Mais certains arrivent à faire très bien, c'est donc qu'il existe des « méthodes » et autres « bonnes pratiques » qui permettent de limiter les dégâts…
C'est à dire qu'une bonne traduction est une bonne trahison. C'est un vrai travail littéraire, àmha pas assez reconnu. Les traductions qui font l'unanimité, j'en connais pas. Il se trouve toujours quelqu'un pour te pointer un passage avec une erreur grossière afin de te montrer que le gars n'a pas une maîtrise de la langue traduite suffisante ou prend trop de liberté. Alors qu'en fait, je trouve qu'on s'en moque un peu, tant que la traduction se lève de terre. Je ne veux pas lire un texte qui rampe exactement sur sur l'original, je veux lire de la littérature, quelque soit le genre, un truc qui étende mon imaginaire ou ma compréhension du réel. Si pour ça le traducteur doit y mettre un peu de son propre souffle, bah ça me va tout pareil (de toute façon, je ne comprendrais rien à l'original).
Qui plus est, il faut ajouter à cela une contrainte supplémentaire dans le cas du sous-titrage : le lecteur lit en temps réel. Il faut donc des textes relativement courts, avec des mots que l'œil reconnaîtra facilement (et dans le cas du doublage, c'est un peu pareil, il faut que ça se cale sur le temps de parole de l'acteur). Je ne suis donc pas sûr du tout que dans une fenêtre aussi étroite, il y ait des «balles en argent» qui touchent toujours au but. Avec l'anglais, c'est très régulièrement que je comprends des subtilités à l'oral, non-retranscrites dans le sous-titre mais sans que celui-ci soit faux (c'est juste que, par exemple, il va perdre un jeu de mots ou un double sens, ou une certaine force ou gravité dans le propos). Je ne jette cependant pas la pierre aux sous-titrage, parce que ce que si moi-même je vois ce qui est perdu (ce qui dans l'absolu dégrade la qualité du film), je ne vois pas comment le caser dans le tout petit texte qui s'affiche pendant une seconde.
Mais bon, ces réserves faites, je te rejoins quand même. Il y a effectivement des cas patents où tu as envie de distribuer quelques claques. L'exemple qui me vient, est celui d'Impitoyable (Unforgiven) : le tôlier du bordel insulte ses filles qui ont usé de leurs relations professionnelles pour lancer un contrat sur les têtes de deux gars. Dans le sous-titre ça donne «stupides bourriques», dans le doublage «stupides putains», alors que l'original est, si je me souviens bien, «stupid bitches». Résultat, je préfère regarder la VF, rugueuse comme il se doit, que de me taper un sous-titrage cul-serré sur un film de ce genre.
[^] # Re: Comment le voir ?
Posté par Ignatz Ledebur . En réponse au journal [Animation] Les Enfants Loups, Ame et Yuki. Évalué à 2.
C'est à dire qu'une bonne traduction est une bonne trahison. C'est un vrai travail littéraire, àmha pas assez reconnu. Les traductions qui font l'unanimité, j'en connais pas. Il se trouve toujours quelqu'un pour te pointer un passage avec une erreur grossière afin de te montrer que le gars n'a pas une maîtrise de la langue traduite suffisante ou prend trop de liberté. Alors qu'en fait, je trouve qu'on s'en moque un peu, tant que la traduction se lève de terre. Je ne veux pas lire un texte qui rampe exactement sur sur l'original, je veux lire de la littérature, quelque soit le genre, un truc qui étende mon imaginaire ou ma compréhension du réel. Si pour ça le traducteur doit y mettre un peu de son propre souffle, bah ça me va tout pareil (de toute façon, je ne comprendrais rien à l'original).
Qui plus est, il faut ajouter à cela une contrainte supplémentaire dans le cas du sous-titrage : le lecteur lit en temps réel. Il faut donc des textes relativement courts, avec des mots que l'œil reconnaîtra facilement (et dans le cas du doublage, c'est un peu pareil, il faut que ça se cale sur le temps de parole de l'acteur). Je ne suis donc pas sûr du tout que dans une fenêtre aussi étroite, il y ait des «balles en argent» qui touchent toujours au but. Avec l'anglais, c'est très régulièrement que je comprends des subtilités à l'oral, non-retranscrites dans le sous-titre mais sans que celui-ci soit faux (c'est juste que, par exemple, il va perdre un jeu de mots ou un double sens, ou une certaine force ou gravité dans le propos). Je ne jette cependant pas la pierre aux sous-titrage, parce que ce que si moi-même je vois ce qui est perdu (ce qui dans l'absolu dégrade la qualité du film), je ne vois pas comment le caser dans le tout petit texte qui s'affiche pendant une seconde.
Mais bon, ces réserves faites, je te rejoins quand même. Il y a effectivement des cas patents où tu as envie de distribuer quelques claques. L'exemple qui me vient, est celui d'Impitoyable (Unforgiven) : le tôlier du bordel insulte ses filles qui ont usé de leurs relations professionnelles pour lancer un contrat sur les têtes de deux gars. Dans le sous-titre ça donne «stupides bourriques», dans le doublage «stupides putains», alors que l'original est, si je me souviens bien, «stupid bitches». Résultat, je préfère regarder la VF, rugueuse comme il se doit, que de me taper un sous-titrage cul-serré sur un film de ce genre.