Non, ma logique, c'est un délit = une condamnation.
Mais j'imagine que dans ta logique, toutes les condamnations n'ont pas la même dureté ? J'imagine que tu ne vas pas prétendre qu'un vol de pomme mérite une condamnation équivalente à une fraude de grande envergure, ni inversement.
Moi, ce que je dis, c'est simplement: un acte qui a un impact négatif sur la personne, mais qui également nourrit un climat négatif pour une classe sociale dominée, ne mérite pas une condamnation équivalente à un acte qui a un impact négatif uniquement sur une personne.
C'est communautariste, car pour évaluer le dégâts, tu te bases sur l'appartenance à une communauté (que tu as appelé « classe sociale ») de la personne.
Sauf que "communautariste", c'est quelque chose qui renforce l'appartenance à une communauté. Ce n'est pas le cas ici: le fait que la classe dominante condamne plus les injustices envers la classe dominée que les injustices envers la classe dominante est au contraire une ouverture. Au contraire, si malgré le fait que la classe dominé subit des dégâts plus important je la traite comme si elle avait subit des dégâts moins important, j'encourage les gens de la classe dominé à se sentir dominé et exclu.
Tu noteras également qu'en aucun cas je fais le lien entre l'individu et sa communauté: il y a le dégât porté sur l'individu, et celui-là, il subit une condamnation identique quelque soit la communauté dont est issu la personne, et il y a le dégât porté sur la communauté, et là, c'est donc envers la communauté qu'il y a des comptes à rendre.
… le terme « sale » …
C'est assez triste pour moi de voir que ma longue explication n'a servi qu'à déclencher une réaction aussi peu constructive.
Au contraire, je trouve que le fait qu'on fasse moins de bruit autour du racisme anti-blanc, anti-français etc. renforce le sentiment d'injustice chez une partie de la population, renforce le communautarisme et fait le terreau du Front national.
Sauf que d'après ma réflexion précédente, ce serait injuste de ne pas le faire, puisque tu as commis plus de dégâts dans le cas d'un racisme anti-noir, vu qu'ils sont en situation dominée.
Tu as donc le choix:
- soit tu commets une réelle injustice envers la classe dominée, et tu entretiens et nourrit cette injustice en faisant croire que l'acte commis n'est pas plus grave qu'un acte similaire commit envers la classe dominante (du coup, la classe dominante fera des actes qu'elle sous-estime en gravité, renforçant leur dominance et donc rendant ces mêmes actes de plus en plus difficile pour les dominés et de plus en plus sous-évalué par les dominants. Jusqu'au jour où soit les dominés se révoltent, soit les dominants limitent les actes pour conserver un statu quo où ils dominent et où les dominés acceptent majoritairement (sauf quelques "illuminés"), soit les dominants se débarrassent des dominés avant ou pendant qu'ils se révoltent).
- soit tu commets une illusion d'injustice qui en réalité n'en est pas une, et tu expliques à ces enfants gâtés qu'ils ne peuvent pas à la fois faire partie de la classe dominante et à la fois considérer que les actes commis envers la communauté dominée ne sont pas plus grave que ceux envers la communauté dominante.
C'est à mon avis un problème de communication. Mais quel communiquant aurait intérêt à expliquer ça à une partie non négligeable de la population sachant que sa réaction sera haineuse et agressive ?
As-tu des exemples ?
Facile: il n'y a qu'à écouter les gens qui disent "on parle tout le temps du racisme anti-noir, mais jamais du racisme anti-blanc". Ceux-là ont plein d'exemples.
Et concrètement, comment faire avec ceci : « Comment définit-on qu'un groupe est plus faible qu'un autre ? Un métis est-il blanc ou noir ? Un arabe est-il plus faible qu'un noir ou plus fort ? Et un asiatique ? Un noir américain en règle est-il plus faible qu'un immigré blanc polonais ? ».
Quel est l'intérêt d'une approche quantitative précise ? Une simple approche qualificative est suffisante:
un métis fait-il partie d'un groupe dominé ? oui -> l'acte a eu plus de dégâts que s'il avait eu lieu dans une classe dominante.
un arabe fait-il partie …
ainsi de suite.
Ensuite, que l'acte soit commis d'un noir envers un arabe ou quoi que ce soit, ça ne change pas grand chose.
Reprends les points qui selon moi posent problème:
- est-ce que le membre de la classe dominante qui voit ses a priori inconscient validés par cet acte sera influencé par le fait que la dévalorisation vient d'un blanc ou d'un noir ?
- est-ce que le membre de la classe dominée qui se voit régulièrement discriminé considérera que quand il est discriminé par un noir, c'est moins blessant que quand c'est un blanc ? Est-ce que lorsqu'on a reçu 10x la même insulte de la part de 10 blancs dominants différents, lorsqu'on reçoit la même insulte de la part d'un noir, c'est psychologiquement équivalent à avoir été insulté une seule fois ?
C'est ce que je dis depuis le début: le problème est la fréquence et la généralisation. À moins qu'on se trouve dans un cas très particulier où la discrimination n'est exercée QUE par une minorité sur une autre minorité (ce genre de cas se résolvent différemment: une minorité discriminée par une autre minorité n'a qu'à fuir cette minorité, ce qui est tjrs possible puisqu'il s'agit de minorité), la classe dominante participe à la fréquence et la généralisation.
Comme quoi le débat est bien plus complexe que certains le pensaient. J'espère que mon point de vue vous apportera au moins des pistes de réflexions.
[^] # Re: Compilation
Posté par j-c_32 . En réponse au journal Actualité geek-féministe de l'été. Évalué à 2.
Mais j'imagine que dans ta logique, toutes les condamnations n'ont pas la même dureté ? J'imagine que tu ne vas pas prétendre qu'un vol de pomme mérite une condamnation équivalente à une fraude de grande envergure, ni inversement.
Moi, ce que je dis, c'est simplement: un acte qui a un impact négatif sur la personne, mais qui également nourrit un climat négatif pour une classe sociale dominée, ne mérite pas une condamnation équivalente à un acte qui a un impact négatif uniquement sur une personne.
Sauf que "communautariste", c'est quelque chose qui renforce l'appartenance à une communauté. Ce n'est pas le cas ici: le fait que la classe dominante condamne plus les injustices envers la classe dominée que les injustices envers la classe dominante est au contraire une ouverture. Au contraire, si malgré le fait que la classe dominé subit des dégâts plus important je la traite comme si elle avait subit des dégâts moins important, j'encourage les gens de la classe dominé à se sentir dominé et exclu.
Tu noteras également qu'en aucun cas je fais le lien entre l'individu et sa communauté: il y a le dégât porté sur l'individu, et celui-là, il subit une condamnation identique quelque soit la communauté dont est issu la personne, et il y a le dégât porté sur la communauté, et là, c'est donc envers la communauté qu'il y a des comptes à rendre.
C'est assez triste pour moi de voir que ma longue explication n'a servi qu'à déclencher une réaction aussi peu constructive.
Sauf que d'après ma réflexion précédente, ce serait injuste de ne pas le faire, puisque tu as commis plus de dégâts dans le cas d'un racisme anti-noir, vu qu'ils sont en situation dominée.
Tu as donc le choix:
- soit tu commets une réelle injustice envers la classe dominée, et tu entretiens et nourrit cette injustice en faisant croire que l'acte commis n'est pas plus grave qu'un acte similaire commit envers la classe dominante (du coup, la classe dominante fera des actes qu'elle sous-estime en gravité, renforçant leur dominance et donc rendant ces mêmes actes de plus en plus difficile pour les dominés et de plus en plus sous-évalué par les dominants. Jusqu'au jour où soit les dominés se révoltent, soit les dominants limitent les actes pour conserver un statu quo où ils dominent et où les dominés acceptent majoritairement (sauf quelques "illuminés"), soit les dominants se débarrassent des dominés avant ou pendant qu'ils se révoltent).
- soit tu commets une illusion d'injustice qui en réalité n'en est pas une, et tu expliques à ces enfants gâtés qu'ils ne peuvent pas à la fois faire partie de la classe dominante et à la fois considérer que les actes commis envers la communauté dominée ne sont pas plus grave que ceux envers la communauté dominante.
C'est à mon avis un problème de communication. Mais quel communiquant aurait intérêt à expliquer ça à une partie non négligeable de la population sachant que sa réaction sera haineuse et agressive ?
Facile: il n'y a qu'à écouter les gens qui disent "on parle tout le temps du racisme anti-noir, mais jamais du racisme anti-blanc". Ceux-là ont plein d'exemples.
Quel est l'intérêt d'une approche quantitative précise ? Une simple approche qualificative est suffisante:
un métis fait-il partie d'un groupe dominé ? oui -> l'acte a eu plus de dégâts que s'il avait eu lieu dans une classe dominante.
un arabe fait-il partie …
ainsi de suite.
Ensuite, que l'acte soit commis d'un noir envers un arabe ou quoi que ce soit, ça ne change pas grand chose.
Reprends les points qui selon moi posent problème:
- est-ce que le membre de la classe dominante qui voit ses a priori inconscient validés par cet acte sera influencé par le fait que la dévalorisation vient d'un blanc ou d'un noir ?
- est-ce que le membre de la classe dominée qui se voit régulièrement discriminé considérera que quand il est discriminé par un noir, c'est moins blessant que quand c'est un blanc ? Est-ce que lorsqu'on a reçu 10x la même insulte de la part de 10 blancs dominants différents, lorsqu'on reçoit la même insulte de la part d'un noir, c'est psychologiquement équivalent à avoir été insulté une seule fois ?
C'est ce que je dis depuis le début: le problème est la fréquence et la généralisation. À moins qu'on se trouve dans un cas très particulier où la discrimination n'est exercée QUE par une minorité sur une autre minorité (ce genre de cas se résolvent différemment: une minorité discriminée par une autre minorité n'a qu'à fuir cette minorité, ce qui est tjrs possible puisqu'il s'agit de minorité), la classe dominante participe à la fréquence et la généralisation.
Comme quoi le débat est bien plus complexe que certains le pensaient. J'espère que mon point de vue vous apportera au moins des pistes de réflexions.