• [^] # Re: Quelques chiffres également

    Posté par . En réponse au journal Quelques chiffres. Évalué à 4.

    Mon analyse à moi serait que les plus grosses distros sont celles qui sont les plus forkées. Est-ce que cela viendrait du fait qu'elles seraient trop généralistes ou bien tout simplement qu'elle seraient vraiment trop au point et vraiment bien foutues, amenant beaucoup d'utilisateurs ou de fans voulant s'approprier un peu plus leur distrib' favorite à forker/créer une distribution dérivée ou en faire un spin-off (ou « remix ») ?

    Ce sont aussi de fait les plus grosses distributions qui offrent le plus d'outils dédiés à ce genre de manipulation, qui couvrent le plus d'architectures et qui facilitent l'accès à la documentation grâce à de grosses communautés qui contribuent forcément plus en terme de volume qu'une distro plus indépendante et/ou marginale.

    Comme le journal parle d'un état des lieux des distributions alternatives, il est plus intéressant à mon sens de se pencher sur les ditributions indépendantes et dites « from scratch ». De mon point de vue, je vois se détacher du lot, bien moindre, des distrib' « indé », certaines encore vivantes à ce jour, dans l'ordre de lecture et très subjectivement :

    • Alpine Linux, dont on a parlé ici récemment, à ne pas confondre avec Alpine, le courielleur, une distribution minimaliste pour serveurs/routeurs/sécurité/réseau

    • On voit ensuite (enfin surtout moi, vu que j'en suis le développeur) la dure-à-googler et mal nommée 0, une distribution multilib pour le public francophone, marginale et en plein développement

    • T2, une méta-distribution fournissant les outils pour créer sa propre distribution, que j'ai vaguement parcourue

    • Linux From Scratch/LFS ainsi que sa traduction française, cet excellent projet qui n'est pas à vrai dire une distribution, mais plutôt une méthode de compilation manuelle pour se créer sa propre distribution aux petits oignons depuis « rien » (« from scratch »)

      • NuTyX, basée elle-même sur LFS, uns distribution francophone généraliste complète, plutôt en fin de vie car en cours de recadrage sur LFS
    • Je remarque également PLoP, cette distribution « live » qui peut démarrer depuis de nombreux supports et servir de système de secours ou de serveur

    • Suivent les distributions dédiées aux systèmes embarqués, comme μClinux et OpenEmbedded qui se définit plutôt par un environnement de compilation croisée permettant de construire des systèmes embarqués, environnement sur lequel Ångström se base pour créer sa distribution pour l'embarqué, se voulant stable et facile d'utilisation

    • Je note enfin la vénérable CRUX et son fameux système de ports, repris ailleurs par NuTyX et OpenBSD (la page Wikipédiade CRUX la définit aussi comme maman de ArchLinux, j'aurai appris quelque chose).

    On regretta pour finir les trop nombreux projets morts, certains ayant perduré plusieurs années d'ailleurs, et il serait très intéressant de connaître les raisons qui ont poussé ces projets dans l'immense cimetière des projets libres avortés (on ne parle d'ailleurs pas des licences de toutes ces distributions).

    Tout ça me laisse une impression qui est je pense partagée par beaucoup : « mais pourquoi toutes ces distributions, bordel ? » ainsi qu'un sentiment d'énorme gâchis de temps et d'énergie, mais une autre partie de moi me dit « Et pourquoi pas, tant qu'on peut ? ». Cette variété et ce choix sont une force autant qu'une faiblesse dans le Libre.