• [^] # Re: chez Owni aussi :

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Calimaq : Défense et illustration de la clause non commerciale. Évalué à 6.

    J’ai quand même fait un commentaire chez owni, mais il semble y avoir un modération, donc en attendant qu’il passe (ou pas) :

    Au cœur de ce débat, il me semble qu’il y a une volonté, délibéré ou non, d’auteur(e)s que les valeurs du libre n’intéresse pas, mais qui souhaite pouvoir bénéficier de son aura, qui découle directement de ses valeurs.

    J’ai publié il y a quelques mois un billet sur le sujet du libre et de la gratuité :
    http://www.culture-libre.org/decouvrir/article/le-libre-et-la-gratuite

    L’anticommercial ne cadre pas avec les valeurs du libre.

    Si vous ne voulez pas faire de libre, n’en faites pas, c’est votre choix. Faites du gratuit non-libre si c’est ce que vous voulez. Mais s’il vous plaît, arrêter de détruire la notion du libre dans vos tentatives d’appâter vos clients.

    Je remarque des affirmations qui sont tout simplement fausse ou tellement mal exprimé qu’elle me paraisse relevé du paralogisme dans le meilleur des cas, par exemple :
    « Mais pour les oeuvres non-logicielles, les hypothèses de déclenchement de la clause SA sont plus rares. L’auteur d’un roman par exemple ne pourra pas empêcher que son oeuvre soit vendue, telle quelle par un éditeur s’il la place simplement sous licence BY-SA. Pour la photographie, c’est encore plus le cas. Les photos peuvent facilement être réutilisées sans modification, comme illustrations. Dans cette hypothèse, le partage à l’identique ne se déclenche pas. »

    L’auteur d’un logiciel, une fois publié sous licence libre, ne peut lui non plus pas empêcher
    que son oeuvre soit vendue, telle quelle par un éditeur. Il n’y a là aucune différence.

    Plusieurs remarques sur le fait que « toutes les œuvres ne sont pas des logiciels ». D’abord il a noter qu’au contraire tous les logiciels sont bien des œuvres, au même titre que toutes les photos et tous les romans sont des œuvres.

    Le premier point mis en avant dans les quatre libertés que doivent conférer une œuvre pour être libre, c’est la liberté d’usage. Je crois que les personnes partisanes de la NC ne soupçonne pas pour la plupart à quel point ils sont en total opposition avec ce premier principe fondamental du libre.

    Car plus important encore que la possibilité d’utiliser l’œuvre pour des fins commerciales, ceci permet à tout à chacun d’utiliser l’œuvre pour un emploi complètement détaché de la réflexion ayant mené l’auteur à sa conception. Ce qui m’amène à dire cela, c’est ce constat : tout fichier numérique est susceptible d’être interprété en tant que logiciel. Et toute œuvre peut être numérisé. Autrement dit, dire que « toute œuvre n’est pas logiciel », c’est déjà présumé de l’usage qui sera fait de l’œuvre, sans même parler commercial ou non. Bien entendu, concevoir un encodage d’une œuvre analogique et concevoir un interpréteur susceptible d’exécuter cette numérisation comme un logiciel valide est totalement tiré par les cheuveux. Mais c’est bien cela aussi la liberté : pouvoir faire tout et n’importe quoi de l’œuvre.

    Tout ceci nous ramène à un autre point que j’ai développé dans un autre billet qui demande « à qui appartient l’ensemble des entiers naturels » :
    https://linuxfr.org/users/psychoslave__/journaux/droit-dauteur-%C3%A0-qui-appartient-%E2%84%95

    Il semble que tout le monde est prompt à user du terme numérique sans réfléchir aux implications ontologiques d’un monopole sur un fichier numérique, c’est à dire la délivrance de monopoles sur des nombres entiers.

    Plus largement, il y a un dédain pour les réflexions de fonds, quels sont les propriétés des objets virtuels et des objets actuels ? Mais le débat ne va généralement pas même jusqu’au constat de ces deux classes distincts d’objets, au contraire l’amalgame semble être de rigueur.