• [^] # Re: SAV : coquille

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal SunWizard.NET n'est (presque) plus. Évalué à 4.

    en effet Sun est mort et beaucoup d'autres aussi

    oui, c'est le propre du commercial (rachat, toussa)

    Pas nécessairement, quand certains clients sont attachés à certaines marques, il peut être prudent de garder la marque avec la fidélité. Tuer la marque c'est tuer la fidélité.

    Même sans rachat, beaucoup de tentatives de "rebranding" sont des échecs. Ça ne doit jamais se faire sur un coup de tête et un rachat n'est pas un argument suffisant pour justifier le "rebranding".

    Dans beaucoup de cas, les marques subsistent. Tu vas dans un SPAR, un Vival ou un Monoprix en fait tu vas dans un magasin du groupe Casino mais la maque subsiste. Certaines marques correspondent plus à certains besoins et usages, la différence reste pertinente pour le client.

    D'ailleurs, la marque Sun subsiste toujours sur les machines : comme le montre la page « Serveurs Sun | Systèmes intégrés | Oracle », je suppose que c'est parce que la marque Oracle n'a aucune notoriété ni légitimité sur le marché du matériel. Mais la marque Sun n'existe que pour ceux qui ont déjà acheté une machine Oracle, elle n'existe plus pour le client à prospecter. Et encore, cette marque Sun ne subsiste que comme nom de gamme ou de produit et plus comme une marque de fournisseur. Avant la marque Sun était sur le terrain des marques HP ou IBM. Aujourd'hui la marque Sun est sur le terrain de Proliant ou Blade, ça n'a rien à voir.

    En fait Oracle a eu une drôle de stratégie de marque avec le rachat de Sun.

    • D'une manière générale, la marque Sun a été détruite et effacée. Souvent ce travail de destruction de la marque prend des airs de réécriture de l'histoire et donne l'impression que Sun n'a jamais existé.

    • Comme cité précédemment, pour ce qui est du nom « Sun » il ne subsiste que chez un ensemble très restreint de clients déjà fidèles, toute la prospection est à refaire.

    • On peut reprendre l'exemple d'OpenOffice comme échec de gestion de marque. Là ils ont justement souhaité garder le nom pour garder la clientèle, mais en oubliant qu'ils n'achetaient réellement que le nom, sans voir que les clients et les développeurs devaient être acquis autrement. Pensant détenir OpenOffice et pensant détenir captif la clientèle OpenOffice (et donc OpenDocument), ils ont d'abord commencé par rendre payant le plugin d'export vers odf pour MS Office. C'est révélateur d'une stratégie qui n'a pas compris ce qu'était OpenDocument, ni ce qu'était OpenDocument pour OpenOffice, et donc révélateur d'une stratégie qui na pas compris ce qu'était OpenOffice.

      Ensuite d'autres problèmes qu'Oracle n'a pas su gérer a mené tout droit au fork LibreOffice. En fait le fork couvait depuis bien avant le rachat de Sun par Oracle avec GO-Office, mais contrairement à Sun, Oracle n'a rien su faire pour endiguer le départ. Oracle a acheté la marque OpenOffice mais n'a rien fait pour en acquérir ni la compétence ni le contrôle. La stratégie de marque qu'Oracle a suivi avec OpenOffice est une stratégie de marque qui aurait fonctionné dans l'alimentaire par exemple, mais pas dans le monde du logiciel libre. Ils se sont retrouvés du jour au lendemain avec une marque vide qui n'était associée ni à un produit, ni à une notoriété, parce qu'ils ne s'étaient pas rendu compte qu'ils n'avaient acheté ni l'exclusivité du produit, ni l'exclusivité de la notoriété.

    Bref, pour moi Oracle est un des meilleurs exemples de stratégies de marque ratées.

    aujourd'hui sous Linux ne peut nier un héritage de savoir faire et de méthode

    bin, si c'est passé en libre, ça perdure, sinon, bin… :/

    Cela dit, pour revenir à l'héritage de Sun ou SGI qui profitent aux logiciels libres, en plus d'OpenGL déjà cité on peut effectivement citer Open/LibreOffice, NFS, la standardisation d'UNIX System V R4, XFS…

    Et quand je parle de savoir faire et de méthode, il n'y a pas que le code produit, il y a aussi la valeur et le talent des gens qui ont travaillé. IRIX était certes propriétaire, mais puisque c'était à la portée d'un étudiant d'y porter Tremulous, c'est que c'était un Unix assez standard. Ceux qui ont travaillé leur savoir faire sur IRIX ont pu faire valoir ce savoir faire sur Linux !

    Mais plus que le logiciel, c'était surtout les machines qui intéressaient. Et dans ce domaine la considération libre/pas libre n'est pas aussi importante. Ces machines étaient passionnantes pour leur matériel. Autour de moi je voyait surtout une passion pour SGI.

    Et pourle clin d'œil, des milliers de foyers ont eu du matos SGI dans leur salon grâce à la Nintendo 64. Et malgré le fait que ce type de machine soit l'exemple même du développement fermé, il n'en reste pas moins vrai que les avancées techniques tirent toute la concurrence. L'informatique d'aujourd'hui est passée par cette époque, et il y avait des trucs très excitants ! :)

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