• [^] # Re: Félicitations

    Posté par (site web personnel) . En réponse à la dépêche Lisez en liberté avec TeaBook Open Reader !. Évalué à 3.

    Merci Crev pour cette sympathique réponse à un commentaire peu amène. Je nuance mon point de vue en bas du commentaire, mais avant, voici quelques arguments…

    Un lecteur d’epub a été développé. Il n’est lié à aucune plateforme de vente, il permet juste de se connecter à une API qui elle fourni la gestion des comptes, des livres dispos etc.

    Justement, ce qui transparaît de la dépêche, des commentaires et du site de TEA c’est que le lecteur est la pointe d'un iceberg qui pose question. Sous le lecteur, TEA propose clef en main une certaine idée du livre numérique. La liseuse est faite pour mettre en œuvre cette idée du livre numérique, de sorte que cette idée imprègne la technologie même de la liseuse.

    TEA propose que le livre numérique soit dans les nuages, associé à une enseigne de ventes et à un compte client. Or, cette façon de concevoir le livre numérique contredit à mon avis, le projet affiché : « lire en toute liberté ».

    • Application dans les nuages : dans la vraie vie, le serveur est aux mains du vendeur, et l’utilisateur n’a pas la possibilité d’exercer les libertés offertes par la licence. En outre, le vendeur peut, à peu de frais, supprimer la possibilité de télécharger l’e-book, ou de lire hors ligne, car vous avez fait le plus gros du travail de développement de lecture en ligne. Bref, c’est de la liberté logicielle à destination des vendeurs, pas des lecteurs.
    • API de gestion des comptes : Cette API est partie intégrante du produit, pourtant elle n’est pas nécessaire à la lecture des livres. Elle a d’autres finalités, la question étant de savoir lesquelles. Je ne doute pas des intentions de TEA. Je doute des intentions de ceux à qui la technologie de TEA est destinée. J’ai été pris de vertige en imaginant qu’une telle API permettait de réaliser les rêves les plus fous des éditeurs : publicité ciblée, authentification à chaque lecture, verrouillage du nombre de lectures possibles… Là encore, ce sont des possibilités offertes par la technologie de TEA, difficilement accessibles avant cela.
    • Une instance de l’application pour chaque libraire, tablette bookeen avec un ebookstore dédié à chaque enseigne, serveurs-bibliothèques dédiés à chaque enseigne : Quid de la possibilité d’accéder facilement à ma bibliothèque hébergée chez plusieurs enseignes ? Dois-je vraiment argumenter pour expliquer ça contraint la lecture plus que ça ne la libère ?
    • Design propriétaire, DRM : Je ne dis pas que c’est mal, je dis juste que ce n’est pas libre.

    Les choix techniques ne sont jamais innocents. Ils poussent toujours les usages dans un sens ou dans l’autre. Vous proposez une liseuse dont toute la technologie est faite pour que les enseignes maîtrisent totalement la liseuse, la lecture et le lecteur, et vous nous dites que le projet consiste à « libérer la lecture ». C’est paradoxal. Je crois que la lecture se porterait mieux sans ce genre de technologie.

    À moins que TEA ne gère lui-même les serveurs, et veille au grain, je ne vois pas comment il peut espérer que sa technologie « libère la lecture ». Mais si, effectivement, le projet de TEA consiste à gérer les serveurs et à assurer le b-a-ba de la liberté du lecteur, je suis prêt à vous faire confiance. Je trouverai même le concept génial.