater que la productivité n'est pas à l'ordre du jour :
- icônes imbriquées sous forme de sous-menu, une hérésie ! Il faut cliquer, par ex., sur l'outil ligne puis ensuite ligne deux points etc, alors qu'Autocad propose deux icônes ;
- pour l'accès à la ligne de commande il faut cliquer dedans, alors que dans Autocad elle est active en permanence ;
- je n'ai pas creusé, bloqué par ces features, la question des alias.
Autocad, surnommé Autocrade par certain, est il faut le dire une usine à gaz et c'est normal puisque qu'il recouvre des champs de métiers aussi divers que : l'achitecture, le dessin industriel (bois, métaux, plastiques), le paysagisme (?), la cartographie … reste un logiciel orienté productivité. À côté Libre Cad est anti-productif.
Il est évident que maîtrisant Autocad il m'est difficile de passer à une autre appli. J'ai par ailleurs essayé Draftsight de Dassault Systèmes, mêmes remarques. Draftsight est un logiciel gratuit mais pas open source, d'une boîte innovante et précurseur dans la CAO (Catia, Solid Works).
Opencascade et consort :
Très intéressé pas le versant 3D, bien que ne le pratiquant professionnellement, j'ai bien sûr essayé toutes ces applis. Aucune ne m'a semblé stable, voire à peine utilisable, en utilisant les dépôts, après maints essais de compilation (Debian). Le libre a beaucoup de chemin à faire dans ce corps de métier.
Je n'ai pas poussé plus loin en ce qui concerne les logiciels de pilotage, n'ayant pas de machine perso.
Voilà mon retour. Il est donc, pour moi, hors de question d'utiliser Unix/Gnu Linux en prod., et là je me fout que ce soit libre ou privateur. Le désarroi s'empare de moi quand je vois que tous les outils sont dispos pour vous autres programmeur, C, CPP, Python, Perl, whatelse … l'espoir naîtra, peut-être, par l'engouement pour les imprimantes 3D, mais je n'en suis pas sûr.
P.-S. : Au passage on dit FAO et non CAM en français, ce qui nous amène au couple CAO/FAO, bien le bonsoir.
« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »
# Mon avis sur la question - Retour d'expériences.
Posté par deuzene (site web personnel) . En réponse au journal Linux et la CNC. Évalué à 10.
Pour préciser le contexte je travaille dans une entreprise de chaudronnerie industrielle, programmant une machine à commande numérique (CNC), une découpe laser de marque Trumpf. Tout ça en vue de produire des pièces primaires, la machine découpe des pièces dans de la tôle, à l'image de ce qu'on pourrait faire en couture, pour faire par ex. un pantalon, qui seront pliées, soudées …
J'utilise, dans ce cadre, un logiciel privateur de cette marque (TruTops Laser), qui regroupe trois modules :
- un module de CAO 2D ;
- un module d'imbrication, basé sur une librairie d'origine indienne, propriétaire il me semble, libnest je crois ;
- enfin un module d'usinage qui génère le fichier lisible par la machine. Code ISO dans ce cas, mais ça pourrait être du code G.
Le logiciel est complet, il permet de dessiner les pièces en 2D, de les imbriquer et de créer le programme pour la machine.
Cependant la fourniture de l'état plat des pièces peut se faire sous plusieurs formes, toujours en utilisant le format DXF. Celui-ci provient essentiellement d'Autocad, dont QCad et LibreCad sont sensés être des clones, j'y reviendrai, ou de Pro Engineer, dans ma boîte, ou encore Solid Works, Catia … logiciels 3D qui permettent de produire des états plats, c'est à dire 2D.
Il est à noter que :
- TruTops, anciennement appelé Tops 100, fut créé pour des systèmes Unix dans les années 80 ;
- Pro Engineer était porté sous Linux jusqu'à il y a une petite dizaine d'années ;
- Autocad ne fut jamais porté sous Unix/Linux/BSD, à confirmer.
J'utilise intensément Autocad LT, version 2D de ce célèbre logiciel de CAO. Je l'apprécie pour la productivité qu'il apporte, interface modulable, facilité déconcertante de créer des alias (un alias étant de taper, par ex., l pour créer une ligne), possibilité de créer des scripts dont la syntaxe est inspirée du Lisp.
J'ai bien sûr essayé Libre Cad et là, force est de constater que la productivité n'est pas à l'ordre du jour :
- icônes imbriquées sous forme de sous-menu, une hérésie ! Il faut cliquer, par ex., sur l'outil ligne puis ensuite ligne deux points etc, alors qu'Autocad propose deux icônes ;
- pour l'accès à la ligne de commande il faut cliquer dedans, alors que dans Autocad elle est active en permanence ;
- je n'ai pas creusé, bloqué par ces features, la question des alias.
Autocad, surnommé Autocrade par certain, est il faut le dire une usine à gaz et c'est normal puisque qu'il recouvre des champs de métiers aussi divers que : l'achitecture, le dessin industriel (bois, métaux, plastiques), le paysagisme (?), la cartographie … reste un logiciel orienté productivité. À côté Libre Cad est anti-productif.
Il est évident que maîtrisant Autocad il m'est difficile de passer à une autre appli. J'ai par ailleurs essayé Draftsight de Dassault Systèmes, mêmes remarques. Draftsight est un logiciel gratuit mais pas open source, d'une boîte innovante et précurseur dans la CAO (Catia, Solid Works).
Opencascade et consort :
Très intéressé pas le versant 3D, bien que ne le pratiquant professionnellement, j'ai bien sûr essayé toutes ces applis. Aucune ne m'a semblé stable, voire à peine utilisable, en utilisant les dépôts, après maints essais de compilation (Debian). Le libre a beaucoup de chemin à faire dans ce corps de métier.
Je n'ai pas poussé plus loin en ce qui concerne les logiciels de pilotage, n'ayant pas de machine perso.
Voilà mon retour. Il est donc, pour moi, hors de question d'utiliser Unix/Gnu Linux en prod., et là je me fout que ce soit libre ou privateur. Le désarroi s'empare de moi quand je vois que tous les outils sont dispos pour vous autres programmeur, C, CPP, Python, Perl, whatelse … l'espoir naîtra, peut-être, par l'engouement pour les imprimantes 3D, mais je n'en suis pas sûr.
P.-S. : Au passage on dit FAO et non CAM en français, ce qui nous amène au couple CAO/FAO, bien le bonsoir.
« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »