• [^] # Re: Pour!

    Posté par . En réponse au journal Le prophète et la liberté. Évalué à 4.

    Bah moi c'est plutôt le "risible" que je ne comprend pas. J'ai l'impression qu'il y a une sorte de glissement sémantique sur le "rire", les gens écrivent "lol" alors qu'ils ne rient pas, et ils décrivent comme "risibles" des choses qui ne les font pas rire du tout.

    Quelle est la réaction d'un enfant quand on lui explique que le père Noël n'existe pas? Il pleure, il ne veut pas croire, il devient violent, et il s'en prend au messager. C'est une sorte de rite initiatique, il en sort plus fort : il s'aperçoit que les gens peuvent mentir, qu'il faut vérifier par soi-même avant de croire ce qu'on nous raconte, etc. Mais si par malheur on reste bloqué au stade "père Noël", j'ai l'impression qu'on ne peut plus sortir de la première réaction (dénégation, violence, etc). Je ne suis pas sûr que ça vaille le coup de lutter contre une telle force conservatrice, c'est évident que les gens croyants se sentent insultés, humiliés, et infantilisés par le discours rationaliste. Ça les conduit en général à nier les évidences matérielles, à rejeter en bloc la logique scientifique, et à s'isoler dans un "monde spirituel" dans lequel une logique dévoyée est assez accommodante pour permettre la coexistence de faits et de croyances complètement paradoxaux. J'aime assez la thèse développée par Dawkins (et d'autres) sur la nature quasi-pathologique de l'hallucination religieuse : les croyants voient et entendent des choses qui n'existent pas, s'isolent du monde extérieur, leurs actes ne sont pas justifiés par un raisonnement rationnel, deviennent parfois violents quand on les contredit, bref, des signes cliniques qui évoquent une maladie psychiatrique. Or, un fou ne peut pas admettre qu'il est fou (s'il l'admet, c'est qu'il est sur le chemin de la guérison, puisqu'il devient capable de déterminer ce qui est du ressort de la folie et ce qui ne l'est pas).