La page qui se tourne, c'est surtout à propos du site SunWizard.NET, en effet Sun est mort et beaucoup d'autres aussi. Il reste encore quelques sites de passionnés qui survivent, mais ils vont disparaître un jour ou l'autre, au premier coup de vent. Comme dit dans le journal, il y a eu le désintérêt des industriels, puis ensuite le désintérêt des collectionneurs. Le second désintérêt vient plus tard, mais il vient.
Quoi de libre qui perdurera ? Pas grand chose malheureusement. Libre ou pas, certaines technos étaient sympathiques et ont nourri la passion de certains qui aujourd'hui font du libre (mais pas tous loin de là). On peut tout de même citer la technologie OpenGL, l'implémentation de SGI n'est peut-être pas libre, mais elle a été implémentée avec succès sur nos systèmes libres et non-libres, et c'est un bel exemple de spécification ouverte et interopérable.
Avec la fermeture d'un site comme SunWizard.NET on ne va certes pas pleurer la disparitions de systèmes propriétaires, mais plutôt évoquer avec émotion le témoin d'une culture. Car de tout cela il faut retenir une culture associée qui a certainement fécondé notre culture actuelle, en bien des points. Ce fut l'informatique d'un temps et l'informatique d'aujourd'hui est passée par là, des gens travaillent aujourd'hui en étant passé par là, et ne travailleraient peut-être pas de la même manière s'il n'avaient pas baignés dans cette culture.
Personne ne va regretter les Unices proprios, mais le monde industriel qui a travaillé sous Unix et qui travaille aujourd'hui sous Linux ne peut nier un héritage de savoir faire et de méthode, quand bien même le source ne soit pas partagé.
Pour moi ce type de site évoque avec nostalgie mes années étudiantes et me rappelle de grand moments de geekerie, je sais que la passion que j'ai aujourd'hui a été nourrie par ces choses là, et que l'intérêt que pouvait susciter ce genre de machine y est pour quelque chose, même si j'écris aujourd'hui ce commentaire sur un très classique compatible IBM PC exécutant une très conventionnelle Ubuntu.
Autre exemple, on a récemment eu sur DLFP une belle dépêche sur Haiku, et je sais que l'un des développeurs (ici présent) était, il y a de cela 10 ans également, bien connu d'une autre univers : celui des calculatrices programmables. Alors entre l'asm 68k et la programmation d'un clone de BeOS il y a un monde… mais toutes ces expériences qui se suivent n'ont pas nécessairement besoin d'avoir d'autres point communs que la passion. À un temps une passion, un autre temps une autre passion, et peut-être une coupure complète avec une communauté ou des technologies… Les jeux se succèdent, s'oublient, se cassent, se jettent, mais le joueur reste joueur. :)
ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes
[^] # Re: SAV : coquille
Posté par Thomas Debesse (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal SunWizard.NET n'est (presque) plus. Évalué à 10.
La page qui se tourne, c'est surtout à propos du site SunWizard.NET, en effet Sun est mort et beaucoup d'autres aussi. Il reste encore quelques sites de passionnés qui survivent, mais ils vont disparaître un jour ou l'autre, au premier coup de vent. Comme dit dans le journal, il y a eu le désintérêt des industriels, puis ensuite le désintérêt des collectionneurs. Le second désintérêt vient plus tard, mais il vient.
Quoi de libre qui perdurera ? Pas grand chose malheureusement. Libre ou pas, certaines technos étaient sympathiques et ont nourri la passion de certains qui aujourd'hui font du libre (mais pas tous loin de là). On peut tout de même citer la technologie OpenGL, l'implémentation de SGI n'est peut-être pas libre, mais elle a été implémentée avec succès sur nos systèmes libres et non-libres, et c'est un bel exemple de spécification ouverte et interopérable.
Avec la fermeture d'un site comme SunWizard.NET on ne va certes pas pleurer la disparitions de systèmes propriétaires, mais plutôt évoquer avec émotion le témoin d'une culture. Car de tout cela il faut retenir une culture associée qui a certainement fécondé notre culture actuelle, en bien des points. Ce fut l'informatique d'un temps et l'informatique d'aujourd'hui est passée par là, des gens travaillent aujourd'hui en étant passé par là, et ne travailleraient peut-être pas de la même manière s'il n'avaient pas baignés dans cette culture.
Personne ne va regretter les Unices proprios, mais le monde industriel qui a travaillé sous Unix et qui travaille aujourd'hui sous Linux ne peut nier un héritage de savoir faire et de méthode, quand bien même le source ne soit pas partagé.
Pour moi ce type de site évoque avec nostalgie mes années étudiantes et me rappelle de grand moments de geekerie, je sais que la passion que j'ai aujourd'hui a été nourrie par ces choses là, et que l'intérêt que pouvait susciter ce genre de machine y est pour quelque chose, même si j'écris aujourd'hui ce commentaire sur un très classique compatible IBM PC exécutant une très conventionnelle Ubuntu.
Autre exemple, on a récemment eu sur DLFP une belle dépêche sur Haiku, et je sais que l'un des développeurs (ici présent) était, il y a de cela 10 ans également, bien connu d'une autre univers : celui des calculatrices programmables. Alors entre l'asm 68k et la programmation d'un clone de BeOS il y a un monde… mais toutes ces expériences qui se suivent n'ont pas nécessairement besoin d'avoir d'autres point communs que la passion. À un temps une passion, un autre temps une autre passion, et peut-être une coupure complète avec une communauté ou des technologies… Les jeux se succèdent, s'oublient, se cassent, se jettent, mais le joueur reste joueur. :)
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