• [^] # Re: chez Owni aussi :

    Posté par . En réponse au journal Calimaq : Défense et illustration de la clause non commerciale. Évalué à 6. Dernière modification le 20 octobre 2012 à 12:22.

    J'ai un cousin qui, ignorant l'existence de nos querelles et des logiciels libres, décide de créer un jeu de société librement copiable, redistribuable, mais avec son NC perso et décide, parce que ça lui semble correspondre à son idée, de l'appeler Libre Kamoulaux.
    Dois-je le dénoncer au Comité International Librique pour utilisation non appropriée du terme ?

    La bonne chose à faire est d'aller vers ces auteurs pour, sans les accuser ou les diaboliser, leur expliquer la signification qu'a pris le mot "libre", et leur faire comprendre les dangers d'affaiblir un tel concept en l'utilisant dans des contextes où il n'a pas sa place. On peut alors les encourager à choisir un autre terme pour leur projet (en insistant sur leur légitimité à choisir la licence qui leur convient en tant qu'auteur), par exemple "diffusion ouverte" pour clarifier la situation.

    Bien sûr ça peut aussi être une occasion de présenter les avantages du libre (diffusion plus aisée, usages originaux et non prévus au départ..) et en pratique ça arrive de faire changer d'avis les gens sur les clauses NC ou ND, mais ce n'est pas le but principal d'une telle démarche. Il faut reconnaître leur légitimité et insister sur le fait que la licence qu'ils ont choisi est très bien (puisqu'ils l'ont choisie), mais qu'il faut simplement utiliser un autre terme pour la décrire.

    Je rappelle que le sens d'un mot n'est pas défini de façon normative mais par l'usage que les gens en font. Concrètement ça veut dire qu'avec la longue histoire du "libre" dans l'informatique, qui a été son emploi principal et reconnu pendant des dizaines d'années pour désigner des œuvres, on a une forte légitimité à dire que le mot "libre" est le sens qu'on lui a donné : l'usage, c'est nous. Après c'est à chacun de contrôler son usage et celui des autres pour sentir, et influencer, la façon dont l'usage évolue. Si personne ne se bouge pour dire "non, ça c'est pas ce qu'on appelle libre", évidemment les gens seront tentés d'utiliser ce mot pour un peu tout et n'importe quoi (parce que c'est un joli mot qu'on a envie d'employer). Mais chacun peut agir pour préserver ce sens fort et donc cet usage restreint, et on a tout à gagner à en profiter pour faire connaître les idées du libre au lieu de les laisser ce noyer au milieu d'un concept qui veut tout dire à partir du moment où tu ne fais pas payer les gens pour distribuer l'œuvre.

    Ça ne veut pas dire dénigrer ce qui n'est pas libre, mais simplement dire que ce n'est pas ça le libre. Après chacun fait ses choix, mais il faut que les gens connaissent le libre pour pouvoir faire un choix informé, et pour que le concept soit visible il faut qu'il garde son nom.