Comme c'est très bien expliqué dans la vidéo de J.M. Jancovici (que je cite souvent car il est très pédagogue, mais il n'est pas vraiment le seul) que j'ai mise en lien plus haut sur le pétrole : l'énergie ne vaut rien. Un litre d'essence contient à peu près 10 kWh d'énergie et tu payes ça un prix dérisoire si tu compares à ce que tu devrais payer pour avoir des "esclaves" qui pédaleraient pour générer la même énergie… Par ailleurs, le pétrole - en tendance longue - a augmenté moins vite que le pouvoir d'achat, et n'est toujours pas si cher que ça aujourd'hui (c'est vrai pour l'énergie en général : combien de temps dois-tu travailler pour te payer une tablette Android chinoise à 100 € ?). Dans le pétrole, on ne paye que le prix de l'extraction/raffinage/transport de la ressource. Personne ne paye la ressource elle-même (le pétrole était là, a mis des centaines de millions d'années à se former, et les personnes assises dessus le pompent gratuitement ! Idem pour les ressources metalliques : tout est gratuit !)
Il me semble très possible que dans 10 ans le prix du pétrole soit très volatil, et celui de l'essence très supérieur à 2€/L. Pour amortir cela, il serait utile que nos gouvernements instaurent dès maintenant une taxe progressant plus vite que le pouvoir d'achat au lieu de subventionner ou faire baisser le prix à la pompe. Evidemment, c'est compliqué, car augmenter le prix de l'énergie signifie rogner (potentiellement significativement) sur le pouvoir d'achat des gens, générer du chômage et des situations sociales difficiles pour ceux qui ont déjà du mal à boucler leur fin de mois, etc. Mais cela dit
cette situation va se produire de toute façon. Si on ne l'organise pas, ça sera juste subi
il vaut mieux que des sous rentrent dès maintenant dans les caisses de l'état français pour aider à organiser la transition (et créer des emplois afférents), plutôt que d'aller dans les poches des pétroliers lorsqu'on subira la hausse réelle. D'ailleurs, forcer nos constructeurs Français à créer dès maintenant des véhicules légers (type 2CV) qui consomment 1 ou 2L / 100km pourrait bien leur éviter de faire faillite comme GM dans qq années…
Bref, il me semble qu'aujourd'hui il n'y a pas d'alternative réelle à une combinaison efficacité+sobriété. Le côté "nouvelles technologies" / "renouvelables" restent des queues de cerises : tant qu'il faudra du lithium et du cobalt pour les batteries et du neodyme pour les éoliennes (ou des terres cultivables pour la biomasse et les agrocarburants, en compétition avec les cultures alimentaires) ça ne passera pas à l'échelle. Les gains de productivité (qui font qu'on vit bien mieux et bien plus nombreux qu'au XVIIe siècle) permis depuis le début de la révolution industrielle sont très largement dus à l'énergie abondante et pas chère (un ouvrier sur une chaîne de production peut produire beaucoup grâce aux machines infiniment plus puissantes que ses muscles… mais qui consomme de l'énergie !)
d'autant plus que aujourd'hui on pourrait remplacer certains métaux rares par d'autres qui sont très abondants (comme le fer) sans grand changement
"Sans grand changement" ? ça a besoin d'être argumenté et la question est complexe, car chaque métal a ses propriétés chimiques spécifiques (par exemple le zinc sert à lutter contre la corrosion - ça ne marche évidemment pas avec du fer… mais le zinc sera +/- épuisé dans environ 20 ans ! Et concernant le recyclage, les usages dispersifs (e.g. du zinc dans le dentifrice ou du cobalt dans les feux d'artifice) ne sont évidemment pas récupérables…)
En effet, les études se gardent de projeter les possibilités d’extraire certaines sources qui sont aujourd'hui inabordables mais pourrait un jour l'être.
Je suis d'accord que le prix d'une ressource influe sur la quantité des stocks accessibles de manière (économiquement) rentable. ça n'est d'ailleurs pas négligé par les gens qui s'intéressent à la question contrairement à ce que tu dis. Il n'empêche que si une ressource comme le pétrole devient limitée en volume, augmenter le prix n'augmente pas les volumes disponibles (qui sont tributaires des lois de la physique et de la géologie…) : si demain, il y a 10x moins de pétrole, tu auras 10x moins de transports au niveau macroscopique, et un PIB (donc un pouvoir d'achat moyen) divisé entre 10 et 20 ! (même si au niveau individuel, quelques personnes pourront toujours s'offrir cet accès au pétrole - dans la limite des volumes disponibles…).
Enfin bref, ce n'est pas que j'entretienne forcément une vision apocalyptique de l'avenir, mais je trouverait salutaire qu'on réfléchisse tous et dès maintenant aux manières de moins (et mieux) consommer.
[^] # Re: [X] je change de machine moins souvent
Posté par karteum59 (site web personnel) . En réponse au sondage Question gestion de l'énergie. Évalué à 4.
Comme c'est très bien expliqué dans la vidéo de J.M. Jancovici (que je cite souvent car il est très pédagogue, mais il n'est pas vraiment le seul) que j'ai mise en lien plus haut sur le pétrole : l'énergie ne vaut rien. Un litre d'essence contient à peu près 10 kWh d'énergie et tu payes ça un prix dérisoire si tu compares à ce que tu devrais payer pour avoir des "esclaves" qui pédaleraient pour générer la même énergie… Par ailleurs, le pétrole - en tendance longue - a augmenté moins vite que le pouvoir d'achat, et n'est toujours pas si cher que ça aujourd'hui (c'est vrai pour l'énergie en général : combien de temps dois-tu travailler pour te payer une tablette Android chinoise à 100 € ?). Dans le pétrole, on ne paye que le prix de l'extraction/raffinage/transport de la ressource. Personne ne paye la ressource elle-même (le pétrole était là, a mis des centaines de millions d'années à se former, et les personnes assises dessus le pompent gratuitement ! Idem pour les ressources metalliques : tout est gratuit !)
Il me semble très possible que dans 10 ans le prix du pétrole soit très volatil, et celui de l'essence très supérieur à 2€/L. Pour amortir cela, il serait utile que nos gouvernements instaurent dès maintenant une taxe progressant plus vite que le pouvoir d'achat au lieu de subventionner ou faire baisser le prix à la pompe. Evidemment, c'est compliqué, car augmenter le prix de l'énergie signifie rogner (potentiellement significativement) sur le pouvoir d'achat des gens, générer du chômage et des situations sociales difficiles pour ceux qui ont déjà du mal à boucler leur fin de mois, etc. Mais cela dit
Bref, il me semble qu'aujourd'hui il n'y a pas d'alternative réelle à une combinaison efficacité+sobriété. Le côté "nouvelles technologies" / "renouvelables" restent des queues de cerises : tant qu'il faudra du lithium et du cobalt pour les batteries et du neodyme pour les éoliennes (ou des terres cultivables pour la biomasse et les agrocarburants, en compétition avec les cultures alimentaires) ça ne passera pas à l'échelle. Les gains de productivité (qui font qu'on vit bien mieux et bien plus nombreux qu'au XVIIe siècle) permis depuis le début de la révolution industrielle sont très largement dus à l'énergie abondante et pas chère (un ouvrier sur une chaîne de production peut produire beaucoup grâce aux machines infiniment plus puissantes que ses muscles… mais qui consomme de l'énergie !)
"Sans grand changement" ? ça a besoin d'être argumenté et la question est complexe, car chaque métal a ses propriétés chimiques spécifiques (par exemple le zinc sert à lutter contre la corrosion - ça ne marche évidemment pas avec du fer… mais le zinc sera +/- épuisé dans environ 20 ans ! Et concernant le recyclage, les usages dispersifs (e.g. du zinc dans le dentifrice ou du cobalt dans les feux d'artifice) ne sont évidemment pas récupérables…)
Je suis d'accord que le prix d'une ressource influe sur la quantité des stocks accessibles de manière (économiquement) rentable. ça n'est d'ailleurs pas négligé par les gens qui s'intéressent à la question contrairement à ce que tu dis. Il n'empêche que si une ressource comme le pétrole devient limitée en volume, augmenter le prix n'augmente pas les volumes disponibles (qui sont tributaires des lois de la physique et de la géologie…) : si demain, il y a 10x moins de pétrole, tu auras 10x moins de transports au niveau macroscopique, et un PIB (donc un pouvoir d'achat moyen) divisé entre 10 et 20 ! (même si au niveau individuel, quelques personnes pourront toujours s'offrir cet accès au pétrole - dans la limite des volumes disponibles…).
Enfin bref, ce n'est pas que j'entretienne forcément une vision apocalyptique de l'avenir, mais je trouverait salutaire qu'on réfléchisse tous et dès maintenant aux manières de moins (et mieux) consommer.