• # je crois que c'est une question d'esprit.

    Posté par . En réponse au journal Radioamateurisation du libre. Évalué à 10.

    Cela fait pffffff Plus d'un an que je ne viens plus me loger ici, même si je lis régulièrement les journaux, et certaines dépêches.

    Parce que l'ambiance me saoule. Cela provient au moins autant de moi que des autres, et je n'accuse personne. Mais, de mon point de vue, depuis mon premier message jusque mon dernier (avant celui-là) l'ambiance a changé. L'engouement du "libre pour le libre" - même si tu en chies ta race pour arriver à démarrer le serveur X, même si ta carte réseau t'a pris une semaine pour arriver à surfer sur le ternet, tu t'en moques parce que tu t'accroches à l'idée du libre comme principe premier - a diminué.

    Ce n'est pas forcement un concept qui se doit d'être universel i.e. devant s'imposer à tout le monde, mais c'est, à mon humble avis, pour moi, le moteur même de mon entrée dans le libre. 100% libre (peut être quelques firmwares de carte graphique, je ne sais plus mais il me semble bien). Et j'ai pas commencé en 2010 avec ubuntu "qui roxe", j'ai commencé en 1999 ou dans un document texte tu faisais CTRL+S à presque tous les mots (une habitude dont j'ai du mal à me défaire depuis.)

    Parce que le libre est un moteur, ou plutôt un escalier, d'apprentissage chaque nouvelle avancé (connaissance) est une nouvelle marche vers la suivante. Et cette dynamique est plutôt positive pour tous (c'est mon coté enseignant-formateur) car elle replace l'individu comme acteur de sa vie et non comme consommateur qui consomme … ce qu'on lui propose.

    Lorsque Internet est devenu grand public dans les années 2000 (un peu avant) avec les forfait illimités (j'ai commencé en payant à la minute en 14 Ko avec les fameux modem us-robotics) beaucoup de gens ont pensé que cela allait changer la face du monde en réduisant le nombre de consommateurs téléphages. 15 ans après, nous avons des consommateurs facebookphage (bien que facebook perde de la vitesse). La consommation passive de télé s'est porté sur la consommation passive de réseau 2.0 de "merde".

    Alors l'un n'est pas la cause de l'autre, mais on a vu arriver dans le libre le même genre de comportement. Il y a eu une grande offensive de l'open source sur l'importance de "la qualité du logiciel", la comparaison avec le non-libre. Et il est devenu de bon ton que ceux qui trouvent que la liberté est un concept qui peut être premier dans une démarche et qu'il faut toujours le dire sont des "nazis" et des intégristes. Ce sont des gens qui utilisent le libre parce que c'est plus simple (comme je repompe des biblio je peux pas faire autrement, comme je suis petit sur le marché en non libre jamais je ne percerais…) Ok, pas de soucis c'est une des liberté que le libre apporte sans soucis de retour. MAIS si cela avait été le cas dès le début il y a 25 ans : le libre serait toujours un truc de geek sur irc en noir et blanc et console.

    La qualité d'un logiciel c'est un truc tellement relatif. Je suis aussi prof dans une école (de la 4ème au bac+3). Les gens utilisent bien évidement word-dernier_en_date (license éducation) : ils ne savent même pas que l'on peut commencer à numéroter des pages qu'à certains endroits et font sur un document séparé les pages qui ne doivent pas être numérotées. Alors à ce niveau de connaissance word 2012 ou works 1995 ou ooo 1998 pas de différence. Moi je n'arrive plus à faire autrement qu'avec Latex (et parfois j'en chie des rond de chapeau pour faire ce que je veux, mais bien moins qu'avec les autres). Donc que l'on ne me parle pas de qualité. De mode OK, mais pas de qualité. Les gens dessinent dans power point alors le "bouffon" qui me parle du retard de inkscape sur illustrator-dernier_du_nom je m'esclaffe. (je suis pas prof d'info). Les profs font leur cours et interros en photocopie-ciseau-colle.

    DONC NON la qualité ce n'est pas l'objectif et de mon point de vue le libre est premier. Comme cet état de fait est "conspué" ici, les gens se barrent et ne participent plus. Alors il reste tout plein de gens super compétents et investis (je ne vais citer personne pour ne pas froisser ceux que je vais oublier et ceux qui pensent se retrouver dans la catégorie - je n'en fais pas parti) mais la FOI qui portait la communauté il y a 10 ans c'est diluée dans le relativisme et le pragmatisme ambiant.

    La majorité à un compte facebook, gmail, utilise google doc, flikr et consort… et trouvent cela bien. Ok, ils ont probablement raison, mais ils ont perdus de ce qu'était le libre. Pas le truc de geek qui sert à juste se sentir supérieur le truc qui fait que tu as un truc à partager, qui sert à apprendre un quelque chose à l'autre, un truc qui permet à l'autre d'adapter un peu à ce qu'il a besoin, LE truc qui en fera un acteur et pas un consommateur.

    Et ils sont ici ce qu'ils sont : des consommateurs.

    Alors je parle, mais je ne suis pas mieux, car je ne participe plus. Mais honnêtement je suis usé de me battre contre des moulins à vent. Je le fais dans mon entourage, petit à petit à l'école (je vais probablement mettre en place le labo de langue libre sur lequel j'ai travaillé), ma famille, mes amis.

    La vie continue, et linuxfr perd mes contributions (souvent inutiles). Je ne suis pas forcément le seul…

    The show must go on et bien sur c'était mieux à vent.