Posté par Pierre Roc .
En réponse au journal Un monde sans humain ?.
Évalué à 3.
Dernière modification le 26 octobre 2012 à 16:04.
J’ai commencé tout juste son Zarathoustra, chez moi le surhomme est l’homme émancipé, c’est-à-dire lucide et critique sur le monde qui l’entoure. Ce n’est pas tellement le côté surhomme qu’un petit côté nihiliste et élitiste car le peuple n’accédera jamais à l’état de surhomme, qui est gênant chez Nietzsche. Et il y a volonté de changer le monde dans ce bouquin, au début du moins.
Pour ce qui est de l’influence des auteurs sur les mouvements politiques et historiques, une petite piqûre de matérialisme historique permet d’admettre, à minima, que ce ne sont pas les idées qui préparent les actes des hommes. Ainsi Nietzsche, et le romantisme allemand en général, comme tant d’autres, n’ont que peu de responsabilités dans ce que le nazisme en a fait.
C’est rigolo d’ailleurs comment tout ça se lie et que notre « monde moderne » se (re)pose des questions qui avaient cours déjà il y a plus d’un siècle. Enfin ! rigolo… façon de parler. La croyance en le progrès technique, un progrès naturel qui n’a pas besoin de l’action critique de l’homme, cette croyance est vue comme la roue de secours dans la course vers la performance imposée par la structure et les impératifs économiques de notre société. Lorsque les sociétés se sont rendus compte que cela n’améliorait pas la condition de l’homme, il n’y avait plus que le nihilisme comme solution, en se refusant de réformer la structure de la société. Nietzsche est une tentative pour renouer avec le progrès à mon humble avis.
Là où c’est critique, c’est de croire pouvoir changer la condition de l’homme moderne par l’amélioration technique de l’individu, dans une sorte de fuite en avant, plutôt que d’identifier ce qui rend la condition humaine si mauvaise et notre société si peu viable. J’attribue cela à la disparition de l’esprit de la critique radicale (celle qui interroge et remet en cause les fondations de nos structures socio-économiques) dans l’espace public (aka TINA).
à la 51’ le mec fait directement référence à Nietzsche, et parle de créer/changer l’humanité… hum !
Bref, changer l’homme pour le rendre en accord avec la société (ou un projet de société dans le cas d’un totalitarisme), plutôt que de changer la société pour la mettre en accord avec l’homme.
[^] # Re: Excitant
Posté par Pierre Roc . En réponse au journal Un monde sans humain ?. Évalué à 3. Dernière modification le 26 octobre 2012 à 16:04.
J’ai commencé tout juste son Zarathoustra, chez moi le surhomme est l’homme émancipé, c’est-à-dire lucide et critique sur le monde qui l’entoure. Ce n’est pas tellement le côté surhomme qu’un petit côté nihiliste et élitiste car le peuple n’accédera jamais à l’état de surhomme, qui est gênant chez Nietzsche. Et il y a volonté de changer le monde dans ce bouquin, au début du moins.
Pour ce qui est de l’influence des auteurs sur les mouvements politiques et historiques, une petite piqûre de matérialisme historique permet d’admettre, à minima, que ce ne sont pas les idées qui préparent les actes des hommes. Ainsi Nietzsche, et le romantisme allemand en général, comme tant d’autres, n’ont que peu de responsabilités dans ce que le nazisme en a fait.
C’est rigolo d’ailleurs comment tout ça se lie et que notre « monde moderne » se (re)pose des questions qui avaient cours déjà il y a plus d’un siècle. Enfin ! rigolo… façon de parler. La croyance en le progrès technique, un progrès naturel qui n’a pas besoin de l’action critique de l’homme, cette croyance est vue comme la roue de secours dans la course vers la performance imposée par la structure et les impératifs économiques de notre société. Lorsque les sociétés se sont rendus compte que cela n’améliorait pas la condition de l’homme, il n’y avait plus que le nihilisme comme solution, en se refusant de réformer la structure de la société. Nietzsche est une tentative pour renouer avec le progrès à mon humble avis.
Là où c’est critique, c’est de croire pouvoir changer la condition de l’homme moderne par l’amélioration technique de l’individu, dans une sorte de fuite en avant, plutôt que d’identifier ce qui rend la condition humaine si mauvaise et notre société si peu viable. J’attribue cela à la disparition de l’esprit de la critique radicale (celle qui interroge et remet en cause les fondations de nos structures socio-économiques) dans l’espace public (aka TINA).
à la 51’ le mec fait directement référence à Nietzsche, et parle de créer/changer l’humanité… hum !
Bref, changer l’homme pour le rendre en accord avec la société (ou un projet de société dans le cas d’un totalitarisme), plutôt que de changer la société pour la mettre en accord avec l’homme.