Le FN économiquement de gauche, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Le père se réclamait de Reagan, le remboursement de la dette est pour eux un fait indépassable. Plus généralement, la sociologie du FN ne le pousse absolument pas à être de gauche. Les cadres exercent essentiellement des professions libérales, petit patronat, etc.
Quant au national-socialisme, j’expliquais il y a peu que les socialistes ont sauté après l’ascension au pouvoir de Hitler. C’est tout bonnement incompatible, en terme de pensée, et les clientèles politiques ont des intérêts matériels divergents. Ce n’était que de la démagogie afin de recueillir un maximum de sympathie.
Tout ceci tient d’une confusion, que chez les socialistes l’État est, et doit être un outil aux mains du peuple. Chez l’extrême-droite, c’est une élite (chef, oligarchie, patrons, etc.) qui gère la société, avec potentiellement un volet extrêmement dirigiste de l’économie.
Et ça ce n’est pas dans le programme que ça se distingue, mais en rencontrant la personne, en discutant avec elle, en lui demandant sa conception de la société et de la vie humaine.
Par exemple, le libéralisme n’existe pour ainsi dire pas dans la droite française (peut-être un peu au centre), comme humanisme, c’est-à-dire comme moyen de permettre aux hommes d’avoir un maximum de libertés. Ça devient évident lorsqu’on entre dans les détails, c’est-à-dire dans les arguments utilisés. Ici il s’agit d’avoir l’économie la plus performante possible, celle qui produira plus de croissances que les pays voisins, etc. Dans cette conception de la société, on doit contraindre ou inciter les travailleurs pour qu’ils fournissent un maximum de résultats. L’incitation est aussi une forme de contrainte et a un volet autoritaire. C’est une société au service de l’économie, plutôt qu’une économie au service de la société qui est défendue. Tout ceci est dû à un culte de la performance qui s’exprime dans les résultats économiques. C’est une pensée foncièrement de droite. J’y oppose la pensée de gauche, une pensée humaniste, c’est-à-dire qui va privilégier la vie humaine, l’individu : ses libertés, sa quiétude, sa dignité, etc. sans chercher la performance.
Petit exemple ? Ça ne va pas lui faire plaisir, mais prend la phrase de Zenitram : « pour que les gens se bougent, il leur faut un bon coup de pied au cul » (citation approximative). Ça me répugne, ça répugnerait n’importe quelle pensée de gauche. Et en peu de mot il résume la pensée de droite : la performance plutôt que l’homme.
Dans ses conditions là, le clivage gauche–droite est parfaitement pertinent. Et il va sans dire que l’écrasante majorité des français est à droite.
Il y a un excellent petit texte publié en ce moment. Pour être socialiste de Léon Blum (1919). Il est aussi trouvable sur Internet.
[^] # Re: Le Myard ! Le Myard !
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Vote électronique à l'UMP?. Évalué à 5.
Le FN économiquement de gauche, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Le père se réclamait de Reagan, le remboursement de la dette est pour eux un fait indépassable. Plus généralement, la sociologie du FN ne le pousse absolument pas à être de gauche. Les cadres exercent essentiellement des professions libérales, petit patronat, etc.
Quant au national-socialisme, j’expliquais il y a peu que les socialistes ont sauté après l’ascension au pouvoir de Hitler. C’est tout bonnement incompatible, en terme de pensée, et les clientèles politiques ont des intérêts matériels divergents. Ce n’était que de la démagogie afin de recueillir un maximum de sympathie.
Tout ceci tient d’une confusion, que chez les socialistes l’État est, et doit être un outil aux mains du peuple. Chez l’extrême-droite, c’est une élite (chef, oligarchie, patrons, etc.) qui gère la société, avec potentiellement un volet extrêmement dirigiste de l’économie.
Et ça ce n’est pas dans le programme que ça se distingue, mais en rencontrant la personne, en discutant avec elle, en lui demandant sa conception de la société et de la vie humaine.
Par exemple, le libéralisme n’existe pour ainsi dire pas dans la droite française (peut-être un peu au centre), comme humanisme, c’est-à-dire comme moyen de permettre aux hommes d’avoir un maximum de libertés. Ça devient évident lorsqu’on entre dans les détails, c’est-à-dire dans les arguments utilisés. Ici il s’agit d’avoir l’économie la plus performante possible, celle qui produira plus de croissances que les pays voisins, etc. Dans cette conception de la société, on doit contraindre ou inciter les travailleurs pour qu’ils fournissent un maximum de résultats. L’incitation est aussi une forme de contrainte et a un volet autoritaire. C’est une société au service de l’économie, plutôt qu’une économie au service de la société qui est défendue. Tout ceci est dû à un culte de la performance qui s’exprime dans les résultats économiques. C’est une pensée foncièrement de droite. J’y oppose la pensée de gauche, une pensée humaniste, c’est-à-dire qui va privilégier la vie humaine, l’individu : ses libertés, sa quiétude, sa dignité, etc. sans chercher la performance.
Petit exemple ? Ça ne va pas lui faire plaisir, mais prend la phrase de Zenitram : « pour que les gens se bougent, il leur faut un bon coup de pied au cul » (citation approximative). Ça me répugne, ça répugnerait n’importe quelle pensée de gauche. Et en peu de mot il résume la pensée de droite : la performance plutôt que l’homme.
Dans ses conditions là, le clivage gauche–droite est parfaitement pertinent. Et il va sans dire que l’écrasante majorité des français est à droite.
Il y a un excellent petit texte publié en ce moment. Pour être socialiste de Léon Blum (1919). Il est aussi trouvable sur Internet.