• [^] # Re: Le graphique

    Posté par . En réponse au journal Quizz spécial moules. Évalué à 1.

    Il est consommé mais pas consumé, l'argent dépensé reste dans l'économie. Si machin construit une villa, ça fait une demande d'emploi, une entreprise fait du boulot, et si elle n'a pas assez de main d’œuvre elle va embaucher, je ne vois pas en quoi ce serait néfaste.

    Non, non, non. C'est Ce qui compte ce n'est pas l'argent, c'est les biens physiques. Ici M. Cruise avait le choix entre

    • construire sa maison, qui lui apporte de l'utilité, mais qui rapporte peu aux ouvriers, qui sont payés autant que si ils bossaient sur le chantier d'à coté.
    • faire une usine de sucettes, qui rapporte d'avantage aux ouvriers de l'usine, car ils ont un travail sur le long terme, et qui rapporte également aux clients de l'usine, qui ont des biens qu'ils n'auraient pu avoir dans le premier cas, et qui lui rapporte également à terme d'avantage que ce qu'il a investit (ou du moins statistiquement). Gagnant-gagnant-gagnant.

    Avec des lois stupides, M. Cruise va, au lieu de mettre ses 300M€ en bourse, ce qui entrainerait des investissements pour un total cumulé de 300M€, ce qui créerait de la richesse, faire sa maison. M. Cruise n'aura pas ses intérêts sur investissement, qui lui aurait permis de faire dix chambres supplémentaires pour ses amis scientologistes. Les ouvriers de l'usine iront à la place faire des bonbons Haribos, où ils seront moins bien payés. Et les petits enfants du monde entier n'auront pas de bonnes sucettes, mais de mauvais bonbons (c'est la touche de sentimentalisme). Que des perdants.

    Parmi ces lois stupides qui peuvent décourager M. Cruise, il y a celles qui diminuent la fluidité, car il pourra moins facilement revendre son usine quand il le voudra. Autrement dis, il aura un coffre fermé à clef, et il n'aura la clef que dans X années. Or M. Cruise veut sa maison avant que ses enfants ne soient vieux. Il ne va donc pas bloquer son argent, donc ne pas investir.

    Je crois qu'il y a une incompréhension sur le terme ça marche. Pour toi, c'est un critère d'efficacité : le métro arrive à amener des millions de voyageurs du point A au point B. Avec les moyens quasi-illimités dont dispose l'État, c'est faisable, comme d'envoyer des hommes sur la Lune. Pour moi, c'est un critère d'efficience : le métro a coûté des centaines de milliers d'homme-années, de nombreuses vies, d'innombrables ressources naturelles, des nuisances considérables, etc. Aurait-on pu faire mieux avec tout cela ?

    Je suis, comme toi, contre le fait que l'État assure gratuitement BP, les centrales nucléaires privées et les banques. Ce n'est pas la question, qui est : l'État est-il meilleur entrepreneur que le privé ? C'est l'efficience qui est importante, pas l'efficacité. Si l'État arrive à faire que 100% de ses magasins de vente de sucettes survivent, c'est à quel prix ? Subventions, limitation de la concurrence ? Je m'en fout que le magasin appartienne à X, à Y, ou à l'État. Ce que je veux c'est des magasins tenu intelligement, ce qui correspond pour le client à une satisfaction maximale à niveau de prix donné, pour l'employé à un revenu maximal à effort (!= temps de travail) donné, et pour l'entrepreneur à des dividendes maximales à risque donné. Pour moi, dans le cas général, l'État est bien plus loin de la frontière efficiente que les entrepreneurs privés, et reste plus longtemps dans l'erreur que le privé, tout en explorant moins de compromis. Je préfère une entreprise qui fait faillite à une entreprise qui s'accroche à un concept qui ne marche pas.

    Certains cas particuliers existent où l'intervention mesurée de l'État est la réponse adaptée, mais il ne faut pas extrapoler à partir de ces cas, qui sont dans des secteur très circonscrits, comme les monopoles naturels ou les secteurs à très forte externalités (ex police, recherche fondamentale). Mais même dans ces secteurs, l'action de l'État doit être efficiente, donc des moyens limités et des objectifs vraiment utiles et dans la cible. Des contre-exemples sont l'homme sur la Lune et l'abus de propriété intellectuelle des organismes publiques.