• # Les Musulmans

    Posté par . En réponse au journal Le prophète et la liberté. Évalué à 3.

    En 2001, j’avais traité le Prophète de menteur devant un parterre de Musulmans, parmi lesquels je ne connaissais que mon hôte et ami. Ils se sont offusqués, ça va de soi. Mais ils ont très bien compris que je ne cherchais pas à insulter malgré l’apparence, je défendais mon point de vue comme ils défendaient le leur. Chacun a campé sur ses positions et au final tout le monde était heureux d’une discussion aussi animée. Ils adorent discuter entre amis. Et dans cette bourgade oranaise je continue d’être accueilli à bras ouvert.

    À mon deuxième séjour, en 2010, la discussion religieuse était devenue presque un rituel, une complicité entre les Algériens et moi. Au moins en ce lieu, les Musulmans, hommes et femmes, adorent parler de l’Islam. Et même si on n’est pas d’accord avec eux, ils apprécient d’être écoutés et ils acceptent d’être contredits.

    Pourtant, je suis hors champs de la tolérance, circonscrite par la Sunna aux “gens du Livre”, à savoir les Juifs, Chrétiens et apparentés, et en théorie plus qu’en pratique les zoroastriens. Tous les Musulmans sont extrémistes, en ce sens que l’Islam a borné leur éducation et qu’il n’est bordé par aucune frontière. Ça n’empêche pas que l’amitié avant tout, et violence le moins possible.

    La seule mesure de rétorsion contre moi : ils s’inquiètent parce qu’ils me croient promis à l’enfer.
    Je polémique contre l’Islam, mais je n’aime pas qu’on l’insulte parce que ça insulte mes amis.

    Liberté d’expression, je veux bien. Mais la liberté d’expression, ça passe quand même mieux quand on respecte les autres. Et quand ça ne sert pas de prétexte à allumer des conflits inutiles, ou à remplir les caisses en se foutant des conséquences.